‹ Ossian, barde du IIIe sileChapitre 51 sur 73 · SECOND BARDE · texte numérisé non relu

SECOND BARDE

Le vent s'est levé, la pluie tombe, l'esprit de la montagne hurle dans les bois, les arbres s'entre-choquent et se brisent avec fracas, les portes battent contre les cabanes ébranlées.

L'ouragan chasse de la colline le cheval, la chèvre et la génisse attardés ; ruisselants de pluie, ils tremblent sur les falaises qui s'écroulent. Le torrent se gonfle et roule à grand bruit son onde écumante. Le voyageur sonde le gué ; entendez-vous ce cri de détresse? C'est la mort!

Le chasseur se réveille en sursaut dans sa hutte solitaire ; et rallume les dernières étincelles de son foyer. Ses dogues, humides et fumants, se pressent autour de lui. Il tasse la bruyère dans les crevasses de sa chaumine : près de sa porte, deux torrents descendent de la montagne , et mêlent en mugissant leurs vagues fangeuses.

Le pâtre égaré s'assied, triste et rêveur, sur le penchant de la colline; il attend que la lune se lève pour guider ses pas chancelants sur les sentiers inondés.

Les fantômes montent sur l'orage : on croit ouïr murmurer leur voix grêles, dans les intervalles que laissent les rafalesdu vent; leurs chants viennent de l'autre monde.

La pluie a cessé : un vent sec souffle sur la plaine ; mais les torrents grondent toujours : des gouttes froides tombent du toit. Je vois le ciel semé d'étoiles ; mais la pluie s'amoncelle de nouveau : le couchant est chargé d'épais nuages.

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