Léonard, Idylles et Poèmes champêtres, 1775, 1782, etc
r Amour, Nina et Daphné du Bouquet, Eg-lé et Milon du Baiser, avant Lucette et Mirtil du Ruban, Rosine et Silvarette des Buses de V Amour. Mais Léonard va chercher partout son inspiration ; dans ses Poésies Pastorales, s'il se représente rêvant « un La Bruyère en main ' » ; s'il met Rousseau en vers', s'il s'essaie au poème descriptif en prose' et aux invocations au soleil, si, créole, il se souvient volontiers de la Guadeloupe ; il imite aussi Goldsmith *; il n'oublie pas non plus Gray, et son cimetière, et son paysage nocturne, et « ce temple solitaire »
Que la lune blanchit de sa pâle lumière,
Jour lugubre, et pareil aux lampes des tombeaux \
Le Chant d'un Barde compte 150 alexandrins : c'est une imitation A'Oïtho7ia. Le poète nous prévient qu'il va nous raconter « une histoire d'amour »,
Telle qu'environné de ses Bardes antiques Ossian la chantait dans les rochers galliques.
Nous retrouvons donc Morni, Duromat, et l'héroïne qui par euphonie est devenue Ithona. Peu de couleur locale d'ailleurs : ici une comparaison conservée, mais affaiblie, de l'île de Tromathon avec « un bouclier bleu sur l'humide campagne »; là l'orgueilleux Duromat, dont « l'œil rouge et sauvage Roule à demi-couvert de ses sourcils épais » ; ou Morni « dont le corps gigantesque est pareil au vieux pin ». Et c'est à peu près tout. Par contre, ces vers qui commencent par nommer les constellations de la Vierge et d'Astrée conservent un style tout classique et un vocabulaire volontiers mythologique. Partout, « les bras de l'Amour », « l'Amour et toute sa fureur », et « d'un amour rebuté l'ineffaçable outrage », et le ronflement monotone de l'alexandrin le plus banal garni des rimes les plus usées :
1. Léonard, Wy^es et poèmes champêtres, IdyWe dernière: Le Bonheur.
2. Ih., Epître sur Le dégoût de la vie, tirée d'une lettre de la Nouvelle Jléloïse.