‹ OrpheusChapitre 60 sur 359 · TENTATIVES DE RÉFORME · texte numérisé non relu

TENTATIVES DE RÉFORME

avec le christianisme dans une large synthèse monothéiste. Mort prématurément à Bristol, au cours d'un voyage presque triomphal aux Iles Britanniques, il eut des successeurs, dont un surtout, Keshab Chander Sen, fut l’ami du savant indianiste d’Oxford Max Millier et prêcha avec succès à Londres. Mais ces tendances unitaires n’ont abouti qu'à la création de nouvelles sectes ; l’attitude à prendre envers les Védas dits infaillibles et surtout la question des castes restent toujours des pierres d’achoppement.

44. Que nous réserve l’avenir? « La religion des Indous, écrivait en 1858 Max Müller, est une religion décrépite et qui n’a plus beaucoup d’années à vivre. »(i) L’Inde ne deviendra cependant pas chrétienne; elle ne veut pas non plus être musulmane, bien que l’Islam y compte environ 60 millions de fidèles contre 210 millions d’indouistes et 2 millions etdemi de chrétiens. La régénération morale et intellectuelle de ce grand pays dépend de l’école primaire qui, tout en inspirant le respect d’un long passé, enseignera à tous l’idée de l’évolution, plus scientifique que celle de la métempsychose, et les élèvera peu à peu au niveau des Européens instruits, à qui suffit la religion du devoir social.

Les Perses et les Iraniens.

1. Un texte cunéiforme, découvert au centre de l’Asie Mineure, à Pterium, nous apprend que vers 1400

'1) M. Müller, Essais sur la Mythologie, p. 345.

02 LES PERSES ET LES IRANIENS

avant Jésus-Christ, des tribus, en relations avec l’Empire hittite, avaient pour dieux Mitra, Indra, Varuna et les Nâsatyas. Les deux premiers noms se rencontrent à la fois en Inde et en Perse; les deux derniers sont propres à l’Inde, Il semble résulter de là qu’à cette époque les ancêtres des Indous et des Iraniens n’étaient pas encore séparés. Pourquoi se séparèrent-ils? Ce fut peut-être, comme on l’a supposé il y a longtemps, par suite d’un schisme religieux, car le mot déva, qui désigne les dieux en Inde, désigne les démons dans l’Iran, tandis qu’ asura, nom des dieux bienfaisants en Perse, est celui des démons en Inde.

2. L’Iran — la Perse moderne — était habité, vers 800, au nord par les Mèdes, proches parents des Scythes, au sud par les Perses. Vers 600, les Mèdes firent de grandes conquêtes; mais ils furent subjugués en 560 par le Perse Cyrus, qui fonda un vaste empire asiatique. Le fils de Cyrus, Cambyse, étant occupé à conquérir l’Égypte, les prêtres des Mèdes, nommés Mages, essayèrent de reprendre le pouvoir; mais le Perse Darius, fils d’Hystaspe, détrôna leur créature, le faux Smerdis, et rétablit, au profit des Perses, le royaume de Cyrus (523). L’Empire perse fut détruit à son tour en 330 par Alexandre et passa sous la domination des Séleucides, descendants d’un général macédonien ; en 236 avant J ésus-Christ, la Perse fut conquise par lesParthes arsacides; puis l’élément perse reprit le dessus, en l’an 226 de notre ère, par la fondation de l’Empire sassanide, auquel les Arabes mirent fin en 652.

3. Le plus ancien recueil des livres sacrés de la Perse s’appelle le Zendavesta (commentaire de la

LE ZENDAVESTA

révélation), dont nous n’avons conservé qu’une partie. Il en. est de plus récents comme le Bundehesh (création première), rédigé après la conquête arabe, et de plus récents encore comme l’épopée de Firdoûsi, le Shah Nameh (livre des rois), vaste recueil de toutes les légendes iraniennes. •

4. Le Zendavesta est une compilation, mise par écrit, lors de la renaissance sassanide (vers 230), de documents appartenant à diverses époques. On croit que les hymnes du sacrifice appelées Gâthâs (chants) sont les plus anciens et que le droit sacerdotal dit Vendidad (donné contre les démons) est le plus récent.

5. A l’Avesta est attaché le nom de Zarathustm (Zoroastre), le législateur religieux de l’Iran. Nous ne savons rien de positif sur sa vie; on a même pu révoquer en doute son existence, comme celle de Moïse et du Buddha. D’après la légende sacrée, il aurait été conduit par des anges à Ahura Mazda (seigneur grand-sage), qui s’entretint longuement avec lui et lui révéla ses lois; d’où le nom de zoroastrisme donné à la religion de l’Avesta. Ceux qui considèrent Zoroastre comme un personnage historique font de lui un Mède ou un Bactrien, fondateur, vers 1100, d’une religion qui aurait été adoptée par les Perses. Ce qui est sûr, c’est que Cyrus s’est conformé à une prescription de l’Avesta relative à la pureté des eaux, quand il a détourné le cours du Gyndanès pour retrouver le corps d'un cheval qui s’y était noyé, et que Dariusler invoque, dans ses inscriptions, Ormazd (Ahura Mazda), qui est le grand dieu de l’Avesta.

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