C. S. Curion
Auguste.
(1) D’après Dion, qui emploie les mots de Theria Libyca , lib. LUI. cap. 27, que M. Mongès, ùvant ici Reimar, traduit avec raison parle mot générique de Tigre de notre langage vulgaire.
Le même empereur, plus tard, en 29', dans les jeux donnés à l’occasion de ses trois triomphes consécutifs , en exposa quatre
cent vingt; ci . 42°
caiiguia. En 37 après J.-C., Caligula, pour la dédicace d’un temple à
Auguste, en fit périr quatre cents ( 1 ) ; ci . 4°°
Claude En 44 ) Claude , à l’occasion d’une nouvelle consécration du théâtre de Pompée , réédifié après avoir été détruit par un incendie , en fit combattre trois cents (2); ci . 3oo
Héiîogabaie. En 208 , aux spectacles donnés pour le mariage d’Héliogabale , on fit mourir dans le Cirque , et toutes à la fois , cinquante Panthères (Dion, LXXIX , cap. 19); ci . 5o
Gordien 1. En238, Gordien I ou l’Ancien en exposa, d’après Capitolin,
cent; ci . 100
Gordien 111 En Gordien 111 envoya trente Léopards apprivoisés , qu’il
avait préparés pour son triomphe sur les Persans ; ci . 3o
rrobuf En 280, Probus, à l’occasion de son triomphe sur les Germains, fit planter dans le Cirque une forêt dans laquelle 011 mit en liberté un nombre presque incroyable d’animaux de toutes sortes, qui furent tués à coups de flèches par le peuple romain , et parmi lesquels on compte cent Panthères de Libye ou d’Afrique , et cent autres de Syrie (in Flav. Vopisci Probi imp. vitâ , p. 700.
Hist. Aug., Vol. III.); ci . 200
Gonsiantin. Enfin, on rapporte encore que, malgré le célèbre édit de Constantin, porté en 32 5 , et qui défendait les combats sanglants dans l’arène , les empereurs n’en célébrèrent pas moins des jeux dans lesquels l’exposition, et peut-être même les combats d’animaux féroces , continuèrent à avoir lieu.
Justinien. On raconte en effet que Justinien , à l’occasion des jeux brillants donnés en 342 pour son consulat , à Constantinople , fit combattre encore trente Panthères dans le Cirque ; ci . 3o
(1) Dion, lib. LIX, cap. 7.
(2) Dion , lib. LX , cap. 7.
PALÉONTOLOGIE
En sorte qu’en ne portant pas en compte les individus nombreux conclusion, qui ont été compris sous l’expression générale cl’animaux féroces, et dont nous parlerons plus tard , on voit , dans un espace de 5oo ans environ , que le nombre des Panthères qui ont été apportées à Rome monte à près de trois mille , toutes provenant presque indubitablement du périple de la Méditerranée.
Nous allons arriver à peu près aux mêmes résultats pour les Lions. Lions.
Nous commencerons , comme pour les Panthères, par les Lions qui, }’ur
„ , . . . . „ M. Fulvius.
d apres le témoignage de Tite-Live , tirent partie de la chasse que M. Fulvius montra dans le Cirque l’an 568 de Rome, ou 176 ans avant J.-C., auxquels il faut joindre ceux que Q. Scævola fit combattre dans Scævoia. les jeux qu’il donna pour son édilité , en 659 de Rome. Nous en ignorons le nombre. Il n’en est pas de même pour les exemples suivants.
En 601 de Rome, g3 ans avant J.-C., Sylla fit combattre cent Lions rarSyiia. tous mâles, Leones Jubati , qui lui avaient été envoyés par le roi de Mauritanie, Rocchus; et quant à ce qu’ajoute Pline, que ce furent les premiers, c’est qu’il ne se souvenait pas de ce qu’avait rapporté Tite- Live de Q. Scævola.
Mais Pompée , à l’occasion de la dédicace de son théâtre , qui eut Pompée, lieu en l’an 5o avant J.-C., fut beaucoup plus loin, soit que le nombre des Lions qu’il fit combattre fût de cinq cents seulement , comme le rapportent Dion et Plutarque, ou qu’il se montât à six cents environ, dont trois cent quinze à crinière ou mâles, comme le dit expressément Pline, lib. VIII, cap. 19. Et si Pompée, à son tour, fut encore surpassé par son heureux rival, J. César, dans les cinq jours de jeux et de chasse 1. césar qu’il donna au peuple romain , à l’occasion de son retour à Rome en l’an 46 avant J.-C., ce ne fut pas sous le rapport du nombre des Lions, que Pline ne porte en effet qu’à quatre cents ( loc . cit .) (1).
(1) M. Mongès , en rapportant le passage de Pline , où ces deux faits sont relatés , dit que ces quatre cents Lions exposés par César étaient de la variété la plus forte, et tous à crinière lisse, ce qui ne me semble pas être réellement dans le texte : « Posteum (Syllam) Pompeius magnus in Circo D.C. in iis jubatorum CCCXV; Cæsar dictator, CCCC. »
M. Antoine
Auguste.
Adrien.
Autonin le Pieux.
M. Aurèle.
Commode.
Gordien 1
Gordien II. Gordien 111.
Promus.
C’est aussi dans ce siècle, déjà si remarquable par la rivalité de César et de Pompée, que Rome, après la bataille de Pharsaleen l’an 48, vit pour la première fois des Lions attelés à un char, et c’était à celui de l’infame M. Antoine, accompagné de la comédienne Cytheris ( Pline , lib. VIII, cap. 1 6 ).
Dans une fête publique, donnée par Auguste en 29 avant J.-C., lors de ses trois triomphes, le nombre des Lions tués dans le Cirque fut, suivant Dion, de deux cent soixante. En 765 de Rome et 90 ans après J.-C. Germanicus en fit combattre deux cents, d’après le même historien.
S’il fallait en croire Spartien , Adrien, dans l’un de ses anniversaires , aurait exposé dans le Cirque jusqu’à mille Lions ; mais Dion , historien plus rapproché d’une centaine d’années du règne de cet empereur, n’en fait monter le nombre qu’à deux cents.
Suivant J. Capitolin, Antonin le Pieux , quoiqu’il eût refusé de faire combattre des hommes contre des animaux féroces , ne fit pas moins massacrer cent Lions lâchés à la fois dans une fête , et Marc-Aurèle autant et à coup de flèches, d’après le même historien, à l'époque de son triomphe sur les Marcomans. L’empereur Commode, qui eut, comme on sait, beaucoup moins de scrupules, fit introduire un à un ce même nombre de Lions dans l’arène et les tua lui-même, du moins d’après le récit de Dion , confirmé par Hérodien , tous deux témoins oculaires.
Au premier millénaire de la fondation de Rome, l’an 248 de notre ère , Gordien l’Ancien en fit massacrer cinquante seulement , d’après Ammien.
Gordien II n’en exposa plus que onze.
Gordien III en produisit soixante(i) apprivoisés, et qui avec un grand nombre d’autres animaux curieux , envoyés à Rome par ce jeune prince , servirent aux jeux séculaires, donnés par Philippe 1er, son assassin et son successeur. Mais Probus, à l’occasion de son célèbre triomphe sur les
(1) M. G. Cuvier dit soixante-dix , le texte est : Leones mansueti sexaginta.
PALÉONTOLOGIE. 95
Germains, put encore exposer cent Lions à crinière et cent Lionnes , d’après le récit de Vopiscus.
Depuis lors , soit que , dans les animaux exposés dans le Cirque , le nombre des Lions fût réellement diminué ; soit que les historiens aient négligé de descendre à des détails de nombre, on ne trouve plus cités que les vingt Lions montrés par Justinien, dans les jeux donnés pour son consulat à Constantinople, en l'an 342, et cent autres qu’il montra une autre fois dans l’amphithéâtre.
Malgré cela , nous voyons , comme résultat de ces faits . que dans un laps de six cents années, le nombre des Lions et des Lionnes apportés à Rome se monte à un total de deux mille deux cents.
Le véritable Tigre ne se trouvant pas dans le périple de la Méditerranée, et étant presque relégué dans des contrées avec lesquelles les Romains avaient peu ou point de communications, et surtout dans l’Hyrcanie, il n’est pas étonnant qu’il se soit trouvé bien plus rarement au nombre des animaux exposés dans le Cirque; bien mieux, il n’est pas certain que tous les animaux comptés comme des Tigres par les historiens , en fussent réellement. Varron {de Ling. Lat., lib. IV., cap. 20) nous apprend que jusqu’alors on n’avait pas encore pu prendre un Tigre vivant; mais en l’an 741 de Rome, n0 année avant J.-C. , Auguste 1 en montra un apprivoisé dans une cage, à l’époque de la dédicace du théâtre de Marcellus, d’après Suétone (Vit. August., cap. 43) et Pline (VIII, 25).
L’empereur Claude, vers l’an 5o après J.-C., en posséda quatre à la fois (Pline, VIII, 17), et l’on suppose que ce sont ceux qui ont été représentés dans la mosaïque dont il a été parlé plus haut.
Domitien, vers l’an 80 de J.-C., parmi le grand nombre d’animaux curieux qu’il donna en spectacle au peuple romain , et qui font le sujet d’un livre tout entier des Épigrammes de Martial, son vil flatteur, outre celui qu’il montra dans un combat contre un Lion qui fut vaincu, en fit paraître d’attelés à un char ; car il est difficile de ne pas entendre
Justinien.
Conclusion.
Tigre.
’ar Auguste.
Claude.
Domitien.
Autonin le Pieux
Aurélien.
Gordien 111.
Lynx.
Par Pompée.
ainsi le troisième vers de la cent cinquième épigramme du premier livre, où il dit :
Improbœque Tigres indulgent patientiam flagello ;
surtout après ces premiers :
Picto quod juga delicala collo P ardus sustinet.
Antonin le Pieux, vers l’an i5o, en donna aussi en spectacle, s’il faut en croire Julius Capitolinus , dans la vie de cet empereur.
Aurélien, en l’an 274, dans son triomphe sur Zénobie et Tetricus, produisit quatre Tigres avec des Girafes et des Buffles ( Vopiscus in Aurel.).
Gordien le Jeune fut plus heureux , s’il est vrai qu’il en réunit dix à la fois à Rome, vers l’an 240, et alors il faudrait croire que cela tint à ce que la guerre le rapprocha du pays où se trouvait cette grande espèce de Felis.
Des autres espèces de ce genre, je ne trouve que le Loup-Cervier, aujourd’hui nommé Lynx , qui ait été montré une seule fois par Pompée dans le Cirque de Rome, vers l’an 5o avant J.-C., comme nous l’apprenons de Pline, lib. VIII, cap. 19 ; et je ne vois pas qu’aucun passage puisse autoriser à penser avec notre savant guide dans cet article, M. Mongès, que jamais le Caracal ait fait partie des animaux carnassiers exposés à la curiosité des Romains, pas plus que le F. Chaus des zoologistes modernes , quoique Pline ait employé ce mot (1).
(1) « Pompei tnagiii primum ludi ostenderunt Chama ou Chaus, quem Gaili Rufium vocabant, effigie Lupi Pardorum maculis » (lib. VIII , cap. 19) , et par ce signalement , on voit que cet animal est le même qu’il nomme Loup Cervier, dans ce passage : « Sunt in eo genere (Lupo rum) qui Cervarii vocantur, qualem a Galba in Pompei magni arena spectatum dixiinus (lib. VIII , cap. 22).
Quant au Caracal , M. Mongès lui rapporte le Lynx dont Pline parle en deux endroits ; dans le premier, en le mettant au nombre des monstres , avec les Sphinx ; le second , comme produisant par son urine putréfiée le Lapis Lyncurius , autre fable; mais ce rapprochement est-il légitime?
