‹ Ossian, uvres complètesChapitre 22 sur 102 · ALP1X · texte numérisé non relu

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Mes larmes, ô Ryno, sont pour les morts, ma voix pour ceux qui ne sont plus. Tu es majestueux sur la colline, beau parmi les fils de la vallée. Mais tu tomberas comme Morar et l'affligé s'assiéra sur ta tombe. Les collines ne te connaîtront plus, et dans ta demeure, ton arc restera détendu!

O Morar, tu étais léger comme un cerf sur le désert, terrible comme un météore de feu. Ton courroux était semblable à la tempête. Ton épée, dans les combats, était comme l'éclair dans la plaine. Ta voix, c'était un torrent après la pluie; c'était la foudre sur les monts éloignés. Beaucoup sont tombés sous ton bras; ils étaient consumés dans les flammes de ta colère. Mais quand tu revenais delà guerreque ton front était paisible ! Ton visage était comme le soleil après la pluie, comme la lune dans le silence de la nuit, calme comme le sein du lac quand le vent s'est apaisé.

Etroite est maintenant ta demeure, et sombre le lieu de ton séjour! Sous trois pas je mesure ta tombe, ô toi qui fus si grand naguère ! Quatre pierres, avec leurs tètes de mousse, sont ton seul monument. Un arbre où croît à peine une feuille, de longues herbes qui sifflent au vent, indiquent à l'œil du chasseur la tombe du puissant Morar. Morar ! tu es en effet tombé bien bas! Tu n'as pas de mère pour te pleurer, pas de vierge avec ses larmes d'amour! Elle est morte celle qui t'a donné le jour, elle est tombée la fille de Morglan.

Qui vient à nous appuyé sur son bâton? Quel est cet homme dont la tête est blanchie par l'âge, dont les yeux sont rougis par les larmes, et qui chancelle à chaque pas? C'est ton père ô Morar! le père d'aucun autre fils. Il entendit parler de ta renommée dans la guerre et de tes ennemis dispersés. Il enten-

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du parler <!<• la gloire de fcforar ; que b a-t-il entendu parler de sa blessure? Pleurej père de Morar, pleure ! nais ton Bis ue t'entend pas. Profond esl lesomiinil des morts ! bien bas e>i leur oreiller de poussière! " n'entendra plus ta voix, i! oe s'éveillera plus i ton appel ! Quand Bera-t-il joui dans la tombe

{.oui éveiller celui qui don .' Adieu, toi le plus ►rave <l< - bommes! Toi le conquérant dans le champ de bataille ! mais les champs des combats ne te reverroui plus, ci les sombres forêts ne

seront plus éclairés de la splendeur de Ion aeiei !

Tu n'as pas laisse de fils, Les chants conserveront ton nom. Les temps futurs entendront parler de toi; ils entendront parler de Morar qui n'est plus!

La douleur s'éveilla dans nos .unes, mais le soupir le plus profond partit du sein d'Armin. Il m; rappelle la mort de son (ils qui tomba aux jours de sa jeunesse. Près du héros était C.arinor, le chef de GalmaL Armin, dit-il, pourquoi ce profond soupir? Est-ce ici qu'il faut pleurer? Les chants, pour attendrir et charmer l'âme, viennent avec leur mélodie, comme la douce vapeur qui s'élève du sein d'un lac et s'épanche sur la vallée silencieuse; les vertes fleurs sont remplies de rosée, mais le soleil revient dans sa force, et la vapeur est dissipée. Pourquoi es-tu triste, 6 Armin, chef de Gorina qu'environne la mer ? »

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