OSSIAN
Doux soit ton repos, ravon charmant! Bientôt tu t'es couchée sur nos collines ! Les pas de ton départ ont été majestueux , comme la lune sur la vague bleue et tremblante. Mais tu nous as laissés dans les ténèbres, ô première des filles de Lutha! Nous sommes assis prés du rocher, et là, il n'est aucune voix, aucune lumière, excepté le météore enflammé! Tu t'es couchée bientôt, ô Malvina, fille du généreux Toscar. Mais tu te lèves comme le rayon de l'Orient
338 BERRATHON.
au milieu des ombres de tes amis et tu viens t'asseoir avec eux dans leurs demeures orageuses, les salles du tonnerre. Un nuage plane sur Cona : ses flancs bleus et roulés sont haut, et les vents sont au-dessous avec leurs ailes. Dans ce nuage est la demeure de Fingal. Là, le héros est assis dans l'obscurité; sa lance aérienne est dans sa main ; son bouclier à moitié couvert de nuages ressemble à la lune assombrie, quand l'une de ses moitiés est encore dans les flots et que l'autre regarde languissainment la plaine.
Les amis du roi sont assis autour de lui sur le brouillard. Ils écoutent les chants d'Ullin. Il touche la harpe à moitié invisible et élève sa faible voix. Les héros inférieurs éclairent de mille météores la salle aérienne. Malvina se lève au milieu d'eux. La rougeur sur les joues elle contemple les visages inconnus de ses pères et détourne ses yeux humides. « Pourquoi, lui dit Fingal, pourquoi viens-tu sitôt parmi nous, fille du généreux Toscar ? La douleur habite les salles de Lutha. Mon vieux fils est triste(i)! J'entends la brise de Cona, habituée jadis à soulever ta lourde chevelure. Elle voie à ta demeure ; mais tu n'y es plus. Sa voix est plaintive entre les armes de tes pères. Va avec ton aile bruissante, ô brise, soupirer sur la tombe de Malvina. Elle s'élève là-bas au pied du rocher, près du bleu torrent de Lutha. Les jeunes filles (2) sont retournées dans leurs demeures. Toi seul , ô brise, tu y pleures ! »
Mais qui vient du sombre Occident porté sur un nuage? Cn sourire est sur son visage obscur; sa chevelure de brouillard vole sur le vent, et il se penche sur sa lance aérienne. C'est ton père, Malvina î
(t) 0«sian, qui portait une grande affection à Malvina. (2) Ce sont les jeunes filles qui chantaient sur sa tombe lYlégie funèiire.
BKItnA'J'HON. 33g
H Pourquoi brilles» tU siint mr nos niia;;es. dit-il,
charmante lumière de Lulba? Mail La était triste, ma 611e, tes anus h • taieni plut. Des hls d'homme* dégénère it habitaient nos palais ci il ne restait de
nos héros (|ii( )ssiau , le loi <li -s I.iik i
Tu te souviens donc d'Ossian, o Toscar, fils de Conloch I I < ■< batailles de notre jeunesse furent nombreuses! Nos épé< i allaient ensemble <m\ eom* bats. Les lils de l étranger fuyaient : • Voici les guerriers < 1 1* Gona, disaient-ils j leurs pas sonl sur h - sentiers '1rs feyards. » — approche, fila d'Alpin,
écoute le chant du vieillard : 1rs liants faits des au-
tres temps sont dans mon âme; ma mémoire rayonne
sur les joins du passé, sur les jours du puissant Toscar, quand nous voguions ensemble sur l'abîme. Approche lils d'Alpin, écoute les derniers accents de
la voix de (lotia (i).
L< roi de Morven commande : je lève nies voiles au vent. Toscar, chef de Lutlia, était à mes cotés et nous voguions sur la vague sombre et bleue. Notre course était vers Berrathon, l'île r.ux fréquentes tempêtes. C'est là que demeurait sous ses boucles de vieillesse le puissant et majestueux Larthmor; Lartlimor qui étala devant Fingal le festin des coupes, quand le roi de Selma se rendit au palais de Starno, aux jours d'Agandecca. Mais lorsque le chef fut vieux, l'orgueil de son fds éclata; l'orgueil du blond Utbal, l'amour de mille jeunes beautés. Il enchaîna le vieux Larthmor et habita ses salles retentissantes.