PALÉONTOLOGIE
Mais cette exposition numérique ne serait pas encore suffisante BÈTES FÉR0CES pour faire apprécier l’effet produit par cette passion du peuple romain pour les spectacles en général , et surtout pour les spectacles sanglants, sur l’amoindrissement de certaines races animales; si nous n’y joignions pas les nombres en bloc, c’est-à-dire ceux dans lesquels les animaux féroces ( i ) sont tous compris sans distinction.
Ainsi aux jeux donnés par Scaurus , cent cinquante bêtes féroces furent Par Scaurus montrées.
S’il faut ajouter une foi absolue à la célèbre inscription d’Ancyre (2), Auguste, regardée comme une copie du testament d’Auguste, cet empereur aurait , depuis son usurpation , fait tuer dans le Cirque trois mille cinq cents bêtes féroces , et suivant Gronow , trois cent mille cinq cents, différence qui tient au manuscrit consulté.
En l’an 80, Titus, lors de la dédicace de ses Thermes et de son am- Titus' phithéâtre , en exposa cinq mille de féroces et neuf mille en tout (3).
En l’an io5 depuis J.-C. , Trajan, dans les cent vingt-trois jours que Trajan durèrent les jeux donnés à l’occasion de sa victoire sur le roi des Daces, alla jusqu’au nombre presque incroyable de onze mille animaux , mais en y comprenant à la fois les espèces sauvages et domestiques (4).
Adrien , à l’époque d’un de ses anniversaires à Rome , fit tuer mille Adrien, bêtes féroces, d’après Spartien , et dans une autre occasion à Athènes, d’après le même, il en exposa mille toutes également féroces.
Sévère , au mariage de son fils Caracalla, donna, pendant sept jours, sévère, des jeux où sept cents bêtes féroces , renfermées dans une vaste cage en forme de navire , furent lâchées à la fois et ensuite massacrées.
Mais ce besoin d’animaux féroces eut nécessairement pour résultats de créer des industries , non-seulement de chasseurs de bêtes féroces et en général de bêtes sauvages, comme était ce Patiscus, dont il est ques-
(1 ) En supposant , il est vrai , que par feræ il ne faille pas entendre bêtes sauvages.
(2) Monum Ancyr. de Augusto, apud Sueton.
(3) Dion , lib. VII , cap. 25.
(4) Dion, lib. LVIII, cap. 15.
G. Felis.
Résultat. Animaux sauvages non carnassiers.
Bar Probus.
Sènatusconsulte qui défend l'introduction des Bêtes féroces en Italie.
Décret qui le permet.
tion dans les lettres de Cicéron , auquel un de ses amis, Cœlius , demandait en grâce de lui procurer des Panthères, et auquel il répondait en riant que ces pauvres animaux, demandant pourquoi on s’adressait à eux seuls , avaient abandonné la Pamphylie, sa province, pour se retirer en Carie; mais encore d’éducateurs d’animaux, de Mansuetarii, dont l’état était de les élever, de les instruire , ce à quoi ils étaient surtout aptes, s’ils étaient nés dans le signe du Lion, d’après Manilius.
Un autre résultat qui nous intéresse davantage dans le genre de recherches auxquelles nous nous livrons en ce moment , c’est que le nombre des animaux féroces, Lions, Panthères et Ours, étant nécessairement diminué, surtout en Afrique, d’où l’on en tirait un si grand nombre, que les Panthères étaient aussi bien désignées par l’épithète de Libycœ , A f ricanas, que par celle de Varias , on fut obligé de faire entrer dans les jeux un plus grand nombre d’animaux sauvages , mais non carnassiers ; en effet, dans l’énumération que donne Yopiscus, des animaux montrés par Probus, le nombre de ceux-ci l’emporte beaucoup sur celui de ceux-là.
On ne peut pas cependant supposer que le célèbre sénatus-consulte cité par Pline (lib. VIII, cap. 24 ), qui ne fut abrogé qu’en l’an 84 avant J.-C. , et qui défendait l’introduction en Italie de tant de bêtes féroces d’Afrique, eût pour intention de parera cet inconvénient; mais on peut croire qu’il avait existé un décret qui limitait l’autorisation de faire combattre ces animaux aux empereurs et aux grands dignitaires, puisque les empereurs, Horiorius et Théodose, en 4 1 7 i portèrent une ordonnance qui donnait à tout le monde le pouvoir de faire tuer des Lions , mais qui en même temps défendait que les animaux destinés pour la cour fussent retenus plus de sept jours dans une ville , et qui infligeait une amende de cinq livres d’or à quiconque les maltraiterait.
L’auteur grec du petit traité de Belluis , que M. S. de Xivrey fait vivre vers la première moitié du Ve siècle , nous apprend que de son temps un roi des Indes avait envoyé à l’empereur Anastase deux jeunes ou petites Panthères ( Parduli ), l’une sur un chameau et l’autre sur un éléphant.
PALÉONTOLOGIE. 99
Enfin , ce qui prouve que les empereurs de Constantinople entretenaient des animaux dans des ménageries, c’est le fait rapporté par les historiens de la 11* croisade, qu’à l’attaque de la première enceinte de Constantinople par les croisés lombards en 1104, ils se virent assaillis par des Lions et des Léopards que l’empereur Alexis avait fait déchaîner et lâcher contre eux : tous les Lions , et même l’un d’eux , apprivoisé , et qui était fort aimé dans le palais, furent tués; mais les Léopards s’enfuirent vers la ville en grimpant comme des chats sur les remparts.
D’où l’on voit que la poursuite des animaux carnassiers du genre Felis s’est continuée fort longtemps, ce qui a pu contribuer à la diminution des espèces dans les pays qu’ils habitaient, et transporter leurs ossements dans des lieux, siège de la civilisation, où ils n’auraient pas existé sans cela.
Nous devons même placer ici une observation curieuse, qui fut faite lors de la découverte de l’ancienne ville nommée Mons Seleucus , à peu de distance de Gap; c’est que, dans une maison qui fut regardée comme une sorte de magasin d’histoire naturelle , on trouva avec des minéraux divers, des coquilles marines de parages éloignés, des dépouilles d’animaux terrestres, surtout du genre Felis , beaucoup de dents de Lion, une statuette de Panthère en bronze doré, et un très-grand nombre de médailles celtiques et romaines. Il paraît certain que cette ville a été détruite, peut-être par une inondation , comme le pense M. Héricard de Thury, avant l’invasion des barbares.
(Voy. Millin, Voyage dans le midi de la France , IV, p. 189), qui lui-même cite :
Rapport fait à l’Institut sur les antiquités de Mons Seleucus , par M. de la Doucette. Mag. enc., 1 8o5. Tome II , p. 1 8, et Rapport de l’Institut, à la suite ;
Archéologie de Mons Seleucus. in-4', Gap, 1806.
Enfin, nous devons terminer cette espècede digression sur lescausesqui ont pu amener dans nos pays des ossements de Felis de contrées étrangères, en disant que, presque de tous les temps, les principaux potentats de
Lions
et Léopards.
Au siège de Constanti-
Conclusions.
Dents de Lion retrouvés dans les ruines de Mons-Seleucus
l’Europe ont eu la curiosité d’entretenir dans le lieu de leur principale résidence des Lions, peut-être même des Tigres, mais surtout des Panthères , et qu a des époques assez peu reculées, ces animaux à leur mort étaient enterrés tout entiers, les os n’étant que fort rarement conservés
''Ts'Irac^0* Par les curieux, si ce n’est peut-être la tête. A l’appui de cette observation , je me bornerai à rapporter le fait de deux Lions qu’avait possédés un roi de Navarre, sans doute Henri IV, àNérac, et queScaliger( Exercit. CCV1I1) dit avoir fait déterrer pour s’assurer si le cou était formé d’un seul os, comme l’avait écrit Aristote. Or, c’était vers 1592 que Scaliger écrivait , c’est-à-dire il y a deux cent cinquante ans seulement. Ainsi l’on conçoit que l’on puisse rencontrer quelquefois des ossements et surtout des dents de grandes espèces de Felis dans des terrains d’alluvium et même de diluvium découvert ou entré dans les cavernes, sans qu’on doive les regarder comme véritablement fossiles; mais il n’en est pas de même de ceux qu’on a trouvés dans des terrains plus anciens , et c’est certainement la plus grande partie.
Felis fossiles 11 y a déjà près de deux cents ans que l’on a recueilli en Europe des ossements appartenant à une grande espèce de Felis, sans cependant qu’on les ait reconnus comme tels. C’était d’abord dans les cavernes d’Allemagne, et jusqu’en 1825, époque de la publication de la seconde édition des Recherches sur les ossements fossiles de quadrupèdes , par M. G. Cuvier, 011 n’était guère allé au delà de la confirmation de ce fait ; mais depuis lors, on en a trouvé dans un grand nombre d’endroits d’Europe, dans des terrains fort différents , et de toute taille , en sorte qu’au jourd’hui, si l’on acceptait comme démontrées les espèces de Felis fossiles proposées par les paléontologistes, il en aurait existé plus de vingt dans l’Europe ancienne. Pour mettre le lecteur en état de se décider à ce sujet avec connaissance de cause, nous allons successivement les passer en revue , en suivant l’ordre de grandeur , le seul possible ici , après quoi nous les répartirons par terrains.
PALÉONTOLOGIE. 101
i° F. Spelœa.
Goldfuss, N. Academ.cur. nat. , X, pl. 45. Pander et d’Alton Skelett. tab. 8, f. a. Schmerling. Ossem. des Cavern. de Liège, p. 72 , pl. 14 , i5 , 16 et 17. Marcel de Serres, Dubreuil et Jean-Jean. Cavern. de Lunel- Fiel. Pl.
Cette espèce, dont on a trouvé des ossements épars en beaucoup de lieux de l’Europe , d’abord en Allemagne , puis successivement en Angleterre, en Belgique, dans la France septentrionale et méridionale , presque toujours dans le diluvium des cavernes, n’a pas été de suite admise comme distincte.
Ainsi , quoique reconnus comme d’un Lion par Esper , et bien plus , annoncés comme ressemblant entièrement à un Lion de moyenne taille par Sœmmering, dans son examen de la portion de crâne figurée par Leibnitz dans sa Protogoea, pl. XI, fig. 1, et même par M. G. Cuvier, qui, dans l’ Extrait d’un ouvrage sur les ossements quadrupèdes , dit , p. 7 , que les morceaux qu’il en a vus ne lui ont presque point présenté de différences avec les analogues du Tigre ou du Lion, Rosenmuller avait déjà reconnu que ces os ne sont pas exactement semblables à ceux du Lion actuel , et il se proposait sans doute de le montrer dans un ouvrage qui devait contenir la description des os d’un animal inconnu de la famille des Lions, et qu’il annonce dans son ouvrage sur l’Ours des cavernes, p. 11.
Cependant, M. Cuvier, dans son mémoire sur les carnassiers des cavernes, publié en 1 806, dans les Annales du Muséum d’histoire naturelle, et reproduit en 1812 dans ses Mémoires réunis, était conduit à un résultat tout différent de ce qu’il avait dit en 1802. En effet, après cette observation préalable, que, lorsqu’il s’agit de déterminer de quelle espèce des Felis une demi-mâchoire, qu’il figure, se rapproche le plus , la chose n’est pas si aisée, et qu’il ose dire quelle serait impossible sans les moyens nombreux de comparaison qu’il a eu le bonheur de réunir , il ajoute :
Historique.
Esper.
Leibnitz.
G. Cuvier,
Rosenmuller.
