‹ Ossian en FranceChapitre 191 sur 232 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

en 1779, n'a peut-être pas encore pénétré dans son groupe lyonnais.

Quand on étudie l'époque de Louis XVI, il est d'autant plus facile de dresser, au moins approximativement, la carte, sinon des influences littéraires, du moins des notoriétés et des situations relatives des ditlerents poètes étrangers, qu'en ce temps-là l'homme de lettres aime à nommer ses maîtres ou ses modèles ; dans beaucoup de volumes signés de noms connus ou obscurs, on trouve des listes qui ont des airs de palmarès. Sans parler du Tasse qui est un classique dans son genre, on y voit figurer plusieurs Anglais et quelques Allemands ; Ossian, trop récent ou trop étrange, ne s'y rencontre pas souvent. Quand on le cile, c'est à part ; c'est, comme nous l'avons vu, avec un soin et un enthousiasme particuliers. Mais ni Flinsdes Oliviers, l'adversaire de Rivarol, pourtant ossianiste à ses heures, qui nomme Milton, Pope et Gessner ' ; ni Luchet % qui a choisi Tri s tram Shandy pour modèle, mais qui admire aussi « le génie brillant de Gœthe, le vol audacieux de Klopstock » ; ni Borde qui ne trouve à citer que de « fiers Germains »,que « Kleist. Gessner et Klopstock, noms sacrés et barbares ^ » ; ni Millin de Grandmaison qui fait figurer dans ses Mélanges quatorze poètes étrangers dllFérents * ; ni le Recueil anonyme de pièces iiitéressanles '' qui touche surtout à l'esthétique et à l'archéologie, mais qui fait une place à Klopstock, à Beattie,à Falconer ; ni Verny, qui rêve de lire dans sa retraite rustique, et qui fait lire à ses bergers, Werther et Jidie d'abord, puis Gessner, Thomson, Zacharie, Haller, et, parmi beaucoup d'autres connus ou incorinus, Milton et Richardson " : aucun ne nomme Ossian parmi ces privilégiés. On l'honore, et avec ferveur, dans une chapelle particulière, où les dévots ne manquent pas. nous l'avons vu ; mais il n'a pas les honneurs de la nef. Notons bien que plusieurs de ceux que je viens de citer ont une fois au moins,

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