Le roi languit longtemps dans une caverne près de la mer houleuse. Le jour ne pénétrait pas dans sa demeure et nul chêne embrasé ne l'éclairait la nuit. Mais le vent de l'Océan y descendait ainsi que
(i) Ossian s'appelle poétiquement la voix de Cona ; il fait entendre que c'est le dernier poème qu'il composa.
34 o BERRATIION.
le rayon mourant de la lune. L'e'toile rouge regardait le roi, quand elle tremblait sur la vague de l'Occident. Snitho vint au palais de Selma ; Snitho , l'ami de la jeunesse de Larthmor. Il parla du roi de Berrathon et le courroux de Fingal s'alluma. Trois fois il prit sa lance, résolu d'étendre sa main jusqu'à Uthal; mais le souvenir de ses hauts faits se levait devant lui. Il envoya son fils et Toscar. Notre joie était grande sur la mer houleuse : souvent nous tirions à demi nos épées, car jamais encore nous n'avions lutté seuls dans les combats des lances.
La nuit descendit sur l'Océan. Les vents s'en allèrent sur leurs ailes. Froide et pâle est la lune. Les étoiles rouges lèvent leurs tètes dans le ciel. Lente est notre course le long de la cote de Berrathon. Les vagues blanches se brisent sur les rochers. — « Quelle est cette voix , dit Toscar, qui vient entre le bruit des vagues"? Elle est douce, mais plaintive comme la voix des bardes qui ne sont plus. Mais j'aperçois une jeune fille; elle est assise seule sur le rocher. Sa tète est appuyée sur son bras de neige ; sa noire chevelure flotte au vent. Fils de Fingal, écoute ses chants; ils sont calmes et doux comme le ruisseau qui glisse. » Nous entrâmes dans la baie silencieuse et nous entendîmes la fille de la nuit.
« Combien de temps roulerez-vous autour de moi, ondes bleues de l'Océan? Ma demeure n'a pas toujours été dans les cavernes ni sous un arbre gémissant. Des festins étaient étalés dans le palais de Torthoma ; mon père se plaisait à entendre ma voix ; les jeunes guerriers me contemplaient dans les pas de ma beauté ; ils bénissaient Nina-thoma à la brune chevelure. C'est alors que tu vins, ô Uthal, semblable au soleil du ciel ! Les âmes des vierges sont à toi, fils du généreux Larthmor! Mais pourquoi me laisses-tu seule au milieu des vagues rugissantes? Mon âme fut-elle jamais noire du dessein de ta mort? Ma
RATHON. S41
blanche main a-t-elle levé l'épée! Pourquoi m abandonnée, roi de la haute Finthorino? »
Les larmes jaillirent de mes yeux quand j'entendis la voix de la jeune fille. Je me présentai devanl elle dans mes armes et j»- lui dis les paroles de la pake a Douce habitante de la caverne , quel soupir est dans ton sein? Ossian, en ta présence, lèvera-t-il son épée, destruction de tes ennemis? Lève-toi, fille deTor-thoma.J'ai < 1 1 1 <i 1 < 1 n 1rs paroles de ta douleur. Autour de toi est la race de Morven, qui n'a jamais
insulté an faible. Viens, ô toi, plus brillant': <|ne la lune à son courbant ; viens sur notre navire au noir
poitrail. .Notre course e>t vers les rochers de Berra-
thon , vers les retentissantes murailles de I'intliormo. n Elle vint dans sa beauté; elle vint dans tonte la grâce de ses pas. Une joie silencieuse brillait sur son visage; ainsi, lorsque les ombres s'envoient des plaines du printemps, le ruisseau bleu coule avec plus d'éclat et le buisson vert se penche sur son cours.
