‹ Ossian en FranceChapitre 105 sur 232 · Journal Etranger, mai · texte numérisé non relu

Journal Etranger, mai

16. Voir F. Baldensperger,Le genre troubadour {Études d'histoire littéraire, 1" série).

Toutes ces celteries, sérieuses ou badines, sont sans valeur, pures rêveries spéculatives, systèmes de maniaques ou chimères agréables. « A un certain degré d'instruction, dit très bien d'Arbois de Jubainville à propos justement du succès d'Ossian, le goût inintelligent pour l'archéologie domine beaucoup d'esprits, et l'archéologie qui réussit est la fausse, parce qu'on n'a pas besoin d'efforts pour la comprendre '. »

Ces peuples lointains et mal connus, Celtes, Germains ou Goths, intéressent surtout par les deux castes qui paraissent leur avoir été particulières, sans analogues en Grèce ou à Rome, les Druides et les Bardes. Quelques lignes dans César, dans Strabon,un mot de Lucain, et voilà les imaginations en travail. Elles ont d'autant plus beau jeu qu'en réalité on ne sait presque rien des uns ni des autres ; mais bien rares sont ceux qui osent dire, comme le Journal Etranger hpropos d'une satire allemande où ces mots revenaient à chaque instant : « On ne sait rien de précis sur les Druides et les Bardes ". » Les Druides intéressent moins ; ils représentent volontiers, comme dans le Fervaal de M. Vincent d'Indj, une survivance du passé ; on en fera une caste néfaste, pour laquelle la philosophie de l'âge des lumières n'a pas assez de mépris. Ils sont les comparses des nouvelles gauloises ou des tragédies; souvent ils voisinent avec les Bardes, ceux-ci n'étant qu'un sous-genre de ceuxlà ^ Parfois même Druide est pris pour Barde ; Thiébault, le père du général, désigne les poètes barbares par les mots : « Druides des Celtes * ».

Mais les Bardes ont, depuis le milieu du siècle, une place tout à fait privilégiée. Fréret avait déjà parlé des Bardes, poètes et musiciens, semblables à « nos anciens trouvères et troubadours " ». Pelloutier leur avait fait une place dans

1. Essa.i d'un Ca.taloc/ue de la Liltérature épiiiiie de l'Irlande, p. CLIV.

2. Journal É Irançjer, "iepicmhre 1757 : Dissertation sur l'étal des Bardes et des Druides sous Occo II.

3. Dictionnaire Universel des Mœurs, 1772, article Barde : « classe des anciens Druides. »

4. Histoire de l'Académie de Berlin, 1766. p. 487-498 : Mémoire où l'on examine s'il est vrai que l'on a toujours eu de bons poètes avant que d'avoir de bons prosateurs, par M. Thiébault.

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