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sous la direction des légats du pape (1209-1229) (1). Des •villes florissantes. Béziers, Carcassonne, furent traitées comme l’avait été Byzance par les Croisés. Au siège <le Lavaur « on fit prisonniers quatre-vingts chevaliers avec le seigneur de cette ville, que l’on condamna tous à être pendus; mais les fourches patibulaires s’étant rompues, on abandonna ces captifs aux Croisés qui les massacrèrent. On jeta dans un puits la sœur du seigneur de Lavaur et on brûla autour du puits trois cents habitants qui ne voulurent pas renoncer à leurs opinions (1211). » (2) A côté de milliers de malheureux qui périrent par le glaive et dans les flammes, combien pourrirent jusqu’à la mort dans des geôles obscures I L’Inquisition, organisée en 1232 pour anéantir les restes de l’hérésie albigeoise, alluma partout des bûchers et acheva la ruine du pays. La civilisation provençale reçut un tel coup, qu’il faudra trois siècles au Midi pour s’en relever. On cherche encore, à Béziers et à Carcassonne, des monuments expiatoires à la mémoire des martyrs albigeois. L’Église, seule inspiratrice de tant de violences, a trouvé, même de nos jours, des écrivains complaisants pour la glorifier.
64. Depuis le ixe siècle, où Claude, évêque de Turin, combattit les pratiques païennes et le culte des images, il se forma, dans le Piémont, une école d’honnêtes pasteurs que préoccupait la réforme de l’Église. Vers 1100, nous trouvons Pierre de Brueys, brûlé en 1124, qui prétendit faire de la Bible seule la règle de la
(1) Lea, Histoire de l' Inquisition, t. I, p. 153-203. {2) Voltaire.
DE JUSTINIEN A CHARLES-QUINT
foi et du culte. Après lui, un Lombard, nommé Henri, prêcha à I.ausanne, en Bourgogne, au Mans; il fut condamné en 1148. Enfin un riche Lyonnais, Pierre Valdo, ayant lu et admiré la Bible, la fit traduire en langue vulgaire, distribua ses biens au peuple et fonda une église de pauvres, les Pauvres de Lyon ou Humiliés. Bien entendu, ces pauvres furent persécutés. Les débris de leur Église se retirèrent dans les vallées des Alpes et y formèrent l’Église vaudoise, dont les principes sont très analogues à ceux de la Réforme. Comme les réformés, les Vaudois s’appliquaient à répandre les Saintes Écritures, dont Innocent III avait interdit la lecture aux fidèles.
65. La persécution contre les Vaudois reprit sous Clément VII, pape d’Avignon. L’Inquisition en fit brûler des centaines à Grenoble et dans le Dauphiné, Un légat du pape, vers la fin du xve siècle, entreprit d’exterminer les Vaudois et conduisit contre eux une croisade féroce; il enfuma des bandes entières dans les cavernes où elles avaient cherché refuge. Ceux des vallées du Piémont échappèrent au même traitement, par la protection d’un duc de Savoie. En 1663 et en 1686, à l’instigation de Louis XIV, d’odieuses persécutions recommencèrent et des vallées entières furent dépeuplées; les bourreaux étaient des mercenaires irlandais, soudoyés par le duc de Savoie pour cette besogne. Les survivants trouvèrent asile en Suisse et en Allemagne. De là, quelques centaines de braves, sous la conduite du pasteur Henri Arnaud, entreprirent de reconquérir leur patrie. Ils étaient sur le point de succomber, lorsque le duc de Sa-