Le matin se leva avec tous ses rayons. Nous entrâmes dans la baie de Kothma. Un sanglier s'élançait hors du bois; ma lance lui perce le flanc, il tombe. Je me réjouis de son sang et je prévois l'accroissement de ma gloire. Mais déjà, de la haute Finthormo le bruit de la suite d' U thaï arrive jusqu'à nous. Ils se répandent sur la bruyère pour chasser le sanglier. Lui-même , il s'avance lentement, dans l'orgueil de sa force. Il lève deux lances aiguës; à son côté pend l'épée du héros. Trois jeunes guerriers portent ses arcs polis : cinq chiens bondissent devant lui. Ses héros le suivent à distance admirant la démarche de leur roi. Majestueux était le fils de Larthmor; mais son âme était sombre! sombre comme la face troublée de la lune, quand elle prédit les tempêtes.
Nous nous levâmes sur la bruyère devant le roi. Il
342 BERRATHON.
s'arrêta au milieu de sa course et ses héros s'assemblèrent autour de lui, Un barde aux cheveux gris s'avance : « D'où viennent les fils des étrangers ? nous dit le barde harmonieux. Malheur à ceux dont les enfants viennent à Berrathon braver l'épée d'Uthal ! Il ne prépare point de fête dans son palais ; mais le sang des étrangers est sur ses torrents. Si c'est des murs de Selma que vous venez, des murs moussus de Fingal, choisissez trois jeunes guerriers pour aller dire à votre roi la chute de son peuple. Le héros viendra peut-être lui-même verser son sang sur le glaive d'Uthal et la gloire de Finthormo s'élèvera comme l'arbre croissant de la vallée. »
Jamais elle ne s'élèvera, ô barde, lui dis-je dans l'orgueil de ma colère. Uthal reculerait tremblant en présence de Fingal ; de Fingal dont les yeux sont les flammes de la mort. Le fils de Comhal parait, et les rois s'évanouissent. Ils roulent dispersés comme un brouillard au souffle de sa rage. Que trois de nous aillent dire à Fingal que ses guerriers sont tombés ! Oui, ils le lui diront, peut-être, ô barde, mais ses guerriers seront tombés avec gloire !
Je me tenais dans les ténèbres de ma force. Toscar tire son épée à mon côté. L'ennemi s'élance comme un torrent. Le bruit confus de la mort s'élève : l'homme saisit l'homme, le bouclier choque le bouclier, l'acier mêle ses éclairs aux éclairs de l'acier ; les dards sifflent dans l'air, les lances résonnent sur les mailles, et les épées rebondissent sur les boucliers brisés. Tel que le bruit d'une forêt séculaire sous le vent rugissant, la nuit, quand mille fantômes brisent les arbres; tel est le fracas des armes. Mais Uthal tomba sous mon épée et les enfants de Berrathon prirent la fuite. C'est alors que je le vis dans sa beauté et des larmes mouillèrent mes yeux! — « Tu es tombé, jeune arbre, dis-je , dans toute ta beauté ! tu es tombé sur tes plaines et maintenant la cam-
BEKH vmo.v
pagne est nue! Les vents viennent dn désert et il n'est aucun bruit dans tes feuilles. Que tu et béas dans la mort, <> Bis du puissant Lartbmor! »
Niiia-thoina était assise sur le rivage. Elle entendit le bruil de la mêlée; elle tourna ses yeui pouj Mir l.i iliui;il, le barde aui cheveux gris dfe Selina. Lai s. :il .lait resté -m la cote a\<-. la SUe de Tor-ihoin. i. n Fus des temps passés, Lui dit-elle, j'entends le le bruil de la mon ; tes amis ont rencontré Dthal et le chef est tombé. Ob ! que oe suisrje restée sur le rocher, environnée des vagues écumeuses ! Mon âme m triste, mais sa mon oe serait point parvenue a mas oreilles. Es-tu tombé sur ta bruyère, à fila de la hante rinilioi u)o? Tu m'avais abandonnée sua un
rocher; mais mon aine était pleine de toi! Fils de la liante Finthormo, es- tu tombé sur ta bruyère? ■
Pâle, elle se levé dans ses larmes : elle voit le bouclier sanglant d'Uthai; elle le voit dans la main d'Ossian; ses pas sont desespérés sur la bruyère. Elle vole, elle le trouve, elle tombe : son àme s'exhale dans un soupir; ses cheveux couvrent son visage. Des larmes jaillirent de mes yeux; un tombeau s'éleva sur ces infortunés, et je fis entendre le chant de ma douleur: «Reposez, malheureux enfants de la jeunesse ; reposez au murmure de ce torrent bordé de mousse ! Les jeunes filles, à la chasse, verront votre tombeau et détourneront leurs yeux en pleurs. Vos noms vivront dans les chants. La voix de la harpe se fera entendre à votre louange ; les filles de Selraa l'entendront et votre gloire sera dans les autres contrées. Reposez, enfants de la jeunesse, au murmure de ce torrent bordé de mousse ! «
Deux jours nous restâmes sur la côte. Les héros de Berrathon s'assemblèrent et nous ramenâmes Larthmor à son palais. Le festin des coupes est étalé. La joie du vieillard était grande : il regardait les armes de ses pères; les armes qu'il avait laissées dans
