Né à Avignon
io6 Ossian en France
sèment si intéressant que Fréron publie en entrant en fonctions ' et la longue Préface de Deleyre ' où se montrent également les meilleures intentions, le Journal Etranger est en somme peu intéressant. Est-ce TefTet d'un goût trop timide chez ses « auteurs » ? est-ce le manque de correspondants prompts à leur adresser les livres nouveaux, ou de collaborateurs capables d'en faire des < extraits » ? Toujours est-il que les nouveautés intéressantes, que les œuvres de valeur manquent, et sont remplacées par des pauvretés. Sans doute, le panorama littéraire que le Journal déploie devant les yeux est très vaste ; trop vaste même : il comprend, sous la direction de Fréron, non seulement de l'italien, de l'espagnol, de l'anglais, de l'allemand, mais du hollandais, du chinois, du groënlandais (texte et traduction). Mais il eût mieux valu se limiter davantage et choisir des morceaux plus intéressants. Ceux qu'il donne sont généralement tirés des journaux étrangers, des magazines ; on y trouve de l'histoire naturelle, un peu de politique, des observations morales dans le genre du Spectator. La littérature y est surtout représentée par des biographies de poètes anglais, quelques comptes-rendus d'ouvrages — mais ce sont des rééditions de Gray et de Pope — des nouvelles, de courts poèmes, des scènes tirées de Gottsched, de Gellert, de Klopstock, de Zacharie, de Gray — celui-ci traduit de façon très plate et inexacte — de Métastase, etc.. D'ailleurs, si les premiers rédacteurs du Journal se montrent timides ou maladroits en fait de littérature étrangère, c'est que leur point de vue, avec des apparences de liberté, reste très étroit. Fréron trace dans son Avertissement de 1755 un tableau rapide et intéressant des progrès accomplis en France « depuis quarante ans » dans la connaissance des littératures étrangères. Il fait remonter à Voltaire et à La Place l'origine de ce grand mouvement. Ce morceau est d'ailleurs très curieux, parce qu'il brosse un panorama de la littérature universelle telle que Fréron pouvait la connaître ou la soupçonner. On y voit figurer, outre les nations occidentales, la Turquie, la Perse, l'Afrique, la Chine, le Japon, l'Amérique. Mais qu'on y prenne garde :