‹ Ossian. Poesies galliquesChapitre 27 sur 29 · FRAGMENT DU CHANT D'ARMIN · texte numérisé non relu

FRAGMENT DU CHANT D'ARMIN

I ouRQUoi me réveiller, ô souffle du printemps? Vainement tu me dis : Sur ta tige épuisée

Je verse les trésors d'une fraîche rosée; Relevé vers le ciel tes rameaux languissants. De ces rocs suspendus déjà descend l'orage Qui doit frapper ma tête et sécher mon feuillage. Des tempêtes déjà gronde l'avant-coureur ; Ses rugissements sourds ébranlent les montagnes. Quelque jour sur ces Lords viendra le voyageur, Et pensif, inquiet, parcourant ces campagnes,

II cherchera le lis dont son œil enchanté Admiroit autrefois l'éclat et la beauté :

Il n'y trouvera plus qu'une fleur pâlissante, Sous des vents ennemis abattue et mourante.

O vous, amis des morts, creusez-leur un tombeau ! Quand le voile des nuits couvrira ce coteau. Lorsque le vent du nord courbera la bruyère. Assise sur les vents, mon Ombre soh taire. Par d'amers souvenirs rappelant ses douleurs. Aux guerriers attendris demandera des pleurs : Tranquille dans sa grotte, au milieu des ténèbres, iae chasseur , éveillé par mes plaintes funèbres,

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