344 RERRATI10N.
son palais quand s'éveilla l'orgueil d'Uthal. Nous fûmes exaltés en présence de Larthmor; il bénit les chefs de Morven. Il ne savait pas que son fils, le majestueux et puissant Uthal , fût dans la poussière. On lui dit qu'il s'était retiré dans les bois, avec les larmes de la tristesse; on le lui dit, mais Uthal était muet dans sa tombe sur la bruyère de Rotbma !
Le quatrième jour nous ouvrîmes nos voiles au rugissement des vents du nord. Lartbmor vint jusqu'au rivage : ses bardes chantaient; la joie du roi était grande, il contemplait la sombre bruyère de Rothma. Il voit la tombe de son fils; le souvenir d'Uthal se réveille : a Lequel de mes héros est couché là? dit-il; il semble avoir été de la race des rois. Était-il célèbre dans mon palais avant que l'orgueil d'Uthal se levât contre moi? Vous êtes silencieux , enfants de Berrathon! le roi des héros est-il donc tombé? Mon cœur se fond pour toi, ô Uthal! quoique ta main se soit levée contre ton père ! O que ne suis-je resté dans ma caverne! mon fils habiterait encore Finthormo ! J'entendrais le bruit de ses pas, à la chasse du sanglier; j'entendrais sa voix sur Je vent de ma caverne. Mon âme alors eût été joyeuse ; mais les ténèbres maintenant vont habiter ma demeure! »
Tels furent mes hauts faits, fils d'Alpin, quand le bras de ma jeunesse était fort; tels furent les hauts faits de Toscar, le fils puissant de Conloch. Mais Toscar est maintenant sur son nuage errant. Je suis seul à Lutha. Ma voix est comme le dernier murmure de la brise quand elle abandonne les bois. Mais Ossian ne sera pas longtemps seul. Il voit le brouillard qui doit recevoir son ombre; il voit le brouillard qui doit former sa robe, quand il apparaîtra sur ses collines. Les fils des hommes faibles me verront et ils admireront la stature des chefs du passé ; ils ramperont vers leurs cavernes , ils regar-
l;i l;i; villo.v
deroni le ciel .i\<< crainte, i ai on roui dans
les 1 1 m . i ; , . - ii l<s ténèbres rouleront .1 met c6t<
Conduis, lils d'Alpin, conduis le vieillard dan ses l»m>. Les vents commencent .1 s'élever : la vague sombre <ln lac retentit N'est-il p.is un arbre qui soi Mon s'incline avec ses branches Dues? I ils d'Alpin, il s'incline sons le veut qui frémit Ma barpe est suspendue à une branche flétrie; l<- son des cordes en est plein de tristesse. Est-ce !>• vent qui te touche, u barpe! <>n est-ce quelque ombre <jni passe? C'est la main de Malvina. Apporte-moi la harpe, fils d'Alpin. Un antre chant va s'élever; mon âme s'envolera avec ses son*, et mes pères les entendront dans leur salle aérienne. Leurs faces obscures s'inclineront avec joie du haut de leurs images, et leurs mains recevront leur fils. Un vieux chêne se penche sur le torrent ; il soupire avec toute sa mousse. Les genêts flétris sifflent auprès et Be mêlent, en se balançant, aux blancs cheveux d ( >-sian.
u Frappe la harpe et commence les chants. Approchez, avec toutes vos ailes, ô brises ! Portez-en les sons plaintifs au palais aérien de Fingal. Portez-les au palais de Fingal, pour qu'il entende la voix de son fils; la voix de celui qui glorifia le puissant!
