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LES VIEUX-CATHOLIQUES

l’absence voulue de nombreux évêques, Pie IX usa de représailles envers les évêques allemands dissidents; abandonnés de leurs gouvernements, d’ailleurs tout occupés de la guerre, ils se soumirent. Le savant chanoine Dœllinger (1799-1890) organisa alors à Munich la résistance des Vieux-Catholiques (avril rSyi), -qui se constituèrent en associations cultuelles; ils choisirent pour évêque Reinkens, professeur de théologie à Breslau (1873), qui fut consacré par un évêque janséniste de Hollande. Les Vieux-Catholiques furent reconnus par plusieurs États allemands et pénétrèrent en Suisse ; mais la célébration du culte dans les églises catholiques orthodoxes souleva de graves difficultés, qu’accrut encore le revirement de l’Allemagne dans le sens de la politique de Léon XIII, après l’échec de la tentative de Bismarck pour abaisser le catholicisme ( Kulturkampf , 1872-1879). Il n’y a plus assez de religion, dans l’Europe occidentale, pour qu’on puisse y créer une religion nouvelle; les Vieux-Catholiques subsistent, mais en petit nombre et péniblement. Le successeur de Reinkens, l’évêque Weber (1896), ne fut reconnu que par la Prusse, la Hesse et le grandduché de Bade; il y eut aussi un évêque vieux-cathoiique à Berne, Herzog.

68. Les évêques opposants français, comme Darboy et Dupanloup, s’étaient soumis en 1870; d’autres préoccupations plus cruelles pesaient alors sur les esprits. Un ancien carme déchaussé, Hyacinthe Loyson, après de grands succès de chaire, avait été l’objet de plusieurs censures en 1869 pour le libéralisme de ses opinions. Il alla trouver Dœllinger à Munich en 1871 et essaya de

créer en France une église analogue à l’anglicane. Loyson, qui s’est marié en 1872, est resté, jusque dam un âge très avancé (1912), le serviteur de la sincérité et de la justice, ces consolatrices des théologiens écœurés; mais sa tentative de schisme a encore moins réussi que celle des Vieux-Catholiques allemands.

69. Léon XIII (1878-1903) fut un habile diplomate et montra que le prestige du Saint-Siège n’avait fait que gagner à l’abolition du pouvoir où il compromettait sa dignité spirituelle. Ses succès aux États-Unis, en Angleterre, en France, en Allemagne, en Italie même, appartiennent plutôt à l’histoire politique; il me suffit d’y faire allusion ici. Non seulement le Kulturkampf , engagé par Bismarck contre le eatholicisme, se termina par la victoire de Léon XIII, mais le parti catholique allemand, appelé le centre, devint le' pivot de la politique de l’Empire. En France, le pape prescrivit aux catholiques le ralliement, qui mit un grand nombre des postes les plus élevés de l’État aux mains de cléricaux se disant républicains; le succès de ce « mouvement tournant » fut tel que, sans l’affaire Dreyfus, où Léon XIII laissa l’Église de France s’engager dans une impasse, la France serait devenue une république cléricale. Au point de vue religieux, Léon XIII ne favorisa pas le modernisme, mais se garda d’adopter à son égard une attitude belliqueuse. Son successeur Pie X ( 1 903- 1914) fut le contraire d’un politique habile ; c’était un honnête curé. Bossuet disait du pape Innocent XI: « Une bonne intention avec peu de lumières, c’est un grand mal dans de si hautes places. » Conseillé par des cardinaux espagnols intransigeants et d’ailleurs mal

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