G. Cuvier,
« Or, ces moyens m’ont démontré et démontreront de même à ceux » qui voudront les employer, que ce morceau ne vient ni du Lion ni » de la Lionne, ni du Tigre , encore moins du Léopard et de la petite » Panthère des montreurs d’animaux ; mais que si l’on voulait le rap- » porter à une espèce vivante, ce serait au seul Jaguar ou grande » Panthère œillée de l Amérique méridionale , qu’il ressemblerait le » plus, surtout par la courbure de son bord inférieur. »
Malgré une manière de voir aussi positive, et que M. Cuvier annonçait lui-même devoir inspirer quelques doutes , à cause des idées peu Goidfuss. exactes que l’on a sur les diverses espèces de grands Felis, M. Goldfuss, ayan t eu l’avantage de rencontrer une tête presque entière du grand Felis des cavernes, crâne sur lequel il donna d’abord une notice et une petite figure dans ses Environs de Muggendorf, en allemand , puis une de grandeur naturelle avec une description comparative sous le nom de F. Spelcea , dans le tome X , part. II , des Nov. A et. Academ. Natur. Cur ., tab. 45, g. cuvier, m. Cuvier adopta ce nom et cette distinction dans la nouvelle édition de ses Ossements fossiles, en 1825, ce qui a été adopté depuis par tous les paléontologistes. Bien mieux, dans plusieurs passages de son article sur les Felis fossiles, et entre autres, p. 455, on voit qu’il ne s’était pas encore complètement décidé si c’était un Lion ou un Tigre , ce qui tenait sans doute à ce qu’il n’avait pu établir sa comparaison de visu.
ossements Quoi qu’jj en sojt jes ossements attribués à cette espèce sont assez trouvés 1
nombreux, beaucoup plus que pour toute autre, quoique partout on les ait rencontrés isolés et pêle-mêle avec ceux d’Ours, d’Hyènes et d’autres animaux carnassiers ou non. Nous allons les énumérer par localité, en Allemagne. j D’Allemagne, dans les cavernes de Gaylenrcuth, de Scharfield .
Une tête entière avec la mâchoire inférieure (Goldfuss, loc. cit.), et malheureusement dans une fausse projection, ce qui ne permet pas d’en bien juger les caractères.
Une tête entière avec toutes ses dents, représentée par MM. Pander et D’Alton. Raubthiere , VIII, fig. a, b , c, d.
PALÉONTOLOGIE
Un crâne entier sans mâchoire inférieure , dans la collection de M. le comte de Munster et dont il nous a envoyé un moule en plâtre.
Un fragment de crâne figuré par Leibnitz , et reproduit par Sœmmering, dans le mémoire cité plus haut.
Un fragment de mâchoire supérieure, figurée par Esper, qui lavait très-bien reconnu comme d’un Lion.
Une mandibule figurée d’après un dessin de Camper, par M. G. Cuvier ( Ossem.fossil ., IV. , pl. XXXII, fig. 7).
Une mandibule de la collection d’Ebel , figurée par M. Cuvier, loc. ait., Pl. XXXVI, f. 1.
Une mandibule de la collection de lord Cole, et envoyée par lui , moulée en plâtre, au Muséum.
Une mandibule de la collection de Blumenbach, figurée par M. Cu- o'Aiiemagm vier, Pl. XXXVI, f. 2.
Une mandibule de jeune âge, de la collection d’Ebel. Cuv., IV.,
Pl. XXXVI, fig. 3.
Des dents séparées , une seconde et une troisième molaire supérieures «jeGayien
de Gaylenreuth. Cuv., IV, Pl. XXXII, fig. 3 et 4. ' reuüT
Une troisième molaire supérieure de la caverne d’Altenstein. Ibid., f. 6. d’Aitenstein
Des vertèbres.
Un atlas dans la collection de lord Cole.
Deuxième dorsale; première, cinquième et sixième lombaire, sixième et septième coccygienne, de la collection ancienne de Buffon, en nature au Muséum.
Sept autres vertèbres de la collection de lord Cole.
Les deux tiers supérieurs d’un humérus du côté droit de la même collection.
Un radius bien entier de la collection laissée par Buffon au Muséum.
Un fémur.
Une rotule.
Un tibia du cabinet de lord Cole.
D’Angleterre.
Caverne de Kirkdale.
d'Oreslon.
de Kent.
De Belgique.
Caverne
deGoffontaine.
Un astragale, un calcanéum, un troisième cunéiforme, de la même collection.
Plusieurs os métatarsiens dans le même cas , ainsi que quelques phalanges, dont une onguéale du pouce de devant.
D’Angleterre , et également des cavernes :
M. Cuvier dit n’avoir vu qu’une canine et une troisième molaire d’en bas, un os métatarsien provenant de la caverne de Kirkdale (Cuv. , IV, 455).-
M. Buckland cite quatre canines, dont une supérieure (Reliq. diluv ., tab. VI, %. 6), de la caverne de Kirkdale, et une autre inférieure, de la caverne d’Oreston, près de Plimouth, ibid., tab. XXII, fig. 6.
Une troisième molaire supérieure de celle de Kent, figurée par le révérend Mac Enry.
De Belgique, dans les cavernes des environs de Liège, d’après M. Schmerling :
Plusieurs fragments d’une même tête, de la caverne de Goffontaine.
Trois mâchoires inférieures, dont une presque entière.
Quatre sacrums bien entiers , de Goffontaine.
Une portion d’omoplate.
Un humérus presque entier.
Deux radius, de Goffontaine.
Des portions de bassin tirées de trois cavernes différentes, et une entière de Goffontaine.
Un fémur.
Une rotule.
Une grande partie de péroné.
Presque tous les os du pied , un astragale , un calcanéum , un scaphoïde, un cuboïde, un premier cunéiforme, un grand os du métatarse et quelques phalanges.
PALÉONTOLOGIE
De France:
Deux dents canines trouvées à Paris même dans le sol d’alluvium ; l’une, anciennement, rue Hauteville, et dont a parlé M. G. Cuvier (IV, p. 4^6); l’autre, nouvellement, par M. Duval, pharmacien, à la la barrière Fontainebleau, avec des ossements de Blaireau, de Sanglier, etc.
line autre dent canine trouvée dans l’alluvion de la Somme.
Et enfin, dans la caverne de Lunel-Viel, MM. Marcel de Serres, Dubreuil et Jean- Jean rapportent à cette espèce :
Un côté presque entier de maxillaire supérieur et une canine à part , un assez bon nombre de vertèbres, une troisième cervicale, quatre dorsales , cinq lombaires en série.
Un sacrum presque complet.
Sept vertèbres coccygiennes qui se suivent de la seconde à la huitième, une côte entière.
Deux humérus, l’un droit et l’autre gauche.
Un cubitus s’articulant avec un radius , à l’état de fragment.
Six métacarpiens, dont quatre, les premier, troisième, quatrième et cinquième, de la même main du même individu.
Des phalanges, dont les cinq premières du même individu.
Un fragment d’os innommé.
Un calcanéum.
Enfin , je puis ajouter à ces différents ossements appartenant trèsprobablement à un seul individu : un fragment de mâchoire supérieure , portant les molaires principales, et qui, provenu de Lunel-Viel, a passé delà collection de M. l’abbé Croizet dans celle du Muséum.
Les caractères distinctifs que M. Goldfuss assigne à cette espèce, et que M. Cuvier paraît avoir acceptés, sont :
i° Une taille que l’on regarde comme supérieure à celle de nos plus grands lions;
2° Le profil supérieur du crâne courbé d’une manière douce et uniforme ;
G. Feus. 14
De France.
Alluvion de la Seine, à Paris.
de la Somme.
Cavernes de Lunel-Viel.
Caractères de celte Espèce.
Par
M. Goldfuss.
3° Le front large et plat , avec le culmen ou point le plus élevé du crâne dans la moitié antérieure de la tête ;
4° La crête sagittale courte;
5° Le crâne proportionnellement plus large vers les apophyses posto. Cuvier, orbitaires et plus étroit vers les os des tempes ; à quoi M. Cuvier ajoute , d’après la figure donnée par M. Goldfuss, et la mandibule dessinée pai lui chez Ebel:
6° La hauteur plus grande de la branche horizontale de la mandibule, surtout sous la dernière molaire;
7° L’inclinaison plus grande de l’apophyse coronoide ;
8“ Le trou sous-orbitaire, plus petit et beaucoup plus éloigné du rebord de l’orbite que dans le Lion et le Tigre ;
9° L’arcade zygomatique, beaucoup plus haute;
io° L’absence delà première avant-molaire supérieure,
Schmeriing. Ce que contredit M. Schmerling, en y joignant comme caractère plus important un degré plus grand dans l’inclinaison de l’apophyse coronoide; caractères, et surtout la courbure uniforme du chanfrein, qui, suivant M. Cuvier, semblent davantage rapprocher cette espèce de la Panthère , mais qui en différé tellement par la grandeur, qu il est impossible de penser à l’identité d’espèce.
Pour les autres os qu’il a observés, M. Cuvier lui-même parait y reconnaître un cinquième environ de longueur de plus que dans le Lion, mais en outre avec un peu plus d épaisseur proportionnelle.
Analyses. Je suis assez loin d’avoir pu examiner en nature tous les os attribués à cette grande espèce de Felis ; car sauf ceux que le margrave d’Anspach avait envoyés à Buffbn, et que M. Cuvier a fait figurer, je ne connais les ossements des cavernes d’Angleterre, de Belgique, et la plupart de ceux de Lunel-Viel , que d’après les figures qui en ont été données. Cependant les modèles en plâtre que notre collection doit à lord Cole, et surtout celui d’un crâne entier envoyé par M. le comte de Munster , m ont permis de me faire une idée de celte espèce de fossile et de rectifier un peu ce qui en a été dit.
PALÉONTOLOGIE
D’abord, quant à l’absence de la première molaire supérieure, point sur lequel ont tant insisté MM. Goldfuss et Cuvier, M. Schmerling a montré que, si les crânes trouvés jusque-là en Allemagne en sont dépourvus, c’est sans doute une suite delage, car un fragment de mâchoire qu’il a observé en montrait l’alvéole parfaitement conservée (PL 14, fig. 10); on peut même supposer, d’après la grandeur de celle-ci, que cette dent était proportionnellement assez forte ; ce qui est rendu certain par sa représentation dans la figure d’une autre tête donnée par MM. Pander et d’Alton. Raubthiere , PL VIII, f. «, c, d, du F. spelœa ( 1 ).
Le reste du système dentaire paraît n’avoir rien présenté de particulier qu’un peu plus de grandeur, et encore cela est-il absolument certain?
En haut, dans l’exemplaire de M. Schmerling, la première n’existait pas, la seconde avait 0,029, et troisième 0,042; et dans celui de M. de Munster, j’ai trouvé 0,027 et 0,040 pour les deux dernières.
En bas , d’après la mandibule figurée par M. Goldfuss, on trouve pour la première 0,019, Pour h* seconde 0,029, et pour la troisième o,o53.
M. Cuvier a compté sur celle qu’il a observée dans la collection d’Ebel, 0,018 — 0,028 — o,o3o.
M. Schmerling, 0,019 — o,o3o — o,o3x.
M. Marcel de Serres, 0,000 — o,o3o — 0,042.
Et enfin, le modèle en plâtre envoyé à notre collection par lord Cole, m’a donné 0,019 — 0,028 — 0,029.
