‹ Ossian en FranceChapitre 78 sur 232 · Brown, Histoire de la Poésie, p. 264 (note · texte numérisé non relu

Brown, Histoire de la Poésie, p. 264 (note

Les bardes gallois 167

quel, et peut-être d'autres de la même force, devaient suffire à annuler l'argumentation de M. de G., car le Journal des Savants, quelques années plus tard, concluait tranquillement par ces mots: « L'antiquité des poèmes d'Ossian paraît actuellement hors de doute. »

C'est à la malveillance et à l'envie, plus qu'au zèle louable de joindre d'autres antiquités celtiques aux précieuses trouvailles de Macpherson, que la Gazette Littéraire attribuait en 17G4 les publications qui pouvaient rivaliser avec son Ossian. Au mois d'octobre de cette année, elle signale une édition anglaise de poésies galloises, qui lui est une occasion d'ajouter quelques traductions nouvelles à la collection donnée au cours de 17G2. L'ouvrage qui motive cet article * est présenté sous ce titre : « Quelques morceaux de la poésie des anciens Bardes du pays de Galles, traduits en anglais par le Révérend M. Evan Evans», et avait paru à Londres \ Suard fait remarquer que c'est le succès d'Ossian qui a provoqué ces exhumations : «Les Irlandais, jaloux de la gloire que les chants d'Ossian réfléchissaient sur les héros et les bardes des anciens Ecossais, ont disputé à l'Ecosse l'honneur de leur avoir donné naissance. » Pourtant, Evans avertissait qu'il s'était occupé de recueillir ces poésies quelques années avant que Macpherson eût publié son Ossian : et le Journal des Savants enregistrait loyalement cette déclaration \ Pour Suard, elle est non avenue, et il continue. Il s'agit pour lui de ne pas admirer aveuglément toute poésie barbare, parce qu'elle est barbare. Une poésie primitive n'est ni forcément ridicule comme le dirait volontiers Voltaire, ni forcément sublime comme Turgot le donnerait à entendre. Ge qui fait la beauté de la poésie, c'est moins le degré de singularité ou de raffinement des mœurs que la

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