Sullivan, p
Highland Society. Ceux-ci n'auraient rien trouvé dans les papiers de Macpherson qui répondît assez fidèlement à ses « traductions » pour pouvoir en être donné comme l'original ; ou n'auraient trouvé que des ballades, des notes, des fragments informes qu'ils devaient renoncer à utiliser ; et, dans les deux cas, auraient dû, en désespoir de cause, se borner à traduire l'anglais en gaélique. Cette thèse ne peut plus aujourd'hui être soutenue qu'avec beaucoup de difficulté. D'abord, pourquoi n'avoir donné que onze poèmes? Pendant qu'ils étaient en si beau chemin, pourquoi ne pas publier un Ossian gaélique complet ? Ensuite, certaines citations dans cette langue faites par Macpherson dans ses notes ne se retrouvent plus dans le texte de 1807. Surtout, on Ta remarqué depuis longtemps, les passages difficiles à comprendre de ce texte sont justement ceux auxquels rien ne répond dans l'anglais de Macpherson. Enfin, ces deux textes ne se correspondent pas : la traduction anglaise littérale faite sur le gaélique ne ressemble pas du tout à l'anglais de Macpherson, et cela, ce n'est pas le Rév. Clerk qui l'affirme, c'est M. Windisch qui le démontre '.
Tous ces arguments viennent infirmer la thèse vulgaire; et en effet, les juges les plus éloignés de s'accorder sur le fond du débat, de 1 extrême droite à l'extrême gauche ossianiques, de Clerk à M, Nutt et à M. Stern, reconnaissent tous que le gaélique de 1807 ne peut être une pure et simple traduction de l'anglais. Un argument décisif, et bien souvent répété sans qu'on en ait, me semble-t-il, déduit toutes les conséquences qu'il entraîne, montre même que c'est le contraire qui a eu lieu, et que la version anglaise est postérieure à la composition du texte gaélique. C'est la différence qui les sépare pour la force, la couleur, le pittoresque, bref, la beauté poétique ; c'est la faiblesse de l'anglais comparé au gaélique. On s'accorde à reconnaître que le premier est plat, banal, prosaïque, en comparaison de l'autre ; qu'il offre du délayage et des ornements oiseux ; qu'il présente en un mot tous les caractères des traductions du genre des belles infidèles. Donc, si le texte gaélique a été fabrique par des modernes dans un atelier écossais, et