Or, notre plus grand Lion ne m’a offert que 0,01 1 — 0,02 5 — o,o36 supérieurement, et 0,018 — 0,026 — 0,027 inférieurement, et notre plus grand Tigre 0,008 — 0,023 — o,o35en haut, et 0,017 — 0,024 —
(1) Au sujet de l’absence de cette première molaire supérieure dans le Felis spelœa, je dois noter comme une sorte de rapprochement avec le Tigre , que, sur quatre têtes de cette dernière espèce , dans notre collection, j’ai trouvé que cette dent manquait également soit des deux côtés, soit d’un seulement , particularité qu’aucune des quinze têtes de Lion que nous possédons ne m’a montrée.
Absence île la première molaire supérieure supposée à tort.
Proportion des Molaires.
en bas.
Comparaison du Crâne.
Dans sa Taille. 0.020 en bas ; ce qui n’est cependant pas aussi différent qu’on le croirait, d’après les os du squelette.
Toutefois le crâne, d’après celui figuré par M. Goldfuss, ne différerait pas beaucoup; en effet, d’après lui, il aurait de longueur basilaire, c’est-à-dire du bord antérieur incisif au bord antérieur du canal vertébral , o,33o, tandis que, sur un Lion, le plus grand, il est vrai, de notre cabinet, il n’est que de 0,320, ce qui ne fait que 0,010 de plus pour le fossile, différence que nous voyons souvent bien plus grande entre les individus d’une même espèce.
Le modèle en plâtre du crâne du Lion des cavernes de la collection de M. de Munster lui donne, de longueur totale, o,34o, ce qui ne fait qu’une différence de 0,020 avec notre plus grand Lion , dont le crâne a o,32o.
Dans Quant à la forme indiquée comme fort différente, nous n’avons pas
sa Forme. tx0p reconnu que les différences qu’on lui assigne soient bien réelles , et qui le6* surtoutbien caractéristiques. Maisnous croyons en avoir remarqué de plus distinguent, importantes, savoir: l’arqure plus marquée de tout le chanfrein, depuis le bord supérieur du trou occipital jusqu’au bord nasal , la grande saillie et l'étroitesse de l’apophyse occipitale , la disposition plus détachée , plus pédiculée, pour ainsi dire , des condyles , la moindre saillie de l’apophyse orbito-frontale, la grandeur moindre du canal sous-orbitaire, la forme plus large et surtout plus écartée, à angle droit, de l’apophyse zygomatique du temporal à sa racine; l’inclinaison plus grande et la forme de l’apophyse coronoïde de la mandibule, avec son bord inférieur droit (1 ), et même se recourbant un peu en bas à la symphyse , commençant par une F.n le rappro- sorte d’apophyse géni; caractères qui rapprochent évidemment le fossile plus du Tigre que du Lion ; mais ce qui agit en sens contraire , c’est que l’espace frontal in terorbi taire est large et assez enfoncé ; que les os du nez sont également larges et triangulaires, s’écartant un peu à leur
(1) Le renflement sous la dernière molaire est quelquefois dû à l’état moins soulevé de cette dent.
PALÉONTOLOGIE
angle externe de l’incisif, et que la branche montante des maxillaires est peu étroite et peu excavée; en sorte que le museau est large et court, un peu comme dans le Lion, et non rétréci et comme pincé au dos , ainsi que cela a lieu dans le Tigre.
11 semble donc que cette tête qui tient du Tigre dans ses parties pos- Conclusions, térieures et dans la mandibule, et même un peu du Jaguar dans sa brièveté , est au contraire plus léonine dans la forme du nez ou du mufle.
Pour décider si c’était un Tigre ou un Lion , il aurait fallu connaître le bord palatin , les apophyses ptérygoïdes et la terminaison des os du nez ; malheureusement ces particularités manquaient dans la tête dont nous possédons le moule, et, comme MM. Pander et d’Alton, ainsi que M. Goldfuss ont figuré la tête de leur F. spelœa sous une projection douteuse ou de faux profil , sans rien des deux faces supérieure et inférieure, il est presqu’impossible d’en prendre une idée un peu rigoureuse.
Le reste des ossements attribués au F. spelœa me semble venir à l’ap- Des .mires Os. pui que c’était un Tigre plutôt qu’un Lion, parce qu’ils sont en général plus robustes ou proportionnellement plus courts , surtout les métacarpiens et les métatarsiens, ce qui est bien moins marqué dans le Lion.
Schmerling a fait représenter un atlas (XVII- 1 4) , une des premières vertèbres, dorsales (XYllI-i), une lombaire du milieu {Ibid. 2), une dernière (Ib. 3) , une première caudale , une du milieu et une antépénultième (Ib. 4-5-6).
Les vertèbres que nous possédons en nature surpassent, suivant M. Cuvier, de près d’un cinquième, leurs analogues dans un Lion; mais c’est ce qui est encore plus marqué pour les modèles en plâtre donnés par lord Cole.
Le fragment d’omoplate figuré par Schmerling offre une cavité glé- Aux Membres noïde de 0,066 de long sur o,o45 de large, ce qui est 0,020 déplus que omoplate' dans notre plus grand Lion.
Schmerling ligure un humérus presque entier auquel il donne o,38o Humérus, de longueur totale, et de largeur 0,108 supérieurement, 0,104 in férieu-
rement ; la poulie seule étant de o,o56 dans son milieu ; notre plus grand humérus de Lion vivant a o,33ode longueur totale.
Le grand fragment de cet os de la collection de lord Cole est moins grand, car sa tête supérieure n’a que 0,098, 0,095 de largeur supérieurement, 0,090 inférieurement, dont o,o5i pour la poulie.
Radius. Le radius de notre collection, qui a de longueur totale o,34o pris en dedans, ce qui ne dépasse qu’un peu un radius de Lion, pouvait atteindre une plus grande taille. En effet , Schmerling en figure un auquel il donne, dans son texte, p. 78, o,45o, c’est-à-dire plus long d’un quart, ce qui est réellement énorme pour la même espèce ; aussi, d’après la figure de grandeur naturelle (XV-3), ne trouve-t-on que o,343 de longueur totale sur o,o43 de largeur supérieurement , et 0,076 inférieurement, et non 0,066, comme il dit. Ainsi il y a erreur, et ce radius ne surpasse pas de beaucoup celui de notre grand squelette de Lion, scaphoïde. Un scaphoïde figuré par Schmerling (XY1-5), avait o,o5i de long en travers, et o,o35 de large d’avant en arrière, partie articulaire, pisiforme. Un pisiforme représenté par le même (XVI -C, A, B), avait 0,047 CO* Le scaphoïde, d’après le plâtre de lord Cole, a o,o55 sur 0,042.
Métacarpiens. Les os du métacarpe recueillis par Schmerling avaient , un troisième ou médian , 0,1 37 de longueur, sur 0,022 de largeur au milieu , et un annulaire o, 1 32 sur 0,0 1 8.
Ceux dont lord Cole nous a envoyé le modèle en plâtre sont encore bien plus grands puisqu’ils ont : le second 0,1 12 ; le troisième ou médian o, 1 35, et le cinquième 0,01 12 ; je ne trouve dans notre plus grand squelette de Lion que 0,096 ; 0,112 et 0,089. phalanges Schmerling avait aussi obtenu de ses fouilles deux phalanges onguéaon.ueaies. ^ ^ malheureusement un peu tronquées (XVI, i2-i3), de manière qu’il 11a pu en donner les dimensions. Le plâtre d’une du pouce et bien complète de la collection de lord Cole, nous a donné o,o63 de hauteur totale (2).
(1) D’après la figure mesurée dans sa plus grande dimension, je ne trouveque 0,045 tout au plus.
(2) M. Schmerling, p. 84 , relève avec raison une erreur échappée à M. Cuvier, qui (IV ,
PALEONTOLOGIE.
Les os des membres postérieurs que I on a recueillis jusqu’ici indiquent aussi une grande taille et plus d’épaisseur.
Schmerling parle d’un bassin entier et des os innommés qui avaient de longueur totale au moins o,3oo; le diamètre antéro-postérieur delà cavité cotyloïde étant de o,o5i, dans celui de lord Gole, o,o55, et dans notre grand squelette, 0,049.
Le même paléontologiste décrit et figure (XVI-2) un fémur qui avait 0,428 de longueur totale, et de largeur, 0,094 en haut, 0,074 en bas, et 0,042 dans son milieu ; dimensions qui , dans notre plus grand squelette de Lion, sont de 0,375 — 0,084 — 0,067 et o,o32 1/2, et par conséquent d’un dixième environ moindre que dans le fossile , en supposant que les mesures soient exactement prises de la même manière.
Schmerling figure (XVI-3) une rotule qui avait o,o83 de long sur o,o52 de large, d’après la figure; celle de notre plus grand Lion étant de o,o53 sur o,o43, ce qui indiquerait au moins un tiers de moins, différence énorme qui fait supposer quelque erreur dans les mesures données par Schmerling.
La collection de lord Cole contient un tibia qui, d’après le moule que nous en possédons, avait o,352 de long avec une largeur de surface articulaire inférieure à la poulie postérieure articulaire o,o56 ; celui de notre grand squelette (XVI-4), a o,3 10 sur 0,060.
Schmerling représente un péroné tronqué dans sa partie supérieure, et qui est d’une largeur de o,o34 inférieurement, d’après la figure; cette dimension sur le nôtre étant de o,o3o.
L’astragale figuré par le même , avait, mesuré au côté interne et vers le milieu de son corps, 0,069 de l°ng> sur une largeur de o,oÔ2 ; mais lord Cole en possède d’un peu plus grands. Nous avons en effet le plâtre d’un qui a 0,070 sur 5 1 ; celui de notre grand Lion n’étant que de o,o5 1 , sur o,o32, ce qui offre une différence considérable de plus d’un tiers.
p. 449) rapporte à un Lion la figure de phalange onguéale, représentée par Esper, pi. IX, fig. 2. C’est évidemment une phalange onguéale postérieure d’Ours , comme, de son côté , M. Goldfuss l’avait reconnu
Aux Membres postérieurs.
Os innominé.
Fémur.
Kotule.
Tibia.
Péroné.
Astragale.
Calcanéum. Le plus grand des huit calcanéums trouvés par Schmerling dans les cavernes de Goffontaine et de Fond-de- Forêt, avait o,i38 de long, sur o,o58 de plus grande hauteur. Les plâtres de celui de lord Cole nous donnent o, 1 20 — o,o5 1 , et notre grand Lion o, 1 08 sur 0,42 ; ce qui fait une différence en faveur du F. spelœa, d’un quart en plus, scaphoïde. Schmerling cite un scaphoïde de o,o5 1 de large sur 0,039 ^aut ( 1 )> et celui de notre squelette n’a que 0,042 de large, cuboïde. Un cuboïde de o,o38 de long sur o,o32 de large dans son milieu , un premier cunéiforme dont la longueur antéro-postérieure est de 0,02 1, et la hauteur verticale o,o5 1 , y compris la tubérosité.
Métatarsiens M. Cuvier a donné la mesure d’un os du métatarse, ayant 0,1 25, de la taille de son analogue dans notre squelette de Lion; Schmerling, d’un autre long de 0,0 1 4 ■ , sur 0,02 1 de large au milieu ; mais ceux de la collection de lord Cole sont encore bien plus grands, puisqu'ils ont, un médian, o,i44> un annulaire, o,i4c un auriculaire, 0,137.
Ainsi il faut sans doute lui rapporter celui que M. G. Cuvier a observé dans la collection de Blumenbach, et qui avait 0,1 60 de long sur 0,024 de large au milieu; aussi dit-il, p. 436, qu’il surpasse d’un quart celui de nos plus grands squelettes de Lions ou de Tigres, et qu’il est par conséquent supérieur à ce qu’indiquent les plus grandes têtes des cavernes.
Dans notre plus grand squelette de Lion les os du métatarse ont
L’indicateur, 0,110 sur 0,0 1 5.
