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PERSÉCUTION DES JUIFS

langue espagnole, notamment à Salonique, où ils sent plus de 60 ooo aujourd’hui. Les juifs de France se portèrent vers l’Allemagne, la Hongrie, la Pologne. Toutes les cruautés à l’égard des juifs, meurtres, sévices, spoliations, ont été inspirées par le fanatisme du clergé et la cupidité des souverains en mal d’argent, comme Édouard Ier et Philippe-Auguste. Pour légitimer, en apparence, ces excès odieux, on reprit contre les juifs l’accusation lancée par certains païens contre les premiers chrétiens, de tuer des enfants pour mêler leur sang au pain azyme; ces accusations ineptes, dont pas une n’a été juridiquement établie, se sont renouvelées périodiquement jusqu’à nos jours. On prétendait aussi que les juifs profanaient les hosties, qu’ils ruinaient les chrétiens par l’usure, qu’ils étaient secrètement d’accord avec les Infidèles. Quand une épidémie éclatait, c’étaient les juifs qui avaient empoisonné les puits; ainsi la Peste noire (1348-1350) fît massacrer des milliers de juifs, depuis la Provence jusqu’en Autriche. C’était, toujours et partout, la « faute des juifs », bon prétexte à pillages et à tueries.

76. Là où. les juifs furent tolérés, comme en Italie, en Pologne, dans une partie de l’Allemagne, on les parqua dans des quartiers spéciaux ( ghetto , en Italie), avec défense d’en sortir après certaines heures, et on leur imposa un costume distinctif pour les empêcher d’avoir des rapports avec les chrétiens.

77. Toutes les lois contre les juifs furent plus ou moins appliquées. Les princes, quand ils avaient besoin d’argent, rappelaient les juifs moyennant finances; puis, quand ils croyaient que leur activité les

HÉBREUX, ISRAÉLITES ET JUIFS

avait enrichis à nouveau, ils les chassaient pour confisquer leurs biens.

78. Ceux des juifs qui se convertissaient de gré ou qu’on convertissait de force ou par surprise, notamment en Espagne, tombaient, par le fait du baptême, sous la coupe de l’Inquisition. Alors, si les convertis observaient ou semblaient observer encore des rites judaïques, on les déclarait relaps et on les brûlait. Tel fut le sort d’innombrables malheureux appelés nouveaux chrétiens ou marranes, dont l’Inquisition d’Espagne fit de joyeuses flambées, après avoir chassé d’Espagne ceux qui refusaient de se convertir.

79. Ce n’est pas le lieu d’insister sur le martyrologe des juifs au moyen âge; mais peut-on oublier les héroïques victimes brûlées en 1288 à Troyes, celles des massacres’ de Londres et deNorwich (1190), de Spire, dé Worms et de Francfort (1350)? En 1510 encore, dans la marche de Brandebourg, accusés d’avoir profané une hostie, quarante juifs montèrent ensemble sur un bûcher de Berlin.

. 80. Au xvne siècle, on ne les tue plus guère, si ce n’est comme marranes en Espagne, mais on les pille un peu partout; ils sont taillables et corvéables à merci, plus que les vilains. Cependant, les juifs parvinrent à une certaine prospérité en Hollande, en Angleterre et dans l’ouest de l’Allemagne. En pays musulman, il y avait beaucoup plus de tolérance, mais la sécurité des juifs était très précaire. Un faux prophète, Sabbataï Sévi, parut à Smyrne, se dit le Messie, fanatisa une partie des juifs de l’Empire ottoman et finit par se convertir à l’islamisme (1666)

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