Les Poësies de Nicolas Bonneville, 1793, p
2. Décade, IX, 553 (18 juin 1796): Les Poëtes modernes de l’Ilalie, par Th. Désorgues.
3. Veillées des Muses, I, n° 3, 35 (ventôse an VI): Oscar et Dermide, chant Gallique, par Arnault.
L'armée de Condé et les émigrés 411
pour se désennuyer, en Brisgau notamment, font des romances, des odes au Roi ou sur la chute de Robespierre, et traduisent Hervey. Parmi leurs « amusements poétiques » on trouve un Chant d’un Barde, par le chevalier de Quérelles; le morceau n’a d’ailleurs à peu près rien de bardique, car 1l est peuplé de Néréides, de Mdnes sacrés, de légions dAlcides, d'enfants de Bellone, avec Phébus et Mars pour les protéger. Et cependant à la fin nous entendons un écho plus authentique :
Je vois leurs ombres fortunées S’élancer au séjour des cieux, :
Et sur les mobiles nuées S’enivrer du bonheur des dieux ‘.
On y trouve aussi Ober-Kamlack, romance. Le combat d’Ober-Kamlack est du 13 août 1793, et c’est aux exploits de la « phalange intrépide » des chasseurs nobles que M. de G..., l’un d'eux, consacre cette romance où il emprunte les attributs du « Barde de Selma * ». Chez ces gentilshommes, l’ossianisme est tout de surface : il sert à rajeunir un peu le vocabulaire de la guerre, de la gloire et de l'amour.
Mais les véritables émigrés, ceux du moins qui passent la Manche, ont occasion de retremper leur ossianisme à des sources celtiques, dans le pays de Galles ou dans l’Ecosse. M"®° de Genlis contemple à Langollen « quelques pâtres dispersés, assis sur des rochers, qui jouent de la harpe irlandaise »; devant ce « tableau agreste », deux amies « ontfait placer un siège de verdure, ombragé par deux peupliers : c'est là que souvent en été elles venaient relire les poésies d’Ossian ‘».Touchante union des quatre parts du Royaume- Uni sous les auspices du vieux Barde : l’Ecossais Ossian Ju par des Anglaises, dans le pays de Galles, aux accents de la harpe irlandaise.
Latocnaye a poussé plus loin : il retrouve en Ecosse la rivière de Carron,.« très célèbre dans la poésie ‘ », et ce
1. Les Troubadours Modernes, ou Amusements Liltéraires del’ Armée de Condé, Constance, 1797, p. 42.