Le médian, 0,124 sur 0,017 ‘Z2-
L’annulaire, 0,124 sur 0,017.
L’auriculaire, 108 sur 0,01 3.
Et la tête, o,32o de longueur basilaire.
Dans notre grand squelette de Tigre, je trouve :
L’indicateur o, 1 1 7 — 0,0 1 7 .
Le médian, 0,1 32 — 0,019.
(1) La figure 0,034.
PALÉONTOLOGIE
L’annulaire, 0,127 — 0,017.
L’auriculaire, 0,107 ll2 5 à l’art, cub. , 0,012.
La tête ayanto,3io.
La mandibule, o,2 5o.
Les paléontologistes n’ont rapporté à cette espèce qu’un fort petit nombre de pièces, dont la plupart sont des dents, trouvées en Angleterre.
Une dent canine de la caverne de Kirkdale, figurée par M. Buckland, Reliquiœ Diluvianœ , tab.Yl, fig. 5, sur laquelle M. Cuvier avait même des doutes comme d’un grand Felis ; mais que Schmerling releva avec raison. C’est bien en effet une dent de F. Spelœa, et même de femelle ; ce qu’il est aisé de voir par sa gracilité ; seulement elle est assez petite, puisque, d’après la figure , elle n’aurait queo,io5 millim. de long, sur 0,02 3 à la base de sa partie émaillée.
Mais le plus beau morceau de Felis spelœa , jusqu’ici recueilli en Angleterre, est la mâchoire supérieure gauche portant presque toutes ses dents, qui a été figurée par le révérend Mac-Enry, PI. C., f. 1 , de sa description de la caverne de Kent, près de Torquey. Il indique un animal de la plus forte taille ; la carnassière ayant o,o44*
Quant aux fragments recueillis dans le midi de l’Europe, soit en Italie, soit en France, on n’a non plus fait ressortir que des différences dans la taille, ce qui ne suffirait pas pour être spécifiques.
2 9 F. Léo.
Quoique cette espèce, avant que M. Goldfuss eût distingué le grand Felis dont on trouve des restes fossiles dans les cavernes d’Allemagne, ait été souvent considérée comme ayant laissé des traces dans les couches de la terre, ce n’est réellement, d’abord dans les ossements fossiles des cavernes des environs de Liège , par M. Schmerling, et ensuite dans les recherches sur les ossements humatiles de la caverne de Lunel-Viel , par MM. Marcel de Serres, Dubreuil et Jean-Jean, quelle a été nettement
G. Feus. „ „
D’Anglelerrc.
De l'Europe méridionale.
En Allemagne.
En Belgique.
Dans la France méridionale.
Caractérisé
par la Taille.
proposée ; elle lie repose cependant encore, d’après les auteurs cités, que sur un assez petit nombre de fragments figurés par eux.
Chez Schmerling :
Que sur quelques vertèbres , un bassin assez complet qu’il représente (XIX, 2). La cavité cotyloïde mesure o,o5i, et la longueur totale 0,295.
Un avant-bras bien complet, pl. 19, dont le radius a 0,290, 0,042 en haut, 0,062 en bas.
Chez M. Marcel de Serres :
1 9 Du système dentaire.
Cinq incisives supérieures dont uneseule est figurée (VII, 4"5), et aurait 0,012 depaisseur à la base.
Une canine supérieure, (VH, 5), longue de 0,088 , sur 0,027 de diamètre à la base.
Une dent carnassière inférieure, de lait, du côté droit (Vil, 9-10).
Un fragment antérieur de mandibule gauche, contenant la première molaire adulte (VII, 6), de 0,018.
Une mandibule droite de jeune âge (VlI-7).
Un autre fragment du même individu de même âge , du côté gauche (VH, 8).
20 Dans le squelette. «
Un sacrum entier, p. 1 12, pl. 8, f. i5.
Un tiers supérieur de cubitus sans olécrâne.
Une moitié supérieure de fémur, p. 112, pl. 8, f. i5, sans grand trochanter.
Schmerling en rapportant les fragments ci-dessus au Lion et non au F. spelœa , ne le fait que par la considération d’une moindre taille. Il trouve cependant que les deux os de l’avant-bras sont un peu plus longs proportionnellement que dans le Lion , ce qui indique sans doute un individu femelle.
C’est à peu près la même raison qui a conduit MM. de Serres, Dubreuil et Jean -Jean à distinguer un F. Léo du F. spelœa, et le plus souvent cest sur des fragments d’animaux non adultes, et par conséquent peu compa-
PALÉONTOLOGIE
râbles. Ils sont cependant plus affirmatifs que Schmerling , quoique, par exemple, la première dent molaire inférieure qu’ils rapportent à cette espèce, et qui a 0,0 1 8, soit comme dans le F. spelœa, et que la canine indique encore un individu femelle. Ainsi, en admettant que le F. spelœa forme conclusion, une espèce distincte du F. Léo , ce qui paraît extrêmement probable d’après ce que nous en avons dit plus haut, on ne peut assurer que celui-ci ait réellement existé dans nos contrées d’après les éléments employés par les auteurs cités. Du moins, je n’en connais aucun qui puisse servir à mettre la chose complètement hors de doute. Toutefois nous verrons qu’on a encore trouvé quelques fragments des grands Felis que l’on pourrait rapporter au F. Léo si l’on s’en tenait seulement à la grandeur.
3° F. Tigris.
On peut, à l’occasion de cette espèce, faire la même observation que En Allemagne pour la précédente; en effet, les auteurs anciens ont quelquefois énuméré le Tigre comme ayant autrefois habité nos pays , en s’appuyant sur les ossements trouvés dans les cavernes d’Allemagne ; et bien plus, M. G. Cuvier lui-même, en 1825, emploie encore à la fois le nom de Lion ou de Tigre pour désigner le grand animal du G. Felis dont les ossements se trouvent enfouis avec ceux de l’Ours dans les cavernes. Toutefois les auteurs de catalogues paléontologiques ne me semblent pas y avoir jamais introduit cette espèce d’une manière positive.
4° F. cristata.
(Falconer et Cauteley, Asiatic Researches , XIX , partie T, p. 8).
Il me semble cependant assez probable qu’il faut rapporter au véritable Tigre le carnassier fossile que MM. Falconer et Cauteley ont indiqué sous le Daprès nom de F. cristata , en 1 836, dans les Asiatic Researches , vol. XIX, par- un Grâne
ir« «7 (te l'Inde.
tiel", p. 1 35, d’après un crâne presque entier trouvé dans une roche fort dure tertiaire des monts Sivaliens, et qu’ils ont figuré loc. cit., tabl. XXI.
caractérisé. Ces messieurs, en le comparant avec un crâne de Tigre, dont, suivant eux, il se rapproche plus que de toute autre espèce, l’en distinguent par une grande brièveté du museau , la grande élévation de la crête sagit laie, la hauteur de l’occiput, la grande arqûre de l’arcade zygomatique , caractères qu’ils reconnaissent pourtant dans le Tigre, mais avec des dimensions beaucoup moindres, qui leur paraissent indiquer une taille intermédiaire au Tigre et au Jaguar. Ils donnent en effet à la tête de leur F. cristata une longueur totale de 10,9 pouces anglais et de i3,i à un Tigre bien adulte; ce qui ne porte la différence qu’à 2,1 pouces ou seulement un septième.
comparé. «Ie ne connais le F. cristata de MM. Falconer et Cauteley que d’après la figure fort incorrecte, il est vrai, et la description beaucoup plus complète qu’ils en ont donnée : mais s’il n’y a de différences entre la tête fossile et celle du Tigre que dans les dimensions, nous en avons remarqué de bien plus grandes entre les deux crânes, les plus dissemblables, sous ce rapport, de nos collections; en effet, le plus grand a 0,2 85, et le plus petit, 0,235, ce qui fait une différence de o,o5o, ou d’un sixième au moins , tandis qu’entre le Tigre et le fossile la différence n’étant que de 2,1, est d’un septième seulement, conclusion. On Peut donc admettre, au moins provisoirement, que le crâne fossile décrit par MM. Falconer et Cauteley sous le nom de F. cristata, doit être rapporté à un assez petit individu du Tigre commun.
5° F. Aphanisla.
(Kaup, Karstens Archiv. V, i832, lab. 1", fig. 3-5; Ossements fossiles du grand-duché de Darmstadt, part. IIe, liv. II, p. 18, PI. II, fig. 10 et 16)
DEppeisheim. Cette espèce provient d’un tout autre lieu que les précédentes; en effet les fragments sur lesquels elle repose ont été trouvés dans les sables d’Eppelsheim, considérés comme partie d’un terrain tertiaire moyen, et
PALEONTOLOGIE.
dans lesquels ont été découverts un grand nombre d’autres ossements d’un haut intérêt.
C’est M. Kaup, docteur en philosophie, qui l’a proposée d’abord dans les archives de Karsten, pour 1 832, puis dans l’ouvrage cité plus haut , et cela d’après deux petits fragments de mâchoire inférieure trouvés sans doute isolément, l’un portant une première dent molaire implantée de 0,021 de longueur, et une seconde de 0,027 (0» presque libre et seulement appliquée au bord postérieur de la première, et l’autre fragment ne consistant guère qu’en une troisième dent molaire du même côté que les précédentes, et de o,o3o.
En les comparant avec leurs analogues chez le F. spelœa , M. Kaup trouvait d’abord quelles indiquent un Felis de la taille de cette espèce et bien plus grand que le F. Léo ; il remarquait en outre quelles different de forme et de proportions entre elles. Ainsi , l’antérieure , bien plus grande que son analogue dans le F. Léo, et bien plus longue que dans le F. spelœa , aurait son lobe moyen plus étroit et plus élevé que dans celui-ci , les talons ou lobes antérieur et postérieur bien plus détachés , et ce dernier entouré d’un bourrelet. 11 en serait à peu près de même de la seconde de même dimension que dans le F. spelœa , mais avec le lobe moyen plus détaché, plus séparé des deux autres, et un bourrelet bordant le postérieur. Quant à la troisième, elle serait encore bien plus grande que dans le F. Léo et de même taille que dans le F. spelœa; mais elle se distinguerait de celle de ce dernier parce quelle serait pourvue, au-dessus de son rebord basilaire, d’un petit lobe entièrement isolé par une incisure bien distincte.
Pour la grandeur de chacune de ces dents prise à part, elle est certainement supérieure à ce que nous avons pu observer sur quatorze crânes de Tigre et même sur dix de Lion; en effet, la première n a jamais dépassé 0,018, la seconde, 0,026, et la troisième 0,027, ce qui donne environ o,oo3 en plus dans le F. Aphanista. Dans le F. spelœa on trouve
l’ar M. Kaup.
D’après deux Dents Molaires
Décrites
Chacune comparée dans leur grandeur.
(1) La figure ne donne que 0,024.
en effet quelque chose de plus approché, 0,0 1 9 — o,o3 1 — o,o33 , d’après Schmerling, et sur la même mandibule, au lieu de 2 1 — 27 — 3o.
Pour la proportion de ces trois dents , nous ferons d’abord l’observation qu’elles ne sont peut-être pas du même individu , et ensuite que les limites de variations entre les dents des Felis de la même espèce sont bien moins restreintes que ne le pensait M. Kaup , comme on a pu le voir dans le tableau que nous en avons donné.
Enfin, quant à la forme de chacune de ces dents, un peu plus prononcée dans la distinction des lobules et du bourrelet de la couronne , je ne vois rien qui puisse être considéré comme assez spécifique, que la séparation plus tranchée du lobe isolé au-dessus de la saillie du bourrelet ; mais cela ne tient-il pas à quelque particularité de l’usure que cette dent a éprouvée, de l’aveu de M. Kaup lui-même? ou plutôt n’est-ce pas que cette dent a appartenu à un Tigre, et par conséquent au F. spelœa, qui, suivant moi, doit être considéré comme tel. En effet, on observe dans le Tigre vivant, au bord postérieur de la dent molaire inférieure, la particularité signalée par M. Kaup dans son F. Aphanista.
