PURIFICATIONS ET PÉNITENCES
de purifications consistent en pénitences: 2.000 coups de verge pour une offense involontaire à la pureté, 10.000 pour le « meurtre » d’une louche. Ces flagellations pouvaient être rachetées par des amendes payées au trésor des temples, suivant un tarif. D’autres punitions obligent à de bonnes œuvres, ou à la destruction d’êtres impurs. « Il liera 1 .000 faisceaux de baresmân, il tuera 1.000 serpents, il tuera 1.000 grenouilles de terre, 2.000 grenouilles d’eau; il tuera 1.000 fourmis voleuses de grains et 2.000 de l’autre espèce. » (1) Il y a d’ailleurs des péchés inexpiables et il en est beaucoup d’autres dont le poids ne peut être allégé que par le repentir et la confession, sans préjudice de la peine temporelle que le repentir n’abolit pas.
11. La lutte d’Ahura et d’Ahriman remplit à tel point la scène que les autres dieux du mazdéisme sont au second plan. M ilhra, destiné à une si haute fortune, ne prend de l’importance, comme dieu lumineux, garant des contrats et des serments, que dans les parties les plus récentes de l’Avesta. La déesse Anâhita (1 ’Anaïiis lydienne) est d’origine étrangère. En général, le panthéon iranien manque de déesses; la femme est toujours suspecte et la loi religieuse aggrave encore les misères de son sexe par les purifications compliquées et cruelles qu’elle lui impose.
12. La mort est un état d’impureté, qui exige des précautions minutieuses pour écarter les esprits du mal, en particulier la « mouche des cadavres », la « druj
(z) Darmeiteter, L’Avesta, t. II, p. 254.
LES PERSES ET LES IRANIENS
charogne ». Quand le terme approche, le prêtre fait réciter au moribond une confession de pénitence, il verse le haôtna dans sa bouche et dans ses oreillse : c’est une véritable extrême-onction et peut-être une des sources de ce rite chrétien. Après l’exposition du cadavre dans un lieu isolé, sur une sorte de tour, où il est dévoré par les oiseaux de proie, on célèbre pendant trois jours des fêtes funéraires pour faciliter le voyage de l’âme. Ces fêtes comprennent une offrande de pain sacré, qui est partagé entre les assistants. Pendant ce temps, Sraosha conduit l’âme et la protège contre les démons, lorsqu’elle est assez pure pour leur échapper ; la pesée des âmes a lieu ensuite sur une haute montagne; celles qui sont légères franchissent le pont qui mène au Paradis; les autres sont précipitées dans l’Enfer. Toutes ces conceptions sont tellement voisines de celles du judéo-christianisme que l’hypothèse d’une influence de la Perse sur la Palestine paraît s’imposer; mais, vu la rédaction tardive d’une partie de l’Avesta, on peut parfois se demander de quel côté est l’emprunt.
13. Les temples sont sans images; l’ancienne religion les interdit. C’est Artaxerxès Mnémon qui, le premier, vers 398, éleva des statues d’Anahita. Le culte principal est celui du feu. Chaque temple contient une chambre du feu, abritée de la lumière du jour, où brûle une flamme éternelle que personne ne doit toucher ni même souiller de son haleine. Le prêtre du feu a des gants aux mains et un voile devant sa bouche. L’entretien du feu et le choix des éléments •qu’il consume sont minutieusement réglés.