‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologie (volume 2)Chapitre 59 sur 130 · DU SQUELETTE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DU SQUELETTE EN GÉNÉRAL

Le système osseux du squelette des Primatès, de ce premier ordre DesOs des Mammifères , ceux qui , sous ce rapport comme sous tant d’autres , du Squelette se rapprochent le plus de l’espèce humaine , est généralement d’un tissu assez dense, assez serré, surtout dans la partie compacte qui est assez épaisse sur tous les os, mais principalement sur les os longs, dont la structurecavité médullaire est au contraire fort rétrécie.

Il m’a aussi paru queles épiphysessesoudentd’assez bonne heure au corps oe leur réunion, des os, et que les pièces qui doivent par leur réunion former certaines cavités à la tête, à la face et même au bassin , se réunissent également plus tôt que dans l’espèce humaine. Il faut cependant en excepter les prémaxillaires, qui restent bien plus longtemps distincts que chez celle-ci, au contraire des os du nez, par exemple. Quant aux os frontaux, ils se soudent aussi de très-bonne heure. Au reste, la marche du développement du système osseux des Primatès a été encore fort peu étudiée.

Le nombre des pièces du squelette des Primatès est toujours plus oe leur nombre, considérable que dans l’Homme, non-seulement dans la colonne vertébrale, à cause de la queue, qu’ils ont souvent fort longue, mais même dans celles de la tête , puisque les prémaxillaires sont très-longtemps

4 PRIMATES; PITHECUS.

distincts, tandis qu’ils ne le sont peut-être jamais dans l’Homme, et surtout dans celles du carpe, puisqu’il n’y a que les Singes qui offrent la particularité d’un neuvième os carpien intercalaire.

On peut dire aussi d’une manière générale que les sésamoïdes ou os des tendons sont assez nombreux dans ce groupe.

Quant à la disposition générale des os, elle est telle que, même dans les espèces les plus élevées, la station verticale n’est et ne peut être que momentanée , celle qui est naturelle à ces animaux étant toujours plus ou moins oblique sur les quatre extrémités , ou sur les tubérosités iskiatiques. C’est ce que démontrent l’articulation occipitale plus ou moins reculée, la forme de la colonne vertébrale dans sa totalité, comme dans chacune de ses parties, et surtout celle du sacrum, dont les lignes articulaires sont presque toujours parallèles à l’axe du corps, au lieu d’être en coin ou en clef de voûte.

Cette disposition se lit aussi bien dans les membres que dans le tronc , puisqu’en effet les deux paires sont également pourvues de cinq doigts , dont le premier ou pouce est toujours plus constamment et plus complètement opposable aux autres doigts aux membres postérieurs qu’aux antérieurs, ce que 1 on peut juger non-seulement par la forme du pouce lui-même, mais par celle de l’os du tarse sur lequel il s’articule. On voit également que les pieds ne sont pas disposés pour la station verticale par la direction oblique de la ceinture osseuse postérieure , par la forme de la cavité cotyloïde , dont le bord est plus avancé en dessus qu’en avant, par la direction du col du fémur, plus oblique ou plus dans celle du corps de l’os , dans l’arqûre à peine sensible de celui-ci , dans une largeur moindre de la surface articulaire fémoro-tibiale , un moindre degré d’emboîture du pied entre les deux malléoles, et moins de profondeur de la poulie astragalienne ; par moins de saillie en arrière du calcanéum et plus de relèvement en haut de sa tubérosité ; enfin , par une proportion beaucoup plus grande de la partie mobile du pied, cest-à-dire des doigts, au contraire de ce qui a lieu dans l’Homme.

On remarque également, dans les membres antérieurs, une disposi-

tion à servir dans la station membrale par la forme de la tête supérieure du radius, un peu plus transverse, et occupant un plus grand espace dans l’articulation humérale , par la position de plus en plus antérieure de cet os, ce qui repousse le cubitus en arrière, et par une moindre participation de cet os dans l’articulation carpienne.

Mais cette disposition générale de l’ensemble des os du squelette des Primates à devenir de plus en plus quadrupède sera beaucoup plus sensible et plus aisée à démontrer en portant notre examen sur chacun des grands genres ou familles qui constituent cet ordre, savoir . les Singes de l’ancien continent , que nous désignerons avec Buffon sous le nom de Sûiges ( Pithecus ) ; les Singes du nouveau continent ou les Sapajous (Cebus)-, les Singes de Madagascar ou les Makis ( Lemur ), et même, dans les espèces anomales, les Paresseux ( Bradypus ) et les Galéopithèques.

S1INGES ( PITHECUS ).

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