‹ Ossian en FranceChapitre 97 sur 232 · Lettres d'un Indien, I · texte numérisé non relu

Lettres d'un Indien, I

8. Correspondance de la Comtesse de Sabrân et du Chevalier de Boufflers (1778-1788).

Les « Nuits » d'Young 189

que d'Ossian. L'examen des catalogues des bibliothèques privées confirme cette opinion : les poètes anglais du xviii' siècle que Ton y rencontre le plus fréquemment sont Pope, Thomson, Young, et à quelque distance, Hervey.

La nouveauté anglaise la plus semblable au fond à celle qu'offrait Ossian était sans conteste le recueil des Reliques de Percy. L'ouvrage, si important pour les origines du romantisme européen, ne se prêtait pas à la traduction ; il était, de plus, trop purement anglais, il avait un goût de terroir trop prononcé pour plaire même à ceux qui pouvaient le lire dans le texte. On ne le trouve signalé que dans la Gazette Littéraire ', qui analyse et traduit Y Essai sur les Ménestrels qui précédait le recueil de Percy. Il est très inexact de placer Percy entre Young et Ossian, comme le fait J. Texte ^ pour l'influence exercée en France et soidisant sur J.J. Rousseau. Les ballades de Percy étaient trop autochtones, trop analogues aux vraies poésies ossianiques pour plaire en France ; il fallait pour le succès du vieil Ossian la transformation complète qu'il avait subie avant de se présenter chez nous.

Au delà de l'Angleterre, l'Ecosse, à part Thomson, reste terre inconnue en fait de poésie, et ne sera révélée que par Ossian. Tout au plus trouve-t-on dans le Journal Anglais quelques détails qui ont pu attirer l'attention sur ce pays lointain et barbare, un Voyage aux Hébrides, une description des maisons des anciens Pietés, mais après Ossian, et peut-être sous l'influence de la curiosité qu'il éveillait.

L'Allemagne poétique a été révélée à la France, on le sait, entre 1750 et 1762. Un peu plus tard on pouvait dire :

Les bons Germains aujourd'hui sont nos maîtres Pour le naïf, le simple, le touchant '.

Mais ce qu'on traduit de la poésie allemande, en cette première période, est souvent bien didactique, bien sec, et

1. Gazette Littéraire 15 janvier 1766 ; Variétés Littéraires, III, 402.

2. Dans l'Histoire de la Langue et de la Littérature française (Petit de Julleville), VI, 769.

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