D’ailleurs , dans des questions aussi difficiles que la distinction des espè ces, peut-on rien appuyer d’un peu solide sur l’examen d’un seul fragment , et qui n’appartient même pas à une partie rigoureusement caractéristique? et cependant le paléontologiste cité prononce que le F. Apha nista était de la grosseur d’un Lion, mais avec une autre dentition.
6° F. prisca.
(Kaup, Ossements fossiles de Mam. du Mus. de Darmstadt , Iiv. II , p. 20, PI. IIe, fig. 2.)
Cette espèce est encore établie par M. Kaup dans l’ouvrage cité, mais elle ne repose que sur la considération d’une troisième dent molaire supérieure du côté droit qu’il avait rapportée d’abord à son F. Aphanista , dans les archives de Karsten pour 1 832. Cette dent, qui est de la grandeur de son analogue dans un Lion, lui a paru trop petite pour pouvoir avoir
PALÉONTOLOGIE
appartenu non-seulement au même individu, mais encore à la même espèce que la dent carnassière rapportée au F élis Aphanista . De plus, il trouve dans cette dent quelques particularités qui la distinguent, suivant lui, de son analogue dans le F. Léo et dans le F élis spelcea , par exemple l’incision qui sépare le lobe du bord d’émail et qui n’existe dans aucune Décrite, de ces deux espèces; le lobe antérieur plus petit et plus allongé ; le lobe moyen un peu moins long que le postérieur et plus étroit que dans toutes les deux, et enfin le tubercule vis-à-vis le lobe antérieur plus marqué que dans le Lion.
Sur le premier poin t, que cette dent n’a pu appartenir au F. Aphanista , comparée à cause de la disproportion avec la carnassière inférieure de celui-ci, il P°Ur la Tai"e' suffit de faire observer que leur proportion, d’après M. Kaup lui-même, est dans le rapport de o,o34ào,o3o, et que, si dans un Lion bien adulte, où la carnassière supérieure a o,o34, on ne trouve pas plus de 0,025 1/2 pour l’inférieure , on voit le F. spelœa où l’on observe ces deux nombres; seulement ce n’est peut-être pas sur le même individu; mais ce n’est pas une raison pour que ce ne soit pas dans la même espèce , car nous avons montré, dans notre tableau du système dentaire des espèces vivantes , que l’étendue des variations dans une même espèce est plus grande qu’on ne pense généralement.
Les limites de variations de cette dent mesurée dans tous les exemplaires qu’on possède aujourd’hui, sont de 3g à 45 millim.
Quant aux légères différences de forme étudiées sur une dent mutilée La Fürmeet servant seule de comparaison avec un petit nombre d’éléments, nous Condus,onn’avons pas besoin d’insister pour montrer combien elles méritent peu d’être prises en considération dans des questions d’espèces.
70 F. Leopardus.
(Rich. Owen, Ann. of liât. Hist. , IV, p. 1 86, 1 840. — Marcel de Serres, Dubreuil et Jean-Jean , Ossem. fossiles de la caverne de Lunel- Viel, PI. IX.)
Établie en France sur des Os.
des Dents.
De Grandeur et de proportion
semblables à la Panthère.
En Angleterre,
Cette espèce a été signalée comme fossile pour la première fois, en 1839, par MM. Marcel de Serres, Dubreuil et Jean-Jean, dans leurs Recherches sur les ossements fossiles de la caverne de Lunel-Yiel , p. 112, d’après un certain nombre d’ossements et de dents trouvés dans cette caverne.
Les fragments d’os consistent en un morceau de mandibule droite adulte portant les trois molaires (PI. IX, 1).
Un morceau de mâchoire supérieure (IX, 2.)
Les deux tiers postérieurs d’une mandibule de jeune âge (IX, 3).
Le tiers antérieur d’une autre mandibule du côté gauche (IX, 4)-
Une vertèbre cervicale (IX, 5).
Une côte droite non figurée, ni décrite.
Deux fragments de tibia du côté gauche.
Quant aux dents, ce sont :
1 ° Les trois molaires bien complètes et en place du côté droit, ayant de largeur, la première 0,01 5, la seconde 0,018, et la troisième ou carnassière 0,020.
20 Une autre troisième molaire du même côté et portant 0,02 1 .
3° Les deux molaires de lait d’en bas; la première ou carnassière et la seconde ou tuberculeuse, avec la pointe de la canine de remplacement très-enfoncée au devant de l’alvéole de celle de lait.
Nous ne connaissons ces fragments que d’après les figures données sans descriptions dans l’ouvrage cité avec l’assertion répétée à chaque pièce d’une similitude parfaite avec sa correspondance sur un squelette de F. Leopardus servant de comparaison. Le fait est que la grandeur et la proportion des trois dents molaires en place se retrouvent dans plusieurs de nos grandes Panthères de l’Inde ou du Cap.
Mais pourquoi cette espèce fossile n’est-elle pas rapportée au F. anh qua de M. G. Cuvier? ou pourquoi cette dernière espèce n’est-elle pas regardée comme une Panthère ou un F. Leopardus ? c’est ce qu’il est impossible de dire.
Je trouve aussi rapportée au F élis Leopardus une troisième dent
PALÉONTOLOGIE. 12
molaire d’en bas dans le Crag de Suffolk à New-Bourne, par M. Charles Lyell, et que M. R. Owen dit {Ann. of nat. Hist., IV, p. 1 86. 1 84o) être sur une Dent si exactement semblable de grandeur et de forme à sa correspondante Mo,airedans un Léopard {F. Leopardus), qu’il est impossible de nier son identité spécifique; mais, ajoute-t-il, ce n’est pas une raison pour assurer quelle provient d’une espèce actuellement vivante ; d’après la figure de grandeur naturelle, cette dentn aurait que 0,01 8 de long, ce qui indique une Panthère de taille médiocre.
Ce que cette dent offre de plus remarquable, c’est qu’elle a été trouvée Dans le Crag avec des dents de Squales dont elle avait l’aspect uni et poli et avec les aveC(ksDents
....... r de Squales.
coquilles ordinaires du Crag , et que M. Owen a encore reconnu parmi les fossiles recueillis à New-Bourne, des dents d’Ours, de Sanglier et d’un grand ruminant.
7° F. Antiqua.
Proposée par M. G. Cuvier dans la seconde édition de ses Recherches Eiabiie par sur les ossements fossiles de Quadrupèdes, en 1825, pour quelques dents M' G Cuvier‘ qu’il avait déjà indiquées dans la première , celte espèce a été successivement acceptée, quoiqu’elle ne reposât que sur la taille, d’abord par M. le prof. Nesti, de Florence, dans sa 3' lettre à M. Savi, en 1826, ensuite, et d’une manière peu assurée, par MM. Croizet et Jobert dans leurs Recherches sur les Ossements fossiles d’Auvergne, et enfin par M. Schmer- Jing dans son Histoire des cavernes de la province de Liège.
Pour M. Cuvier, cette espèce ne reposait que sur deux fragments pro- sur des Dents venant de Gaylenreuth , 1 un consistant en une extrémité postérieure Ga°ienreuth de mandibule droite portant sa dernière molaire figurée t. IV, Pl. 36, fig. 5, réduite au tiers de la grandeur naturelle; l’autre, qui n’était qu une seconde molaire supérieure encore contenue dans sa gangue Ibid. , fig. 4, et enfin il rappelait deux autres dents molaires supérieures trouvées dans les brèches de Nice , figurées PJ. XVJ, fig. 12. Mais ce n’est a Nice, réellement que sur la différence de taille comparativement à celle du
F.Spelœa et égale à celle d’une petite Panthère, que cette espèce est établie, sans autre comparaison avec cette dernière.
Nous possédons ces trois dents :
La première supérieure a 0,007.
La seconde supérieure 0,016 1/2.
La troisième inférieure, 0,01 8.
Ce qui indique en effet une Panthère médiocre , comme on peut le voir dans notre tableau du système dentaire chez les Panthères vivantes.
Admise En 1 826, M. le professeur Nesti, dans sa troisième lettre sur les fossipour une Têt *es du va^ d’Arno, adressée à M. le professeur Paolo Savi, ne poutrouvéedans yant non plus rapporter au F. Spelœa de Goldfuss une moitié de d a™o. jg Felis trouvée dans le diluvium du val d’Arno auprès de Florence, crut que ce pourrait être le F. Antiqua de M. Cuvier; mais les dimensions étaient évidemment trop fortes, puisque , dans le fossile du val d’Arno, la troisième dent molaire supérieure est d’au moins o,o36, c’est-à-dire comme dans un assez fort Lion , ce qui fait supposer que la carnassière inférieure devait avoir au moins 0,026 ou 0,027, et Par con“ séquent être bien plus forte que dans le F. Antiqua.
Décrite. Cependant, comme nous avons pu examiner cette pièce dans le muséum du Grand-Duc , à Florence , et même en tirer un trait que nous copions PI. XVI , nous croyons devoir en donner une courte description : elle consiste en une grande partie postérieure de la tète et des mâchoires qui sont même en connexion serrée, empâtée dans une argile endurcie avec d’autres ossements, et entre autres avec un doigt d'une assez grande Du côté droit, espèce de Cerf. On ne peut guère juger du côté droit, le plus complet, que le condyle occipital , la crête de ce nom assez bien conservée et fort épaisse , l’apophyse mastoïdienne du temporal qui l’est encore davantage ; l’arcade zygomatique large , assez courte , et surtout très-arquée dans les deux sens , mais peut-être un peu déformée par la pression ; les deux tiers postérieurs de la mandibule dont l’apophyse angulaire est large , épaisse , et la partie antérieure qui semble assez subitement ré-
PALÉONTOLOGIE 123
trécie, peut-être par quelque altération ; enfin les deux arrière-molaires supérieures, toutes deux de la grandeur, et même assez bien de la forme de celles d’un Lion de taille médiocre , ainsi que les trois molaires d en bas ; mais celles-ci , et surtout les deux antérieures , sont d’une grandeur proportionnelle notablement moindre ; la première , la seule qu’on puisse aisément mesurer, n’ayant guère que 0,010 de large, sur environ 0,007 de haut ; en sorte que si les formes et la grandeur de la tête rappellent davantage le Lion que le Tigre et le Jaguar, la proportion des dents semble indiquer quelque chose d’assez particulier.
L’autre côté offre aussi une moitié postérieure de mandibule articulée avec la partie inférieure des deux tiers postérieurs de la tête, depuis le trou orbitaire jusqu’à la fin du condyle occipital. Ce fragment porte encore une dent carnassière supérieure, grande au moins comme dans un Lion , dont la longueur basilaire serait de o,o35 plus grande. L’arcade zygomatique paraît aussi avoir été détruite. La crête occipitale forte , mais assez peu projetée en arrière , comme dans le côté précédent , est un peu comme dans le Lion; mais ici on voit, par son contour presque entier, que l’orbite était assez petit, et que le trou sous-orbitaire était au plus médiocre; la mâchoire inférieure semble plus étroite avec son apophyse angulaire plus détachée en crochet , et ne contient malheureusement pas de dents; mais à la supérieure, outre la première avantmolaire bien complète , comme de l’autre côté , on peut juger par le peu d étendue de ses alvéoles , que la principale ou seconde molaire était aussi proportionnellement assez petite, comme à la mâchoire inférieure.