« Le vent du nord ouvre tes portes, ô roi ! Je te vois assis sur le brouillard, brillant faiblement dans tes armes. Ta forme n'est plus maintenant la terreur du brave ; elle est semblable à un nuage pluvieux, quand on voit derrière lui les yeux en pleurs des étoiles. Ton bouclier, c'est la lune à son déclin; ton épée, une vapeur à demi enflammée. Obscur et faible est le chef qui jadis marchait dans la splendeur ! Mais tes pas sont sur le vent du désert et les noires tempêtes s'amassent dans ta main. Dans ton courroux tu prends le soleil et le caches dans tes nuages. Les fils des faibles sont épouvantés, et mille
346 BERRATHON.
torrents descendent des plaines du ciel. Mais quand tu t'avances dans ta douceur, le souffle du matin accompagne tes Pas« Le soleil rit dans ses plaines azurées; le ruisseau gris serpente dans sa vallée; les buissons balancent à la brise leurs têtes vertes, et les chevreuils bondissent vers le désert.
a II est un murmure sur la bruyère; les vents orageux s'apaisent! J'entends la voix de Fingal; longtemps elle fut absente de mon oreille : « Viens, Ossian, viens, me dit-il; Fingal a reçu sa gloire. Nous avons passé comme des flammes qui ont brillé leur temps. Notre départ a été glorieux. Quoique les champs de nos batailles soient sombres et silencieux, notre nom vit dans les quatre pierres grises. La voix d'Ossian a été entendue et la harpe a été accordée dans Selma. Viens, Ossian, dit-il, viens avec tes pères voler sur les nuages! » Je viens, je viens, ô roi des hommes! La vie d'Ossian s'évanouit: je vais bientôt disparaître de Cona. On ne voit plus mes pas dans Selma. Je m'endormirai près de la pierre de Mora, et les vents, sifflant dans mes cheveux gris, ne m'éveilleront plus. Eloigne-toi sur tes ailes, ô brise, tu ne peux plus troubler le repos du barde. La nuit sera longue, mais ses paupières sont pesantes. Eloigne-toi, brise frémissante !
u Mais pourquoi es-tu triste, fils de Fingal? Pourquoi le nuage de ton âme augmente-t-il? Les chefs des temps passés sont partis et leur gloire s'est éteinte avec eux. Les fils des futures années passeront : une autre race viendra. Les peuples sont comme les vagues de l'océan; comme les feuilles des bois de Morven : elles tombent au souffle de la tempête et d'autres feuilles lèvent au ciel leurs têtes verdoyantes.
u Ta beauté a-t-elle duré, ô Ryno? La force d'Oscar a-t-elle résisté au temps? Fingal lui-même n'estil pas parti! Les palais de ses pères ont oublié ses
ri in; \ iiio.\
pas. Hrsii ias-iii doue, <> barde plein d'années, quand les puissants <>m disparu? Non! Nais ma gloire restera: <ll<- croîtra comme I»- «lune <\i- Mdrvcii qui lève sa large tête contre l'orage, et'se réjouit dans la course des venta ! »
BEI noms 6ALL1C8 iùiommis , m \niis, DE C0LL1
oi'<»n MOUVE DAMS LE8 POÈMES D'08MJM (1).
Agandeoca ' (2), fille uV Starno.
Albion, liante terre.
AJcletha, beauté sur son déclin.
Udo '.
Ainecma *, ancien aom «lu Connaught.
Alona, parfaitement belle.
Alpin, haute tète ?
Alteutha \
Altlios, beauté parfaite.
Altlian *.
Amiir *.
Ai'dan, orgueil.
Ardven, barrière de pierres.
Armin, héros.
