‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 179 sur 512 · Bérenger, Portefeuille d’un Troubadour · texte numérisé non relu

Bérenger, Portefeuille d’un Troubadour

3. Feutry, Opuscules poétiques..., 1771; Nouveaux Opuscules, 1779. 4. Loaisel de Tréogate, Dolbreuse.…., 1783.

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Limites du succès d’Ossian 385

De loin avec plaisir elle écoute les vents, Le murmure des mers, la chute des torrents ; La forêt, le désert, voilà les lieux qu'elle aime.

Mais il en reste là, et quoiqu ’il doive beaucoup à l’Angleterre, il n’a pas poussé jusqu’à l’Ecosse. De même plusieurs autres qui chantent la mélancolie en prose ou en vers, et « ce bonheur peu connu que fait goûter une douce tristesse », comme dit un capitaine de cavalerie élégiaque et rêveur .

Quelques-uns paraissent se tourner avec sympathie vers des sauvages plus authentiques et plus colorés que les pâles guerriers de Morven. La comtesse de Beauharnais les veut pour « modèles » en amour * ; il semble qu'Oscar et Malvina ne lui suffisent pas ou qu’elle lesignore. A l’autre bout de l’horizon littéraire, le sage Lévesque *, en faisant à son tour le roman de l’homme primitif, est amené à écrire un chapitre sur le style énergique des sauvages pour lequel il n’utilise ni les bardes ni Ossian, qu’il ignore probablement. Le baron de Bock, cet adversaire intéressant du naturisme de Rousseau, qu’il réfute par des faits empruntés aux relations des voyageurs, connaît et cite Mallet, mais non Ossian, qui irait d’ailleurs contre sa thèse #,

Ceux même qui mentionnent les bardes ne paraissent pas toujours en connaître dans Ossian le type le plus parfait. Pelloutier, dont l'Histoire des Celtes est antérieure à la révélation ossianique, avait traité des Bardes uniquement d’après les témoignages grecs et latins ; la réédition de 1771, quoique « revue et augmentée » par de Chiniac, ne fait encore nulle place à Ossian ‘. Plusieurs, même après Le Tourneur, gardent le même silence. Chassaignon, de Lyon, dans le chaos bizarre et fou, mais non ennuyeux, qu’il intitule Cataractes de l’Imagination ‘, parle des bardes ; il connaît le Barde de Gray, mais ne cite pas Ossian qui,

1. C. d’Aguilar, Vers, 1788, p. 30 : Epitre sur la Tristesse.

2. Comtesse de ***, Mélange de Poésies fugitives, 17176, p. 31 : Aux sauvages.

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