Ainsi , il est à peu près certain que dans cette espèce la proportion des dents entre elles était véritablement spécifique.
Je Je supposerais d’autant plus volontiers, que j’ai observé, dans la même collection , un fragment de mandibule du côté droit , portant la dernière molaire , et que cette dent est sensiblement plus petite que dans le Lion.
Du
Côté gauche.
Conclusion.
Appuyée sur l'examen d’un premier fragment.
D un autre
D'une Dent Molaire.
D'un Os métacarpien.
De plusieurs Phalanges.
J’ai aussi une observation assez analogue à faire au sujet d’un autre fragment un peu plus considérable de mandibule du côté gauche, portant également la dernière molaire, quoique celle-ci soit un peu plus grande. Mais je dois dire que cette pièce ne m’est connue que d’après un modèle en plâtre étiqueté : fragment de mâchoire inférieure d’Hyène du Val d’Arno supérieur, donné par Targioni. C’est peut-être une des portions que M. Cuvier s’est borné à citer dans ses Additions , IV, p. 5o8 ; mais d’après la forme de la dent , c’est évidemment une espèce de Felis. Ce fragment de mandibule paraît offrir quelque chose de semblable au F. Arvertiensis de M. Croizet, d’abord dans son arqure en dedans, et peut-être même dans la proportion des dents; ce que je ne veux pas assurer cependant , d’après un modèle en plâtre assez mal exécuté.
Je dois ajouter que M. le professeur Nesti , dans sa lettre citée p. 1 1 et 1 2 , rapporte aussi à la tête dont nous venons de parler, et qu’il a le premier décrite dès 1820, une seconde dent molaire supérieure isolée, de la grandeur de la pénultième dans l’Hyène , mais avec la forme de celle du Tigre. Je ne me rappelle pas l’avoir vue dans la collection de Florence ; mais il n en est pas de même de l’os métacarpien dont le même géologue parle , p. 12 de la même lettre , et qu’il rapporte également à son F. Antiqua. Cet os, qui est un métacarpien du doigt médian de la main gauche, a o, 109 de long sur 0,016 de diamètre, dimensions qui sont assez bien celles d’un Lion , et par conséquent bien fortes pour la tête décrite plus haut(i).
On pourrait , avec plus de probabilité , rapporter à cette assez grande espèce de Felis du Val d’Arno, des phalanges que j’ai pu également décrire et figurer dans le muséum de Florence : une première, de 0,040 long sur 0,009 de large , et cinq ou six secondes assez remarquables par leur épaisseur proportionnellement avec leur longueur. La plus grande a o,o3i sur 0,009, et la plus petite 0,024 sur 0,007 ; une autre,
(1) Sur un pied de Lion de taille assez grande , nous avons trouvé pour le même os 0, 1 Ï0 r 0,014.
probablement du pied de derrière, est un peu plus grêle, puisque sur o,o33 de long elle n’a que 0,007 de large. Je ne serais pas même étonné qu’on pût aussi considérer comme provenant de la même espèce de Felis, un fragment de cubitus que je n’ai pas fait figurer, parce qu’il est trop incomplet , mais qui m’a paru remarquable par sa grande compression. 11 diminue cependant un peu moins rapidement de largeur que dans les Felis vivants.
MM. Croizet et Jobert , après avoir hésité dans le corps du chapitre qu’ils ont consacré aux Felis fossiles , ont fini dans leur résumé , p. 2 1 4 , par attribuer à cette espèce les dents et les ossements suivants :
Une dent incisive supérieure externe tronquée (Ours et Chats, II, 3-4), qui est évidemment trop forte pour une Panthère. Elle a , en effet , d’épaisseur d’avant en arrière à sa base 0,009.
Une grande partie inférieure d’humérus ( Ibid. , f. 7 ).
Une moitié supérieure de cubitus {Ibid. , f . 8).
Un os métacarpien ( Chats, II , 7 ).
Un os métatarsien (VI, 4)-
La plupart de ces ossements sont assez bien de taille et de proportion semblables à leurs analogues dans une Panthère , et je ne vois pas sur quels caractères on les en distinguerait ; mais il n’en est pas de même du dernier ; il est beaucoup trop grand pour cela , et il doit sans doute être rapporté à la grande espèce indiquée plus haut; et, en effet, il a o, 1 2 3 de long sur 0,0 1 7 à peine de large , ce qui est comme dans l’un de ceux figurés par M. Cuvier, de son F. Spelœa, et comme dans notre grand squelette de Lion.
M. Schmerling a aussi cru devoir rapporter au F. Antiqua , les dents et ossements suivants trouvés dans les cavernes de Liège :
Une troisième molaire supérieure du côté droit (XVIII, 7), à laquelle il donne 0,024 de longueur.
Une canine inférieure gauche {Ibid., 8) de 0,069 > ma^s (IU^ est évidemment tronquée.
Un grand morceau de mandibule droite (XVIII, 9) ayant 0,095 du
En Auvergne par MM. Croi zet et Jobert.
Dans
les environs de Liège, parM Schmerling.
bord antérieur de la canine au bord postérieur de la dernière molaire , et portant deux molaires , la première de 0,0 1 o , et la troisième de 0,020 , ce qui cadre assez bien avec ce qui existe dans une Panthère d’assez forte taille.
Et parmi les ossements proprement dits :
Une radius parfaitement conservé de la caverne d’Engihoul , portant o,i 80 de longueur totale et figuré PL XVIII , 18.
Une partie supérieure de cubitus ( XVIII ,17).
Un scaphoïde (Ibid., f. 19).
Un pisiforme (Ibid. , f. 20).
Deux phalanges, une première et une seconde (f. 21 et 22).
Pièces dont aucune ne me semble pouvoir être distinguée de leurs analogues dans une grande Panthère. M. Schmerling rapproche son F. antiqua du F. concolor ou du Cougouar d’Amérique.
8° F. Arvernensis.
d Auvergne. (Croizet et Jobert, Fossiles de Puy-de-Dôme, t. I , p. 202 et 21 5.)
Le nom sous lequel MM. l’abbé Croizet et Jobert ont désigné cette espèce, indique que les fragments sus lesquels elle repose, ont été trouvés avec ceux rapportés à la précédente dans le diluvium sabloneux volcanique si abondant en certaines parties de l’Auvergne.
Les fragments qu’ils lui rapportent sont :
Fragments sur Un morceau considérable de mandibule du côté droit , portant la 'es* établie'6 plus grande partie de ses dents bien entières, représentée, pi. V, fig. 3 , de grandeur naturelle et à laquelle ils ont rattaché, sans raisons bien évidentes.
Une extrémité articulaire d’omoplate du côté droit (II, 1-2);
Une moitié inférieure d’humérus du même côté (I. f. 3 ).
Une tête supérieure de radius (VI, 7) ;
Qu’ils regardent comme ayant appartenu à un Felis de la taille d’un Jaguar mâle (F. Onça L.).
PALÉONTOLOGIE
Les caractères différentiels qu’ils attribuent à leur F. Arvernensis Caractérisée, sont detre plus petit que le F. spelœa de Goldfuss, dont la taille était supérieure à celle du Lion , d’avoir la totalité de la ligne dentaire beaucoup moindre que dans le F. antiqua de M. Cuvier , c’est-à-dire de o,o58 seulement, tandis quelle est de 0,080 dans celui-ci, du moins suivant eux , car M. Cuvier n’a donné , ce me semble , nulle part cette mesure.
La long, occupée par les 3 molaires est :
Dans le Lion , 0,662 à 0,067
Dans le Tigre, 0,062 à 0,067
Dans la Panthère, 0,042.
Dans le Jaguar, 0,049.
Quoi qu’il en soit , nous avons vu ces différentes pièces.
La mandibule complète dans sa branche horisontale offre , pour di- Examinée dans mensions des trois molaires bien complètes qui la garnissent, 0,0 1 7 pour *a Mandlbule’ la première, 0,020 pour la seconde et 0,024 pour la troisième, grandeur et proportions que je ne trouve dans aucune de nos panthères Les Dents, récentes dont nous possédons le crâne , non plus que dans aucun de nos Jaguars, ce qui me semble, pour la grandeur, se rapprocher davantage d’un petit Lion, mais pour les proportions être assez particulier, à cause de moins de disproportion entre les deux premières dents. En effet , dans les dix ou douze têtes de Lion que j’ai pu examiner sous ce rapport, le minimum de différence entre ces deux dents est de 0,007 et elle monte quelquefois à 0,010 et même à 0,01 1 , au lieu de o,oo3 seulement dans la mandibule fossile. Il faut en outre remarquer que le bord inférieur de la mandibule a ses mouvements à peu près , quoiqu’un peu moins prononcés , comme dans le F. spelœa , et , par conséquent , un peu comme dans le F. Onça.
Nous ne possédons pas le fragment d’omoplate cité , mais , d’après la figure , il y a peu de chose à en tirer , si ce n’est que l’animal était de la taille d’un Lion.
Le morceau d’humérus que nous possédons indique , au contraire, un L'HUmérus.
Le Radius.
Conclusions.
Indiqué avec doute, par M. G. Cuvier.
l’ar MM. Croizet et Jobert.
Assurée par M. Lund sur des frag ments insuffisants,
animal plus petit que cet animal. Il me paraît avoir les dimensions de son analogue dans une grande panthère, seulement plus fort, plus robuste dans ses diamètres.
Le fragment de radius réduit à la tête supérieure est beaucoup trop frustre pour qu’on puisse s’en servir pour une apréciation quelconque ; seulement, en mesurant l’épaisseur du col, la seule partie en état de letre, on trouve 0,002 de plus que dans une panthère médiocre.
Ainsi , comme résultat , si la mandibule indique une espèce nouvelle de la taille d’un petit Lion, le rapprochement des autres fragments n’offre rien de bien plausible; et le nom de Jaguar devait être prononcé moins que celui d’une autre espèce,
90 F. Onça.
Nous venons de voir que le nom de Jaguar (F. Onça, L.) avait été déjà prononçé quelquefois à l’occasion d’ossemens fossiles de Felis trouvés en Europe , d’abord par M. G. Cuvier, qui , dans son premier travail sur les fossiles de ce genre, avait dit que, s’il y avait quelque rapprochement à faire entre le Felis des cavernes et quelque espèce vivante , c’était avec le Jaguar d’Amérique , opinion qui depuis a été abandonnée , quoiqu’elle eût réellement quelque chose de vrai ; et ensuite par MM Croizet et Jobert qui ont aussi, mais plus timidement, et seulement pour la taille, rappelé le Jaguar au sujet de leur F. Atvernensis. Mais il n’en est pas de même pour le F. Onça. dont M. Lund indique des restes fossiles dans les cavernes du Brésil; on conçoit très-bien que cela soit, cette espèce existant à l’état vivant dans ce pays; malheureusement l’assertion de M. Lund ne repose que sur l’extrémité postérieure d’un métacarpien , figuré pl. XV11I , f. 4, b 5 sans qu’il en soit fait mention dans le texte , du moins à l’article de la famille des Feras , p. 92. Ce qu’on peut dire à ce sujet, c’est que c’est tout au plus si ces figures sont suffisantes pour assurer ce quelles représentent. L’une, f. 6 , me semble cependant être une épiphyse de métacarpien ou de métatarsien, et ses dimensions sont assez
bien celles de son analogue dans le Jaguar ; mais voilà tout ce qu’on en peut dire. Quant à l’autre fragment , f. 5 , c’est peut-être une extrémité postérieure d’un os du métacarpe ou du métatarse; mais cela est plus douteux.
