‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 13 sur 512 · CRT OC CE OR 2 | ‘4 PLATS CRE · texte numérisé non relu

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Introduction 19

encore on y ajoutait de nouvelles compositions. Le cycle ossianique reçoit d'énormes développements nouveaux, des additions presque innombrables, du x1v° au xix° siècle, «Il devient une des formes de l'esprit national. Finn et Ossian sont les types du guerrier et du barde ; Patrick, celui du prêtre ‘ ». Au milieu du xvmr siècle, un poète irlandais, Michel Comyn, composait le poème d’Ossian sur la Terre des Jeunes (Oisin in Tir na n’0g). II n’inventait rien d’essentiel : sujet, ton, style, tout était traditionnel dans son œuvre *. Il reprenait cette belle légende qui représentait Ossian dans « une terre de la jeunesse, Elysée des Irlandais païens, où un jour une belle femme l’avait enlevé sur un blanc coursier * » ; et ce dernier des bardes donnait au monde gaélique son dernier poème national, juste au moment où l’Ossian de Macpherson allait paraître à l’horizon.

Mais ces vieux trésors poétiques de la race celtique, ces traditions encore vivantes étaient à peu près totalement inconnus à l'Europe, et même à l’Angleterre. Les manuscrits étaient difficiles à découvrir, souvent à déchiffrer ou à comprendre ; la philologie celtique était à naître. Les Celtes des montagnes et des îles, peu visités par les savants et les lettrés, se souciaient peu de faire connaître au dehors leur patrimoine national de traditions et de poésies, ces dernières paraissant si ethniques, si locales, qu’elles se transporteraient difficilement dans une autre langue. Des haiïnes politiques ou religieuses séparaient profondément l’Angleterre des pays de langue gaélique.

Malgré tout, le temps serait peut-être venu, sans Macpherson, où ces reliques du passé et ces traditions si vivantes encore auraient attiré les yeux du monde lettré hors des Hautes-Terres, des Hébrides et de l'Irlande. Quelques pionniers avaient commencé à les faire connaître. Le premier, Alexandre Mac-Donald publiait en 1751 un volume de chants gaéliques originaux. Dans sa Préface en anglais, il appelait l’attention du public sur cette langue si peu connue et sur ses productions poétiques. Mais son

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