Artho, qui résiste, qui arrête.
Allia, rivière basse.
Dalclutha, ville de Clutlia.
Bal va, ruisseau silencieux.
Berrathon, promontoire au milieu des flots.
Berthin, guide nocturne, nom d'uneétoile.
I Cette explication est, en grande partie, empruntée à Letourneur. (2) Nous ignorons la signification des noms suivis de ce signe '.
35o EXPLICATION
Bolga % ancien nom de la partie méridionale de l'Irlande,
où vinrent s'établir les Fir-bolgs.
Borbar, fier guerrier. Borbar-dulhul, y!er guerrier aux yeux noirs, père de Cath-
mor et de Cairbar.
Bosmina, main douce, fille de Fingal et de Glatho. Bragela*.
Branno, torrent de la montagne.
Brassolis *.
Brumo *, torrent près d'un endroit de ce nom, qu'on croyait
hanté par les esprits.
Cael ou Gael, étranger.
Cairbar, homme fort.
Calédonien de Cael ou Gael, Celte ou Gaulois et de Don ou
Dun, montagne.
Calmar, homme robuste, dur.
Calthon, Cael des hauteurs ?
Can-dona, blanc amour ?
Caracul, Caracalla.
Carmona, baie entourée de collines noires. Carmor, noir et grand.
Carmora, grande montagne pleine de rochers. Carmun *.
Carric-thura *.
Carthon, murmure des vagues.
Car-ul, aux noirs regards.
Carun ou Carron, rivière serpentante.
Cath-loda*.
Cathlin, rayon des flots, nom d'une étoile. Cathmin, calme dans la bataille.
DES *< I Ifl GALL1CS, i Cathmol '.
Cathmor, grand dans les combe Cathul, œil de la bataille. Clalho \ femme de Fiogal.
Cleseamor, grandes actions, Clonra, vallée <iui ser\ Gloncath, rayon réfléchi.
Clonmal, sourcil recourbé.
Goura, champ tortueux.
Quba '.
Clunar, homme de combat.
Clungalo, genou blanc, femme deConmor et mère de Sul-
m.tlla.
Clutha, serpentant, nom de la Qyde.
Cnl-ainon, rivière ('traite.
Colc-ulla, regard vif et intrépide.
Colderna, rayun oblique et perçant, nom d'une étoile. Colgach, qui regarde fièrement.
Colgar, guerrier au regard farouche.
Colglancrona *.
Colgorm *
Colma , qui a de beaux cheveux.
Colnial , qui a de petits sourcils.
Colmar *.
Colna-dona, l'amour des héros.
Comala , fille au beau front.
Comhal*, père de Fingal.
Conban-carglà , conban, chef du pays? Carglà*. Cona , nom d'une plante.
Concathlin , doux rayon des flots. Nom d'une étoile. Con-lama , main douce.
Connal *.
Connaehnr
Corimor, doux et grand.
Corcul-suran *.
Cormac*.
Cormar *.
Corman-tnmar *.
Cormul , yeux bleus.
Craca", nom d'une île.
Grathin *.
Crathmo *.
Croma*, nom de pays.
Cromma-glass , courbé et blême.
Gromla ou Crom-leach , cercle de pierres, signifiant, chez les Druides, un lieu consacré au culte. G'est le nom d'une montagne en Ulster.
Crona, murmurant. Nom d'une petite rivière qui se déchargeait dans le Carron.
Cronnan*.
Crothar *, nom d'homme.
Crugal, qui a un beau teint.
Crum-thormo*, une des îles Orkney.
Cruthal *.
Cruth-loda *.
Culallin *, belle chevelure.
Culgorm *.
Gulmin, qui a des cheveux doux au loucher.
Curach , rage de la bataille.
Cuthal*, nom de pays ou d'île.
Cuthona, voix lugubre des vagues.
Cuthullin, voix d'Ullin
Dalrutho , plaine sablonneuse.
Dargo *.
ni S noms G1LUC8, itc
Dar-dukoa , forêt de I
Dar-tbala, qui u de beaux yeua .
•lia , rayon de toleil.
i , Céclat 'l'un rayon de toleil.
