Mercure, octobre
6. Du Buat, Histoire ancienne des peuples de l'Europe, 17172, 1, 35.
La celtomanie 195
qui fait venir les Celtes de la Sarmatie; Terrasson ! qui les fait envahir l’Allemagne. Ce mouvement avait commencé avec le théologien Bullet ?, et devait, par l’intermédiaire de La Tour d'Auvergne notamment, rejoindre le renouveau d’études celtiques qui jeta sous l’Empire un éclat éphémère et quelque peu artificiel. On imprime à Paris une Histoire d'Irlande * qui va dans le même sens.
La littérature légère et le théâtre subissent la contagion. Le Mercure donne coup sur coup C/éomir et Dalia, nouvelle gauloise “, Cécile ou l’Amour gaulois‘, une nouvelle mérovingienne, et Les Lamies, conte gaulois* ; un peuplus tard, Erippe, conte gaulois’. On joue aux Italiens Le Gui du Chéne,ou la Fête des Druides* ; aux Français, les Drurdes ?, tragédie ; Eponine ”, pièce gauloise. La satire s’affuble parfois d’un déguisement celtique : ainsi les Etrennes d’un vieux (Gaulois, de La Place “,ou la Sibylle gauloise, de La Dixmerie *. Le roman se fait celtique pour raconter plus ingénieusement ‘. Ajoutons les échos qui arrivaient de l’étranger : c’est Arminius, ou la Germanie délivrée, de Schünaich ‘*, ou la Boadicea de Glover, qui se passe « dans le camp des Bretons », et dont le Journal Etranger donnait une longue analyse dès 1754 ®. Nous négligeons à dessein les premiers essais du genre troubadour ‘’, qui datent environ de 1766: « un nouveau genre » dit le Mercure à cette date.