Dermid '.
Ja '.
Diaran *.
, nom crime montagne près du palais des rois d'Ir-
lande.
Drumanar, \ .
h tint sommet.
Dromardo, S
Duchomar, homme sombre.
Dun-lora, de dun, colline. Colline de Lova.
Dun-lathmon , colline de Lathmon.
Dun-ratho, colline qui a une plaine sur son sommet.
Dunrommath *, nom d'homme.
Dusronnal *, nom d'un dos chevaux de Cuthullin.
Duth-caron, humme brun.
Duth-carmor, noir et bienjait.
Duth-maruno, noir et intrépide.
Duthormoth *.
Duth-ula , eau noire et rapide. Nom de rivière.
Duvranna, noir torrent de la montagne.
Erin , ear, ouest, et inn, île. Ile d'ouest. Erses, ancien nom des Irlandais.
Erragon *, nom d'homme.
Everallin*, épouse d'Ossian et mère d'Oscar. Evir-choma, beauté douce et majestueuse.
Ferchius, conquérant.
Fergus ou Fercuth, l'homme de la parole, ou commandant. Fidallan ».
Fillan , fils de Fingal.
Fingal*, père d'Ossian.
Fir-bolgs, gens de traits. Nom des Belges de la Grande-Bretagne qui vinrent s'établir en Irlande.
Fithil, barde inférieur.
Flothal, beauté céleste.
Foina-Brâgal, belle femme.
Faldath », nom d'homme.
Fonar, homme de chant.
Fovar-gormo, la pointe bleue de l'acier
Gaul *, fils de Morni.
Gelchossa, qui a les jambes blanches.
Glentivar, vallon solitaire. Golbun, montagne penchée.
Gormal », mont de Lochlin.
Hidalla, guerrier aux regards farouches.
Herman * .
Inis-fail, de inn île* Ile des Faits. Ancien nom de l'Irlande.
Inis-huna, île verte.
Inis-thona, île des vagues. Nom d'une île delà Scandinavie.
NOMS c UXICS
(ni -ton
l-thorno , Ile de la Scandinavie
Kin-fena, chef principal?
Lamdarg, main sanglante.
Lamgal '
Lamor, main redoutable.
La nul, qui a des yeux àjlcur de tête* Lano % lac de la Scandinavie, d'où s'exhalaient en automne dee vapeurs empestées.
Lara ', nom d'une rivière.
Larmou *, nom d'une colline.
Larthon, vague de l'Océan. Nom du chef de la colonie belge qui vint la première s'établir en Irlande.
Lathmon *.
Lego, lac des maladies.
Lochlin, nom gallic de la Scandinavie.
Lona, plaine marécageuse.
Lora, bruyant. Petite rivière qui coulait aux environs de Selma, palais de Fingal.
Lormar *.
Lotha *, nom d'une grande rivière, au nord de l'Ecosse.
Lubar, haut, bruyant. Rivière dans lTlster.
Lumon, colline penchée.
Luno*, nom de celui qui forgea l'épée de Fingal.
Lutha, onde rapide. Ancien nom d'une rivière et d'une vallée de Morven.
Lurthan *, nom d'une colline.
366 EXPLICATK >N
Malmor, grande colline.
MaJthos, lent à parler.
Malvioa, visage doux et agréable.
Matha, très-bon ?
Moïna, femme douce.
Moma*, nom d'une province habitée autrefois par le chef des
Druides.
Moran, le plus grand.
Morannal, qui a beaucoup d'haleine.
Mora*, nom d'une colline.
Morar, homme grand.
Morlath, grand dans un jour de bataille. Monta, aimée de tout le monde.
Morni, père de Gaul.
Moruth, grand courant d'eau.
Morven, grandes montagnes. Ancien nom de la partie de
l'Ecosse qui est sur les bords de la mer au nord-ouest.
Nf
Narmor, grande force.
Nathos, jeune homme.
Nuath *, père de Lathmon.
Oïchoma, fille douce.
Oina-Morul *.
Oïthona *, fille de Nuath, Olla*, nom d'un barde.
DES NOMS OkU