M. Fréd. Moll., p. 32 de son Manuel des Pétrifications , en allemand, 1 83 1 , met bien aussi positivement le F. Onça spelœa au nombre des espèces de Felis, dont on a trouvé le crâne dans des cavernes; mais il ne dit pas où il a puisé ce renseignement.
ii ° F. Megantereon^
Bravard, Monographie de deux Felis , p. 8 et 1 4 1 > pb III, fig. 5*9,
Groizet et Jobert, Ossements fossiles du Puy-de-Dôme, p. 200, pl. I, f. 1, et VII, f. 3, 1828. Ursus cultridens Issiodorensis.
Cette espèce fort remarquable , établie par M. Bravard dans sa Monographie de deux Felis , et acceptée ensuite par MM. Croizet et Jobert, reposait d’abord sur une mandibule du côté droit, assez extraordinaire pour qu’on ait pu un moment douter de sa normalité, doute qui a augmenté à mesure qu’on a cru devoir lui rapporter un fragment de mâchoire supérieure , et surtout des dents, en forme de couteau, trouvées isolées , et dont M. Cuvier avait fait d’abord son Ursus cultridens , confondu ensuite avec l’Ours du val d’Arno, nommé par lui Ursus Etmscus. Aujourd’hui tous les doutes sont levés, les dents en couteau , rapportées à un ours par MM. Cuvier, Croizet et Jobert, ou dont on a fait un genre sous les noms de Machairodus , de Sténeodon, sont bien certainement des dents de Felis , de F. megantereon ou d’une espèce voisine , comme nous allons le montrer tout à l’heure.
Quant aux autres ossements qu’on a aussi rapportés à cette espèce , avec plus ou moins de raison , ce sont :
De la part de M. Bravard :
Une moitié inférieure d’humérus, à quoi il a ajouté dans son cata-
G. Felis. 17
provenant des Cavernes du Brésil.
Établie
par M. Bravard sur une Mandibule et des Dents canines,
et d’autres Ossements,
Par
M. Bravard.
logue manuscrit , janv. 1 842 , une tête presque complète , des fragments de mandibule, une vertèbre lombaire, et une partie inférieure d’omoplate droite.
De la part de MM. Croizet et Jobert :
Une vertèbre dorsale (pl. I, f. 2);
Un humérus bien complet (pl. II, f. 3, 4);
Un radius (pl. II, f. 5, 6) ;
Un cubitus (pl. I, f. 4» 5.
Nous avons eu l’avantage de pouvoir examiner la plupart de ces pièces dans la collection du Muséum, dont elles font aujourd’hui partie, et comme, dans notre dernier voyage en Italie, nous avons également pu étudier la tête presque entière de l’espèce d’Ours dont les débris se trouvent dans le val d’Arno , nous nous trouvons en état de démontrer que le F. megantereon et YUrsus cultridens sont de la même espèce ou du moins d’espèces fort voisines, et que YUrsus Etruscus est tout autre chose , c’est-à-dire un Ours véritable.
La Mandibule La mandibule ou mâchoire inférieure par laquelle nous commençons par eux6 l’1 examen de ces différents fragments, indique, suivant les auteurs cités , un animal de la taille du Cougouar, et qui différerait de toutes les autres espèces par les points suivants :
La distance de la dernière molaire à la canine , qui serait ici de cinq millimètres , et seulement de quatre dans les F. Issiodorensis et brevirostris , dont il sera parlé plus loin , et qui proviennent des mêmes lieux.
En elle-même. La branche montante , plus haute et plus épaisse.
La canine plus verticale , plus élevée au-dessus de la branche horisonlale , dont le prolongement alvéolaire l’enveloppe à une très-grande hauteur.
La barre ou l’espace vide entre la canine et la première molaire , presque double de ce quelle est dans les espèces citées.
La troisième incisive ou externe, beaucoup plus grande que dans les
PALÉONTOLOGIE. 131
autres espèces , et placée immédiatement contre le bord interne de la canine.
L’angle mentonnier extrêmement prolongé, se portant en bas en forme de crochet.
Le trou mentonnier étant , en suivant ce mouvement, beaucoup plus descendu que dans les autres espèces.
Le lobe antérieur de la troisième et dernière molaire est bien plus prononcé que de coutume, et suivant MM. Groizet et Jobert, à peu près comme dans une principale de lait des animaux de ce genre , ce qui leur fait supposer que les deux premières dents qui existent sur la mandibule fossile , pourraient bien aussi être de première dentition.
A quoi ces messieurs ajoutent, en regardant comme certain que les trois os longs cités plus haut ont appartenu à la même espèce que la mandibule sur laquelle elle est établie , et se fondant, il est vrai , sur ce que le gisement était le même , que dans cette espèce les os des membres augmentaient de longueur vers les extrémités , c’est-à-dire que l’humérus et le radius sont ici de même longueur , tandis que dans les espèces vivantes l’humérus est toujours plus petit que le second, ce qui n’est pas exactement vrai cependant ; aussi ont-ils proposé , en se fondant sur la forme singulière de la mandibule , de faire de cette espèce fossile , un genre distinct sous le nom de Megantereon.
Nous avons eu l’avantage de pouvoir comparer dans la collection du muséum toutes les pièces sur lesquelles repose l’établissement de cette espèce, et, par conséquent, de voir jusqu’à quel point elle est distincte et susceptible d’être séparée génériquement des autres Félis.
La mandibule, pièce principale et par laquelle nous devons naturellement commencer , puisque c’est elle qui est le fondement du F. megantereon , indique un animal de la taille d’une petite Panthère ; mais elle est surtout fort remarquable par sa forme si singulière qu’au premier aspect on pourrait la regarder comme monstrueuse. En effet, la branche horizontale , la seule existante dans le fragment, est d’abord un peu renflée et , par conséquent , convexe sous la dent carnassière , aussi bien un peu
Dans ses Dents.
Les Os longs.
Examinée par nous.
La Mandibule décrite
en elle-même.
Branche
horizontale.
Symphyse et Apophyse Géni.
Dans ses Dents.
Molaires.
Canine
Incisives.
La Mâchoire supérieure.
en dehors qu’à son bord inférieur; mais au delà le supérieur et la face externe rentrent en dedans, et l’inférieur s’est relevé , puis s’est éloigné en formant une apophyse géni dilatée en une sorte de crochet très-prononcé en dessous ; et comme le bord supérieur, à peu près droit dans presque toute son étendue, arrivé vers l’extrémité antérieure, s’est relevé fortement en haut en soulevant les canines et les incisives , il en résulte un menton fort singulier en paroi verticale élargie, d’une hauteur presque égale à la longueur de la branche horizontale de la mandibule. C’est cette particularité qui a valu à cette espèce le nom bien mérité de Félis à grand menton, F. megantereon que lui a donné M. Bravard.
De cette disposition , qui augmente un peu très-probablement avec l age , il résulte que le trou mentonnier a dû être plus considérable, et surtout s’est trouvé percé plus bas que dans des autres Felis. Quant aux dents , les trois molaires sont tout à fait normales et complètement adultes. Leur proportion est o, oi i, o, 017, o, 01 8, proportion fort normale, et qu’011 trouve dans plusieurs individus de Panthère, et leur forme n’offre réellement rien de particulier qui puisse faire admettre , avec M. Croizet et Jobert, que la dernière, pas plus que les deux autres , soient des dents de lait , qui sont bien différentes dans ce genre , et seulement au nombre de deux inférieurement. Quant aux dents de devant, leur position est au moins fort singulière , d’abord par l’étendue de la barre qui sépare la première molaire de la canine , mais surtout par la médiocrité de celle-ci, comprimée et tranchante au bord postérieur et qui semble presqu’une incisive, par l’élévation de son collet au-dessus de celui des molaires. Les incisives elles-mêmes ne nous sont pas connues , sauf la troisième , qui est médiocre et de forme assez ordinaire ; mais outre leur grande élévation elles étaient sans doute fort serrées , et par conséquent très-applaties transversalement.
M. Bravard, et par suite MM. Croizet et Jobert , ont rapporté à leur F. megantereon, un fragment de mâchoire supérieure , portant encore les deux molaires principales en place , et montrant l’alvéole de la
PALEONTOLOGIE.
canine; et nous possédons un fragment assez analogue dans la collection du Muséum.
Dans l’échantillon observé par M. Bravard, l’alvéole de la canine étant évidemment ovale, assez comprimée; il a été porté à penser qu’une dent canine cultriforme, dont nous parlerons plus tard, pouvait en avoir été détachée , et à l’y rétablir dans sa figure.
La barre qui sépare cette alvéole de la première molaire est si étroite, que l’on peut très-bien penser que la première avant-molaire manquait comme dans les Lynx : aussi ne voit-on aucune trace d’alvéole dans le fragment du Muséum.
Sur ce même fragment, la seconde molaire a o,oi5 de large, et la troisième o, o3o , proportions que je ne trouve dans aucune espèce vivante. En effet, si o,oi5 est assez bien la largeur de la seconde dent supérieure de la panthère, o,o3o est presque celle de la troisième d’un Lion. Du reste, ces deux dents ont asssez bien la forme ordinaire.
Ce fragment ne montre en outre rien autre chose que le trou sousorbitaire, qui est assez petit, du moins d’après la pièce figurée par M. Bravard. Je trouve cependant que MM. Croizet et Jobert disent en outre, qu’en arrière de la carnassière, il y a un reste d’alvéole qui indique la place de la quatrième molaire ou tuberculeuse, et qu’en avant, à 0,012 de la seconde molaire en place, il y a une trace de la première, ce qui serait , pour ce dernier point du moins , différent de ce qu’on peut voir dans la figure donnée par M. Bravard. Mais en examinant attentivement le fragment décrit et figuré par M. Croizet , j’ai pu confirmer les traces de l’alvéole postérieure, et même voir quelle était unique, assez petite, et de forme ovale transverse; mais pour l’antérieure, je n’en ai trouvé aucun indice; seulement en avant du fragment on voit une facette postérieure de l’alvéole de la canine , en sorte qu’il reste fort probable que ce F. megantereon était une espèce de Lynx.
Mais ce qui le distinguait plus particulièrement de toutes les espèces de Felis jusqu’ici connues, c’est que cet animal était pourvu, à la mâchoire supérieure, de canines remarquables, non-seulement par leur
Alvéole de la Canine.
Barre.
Seconde
Molaire.
Troisième.
Trou
sous-orbitaire.
Quatrième
Molaire.
Première.
Canines
falciformes.
grandeur, mais encore par leur forme très-comprimée, tranchante, en arrière surtout , et arquée régulièrement dans toute leur longueur, et principalement dans leur partie émaillée.
Trouvées Ces sortes de dents cultriformes ont été trouvées , isolées de la mâenHaiie choire à laquelle elles appartenaient, d’abord en Italie, par M. le pro¬
fesseur Nesti, et ensuite en Allemagne et en Angleterre. Cependant la première indication que j’en trouve me semble exister dans une addition que M. G. Cuvier fait à son article sur les Ours fossiles de Toscane ( Ossements Jossiles , V, IIe partie, p. 5i6), lorsqu’il dit qu’outre les trois petites molaires qui distinguent, suivant lui, l’Ours des couches meubles du val d’Arno , on vient de leur trouver un caractère plus marqué dans leurs canines comprimées, au point qu’un de leurs diamètres ne fait pas le tiers de l’autre. Il cite en preuve une portion d’une de ces en Toscane, dents, et le modèle d’une entière , du cabinet de Florence, envoyé par le grand-duc de Toscane, ou, ce qui était plus vrai, par le professeur Nesti, au Muséum de Paris; et il ajoute que parmi les dessins de fossiles en Allemagne. cabinet de Darmstadt, qui lui avaient été envoyés par M. Schleyer-
Rapportées . A
à tort par macber, est celui d’une canine comprimée qui lui parait ressembler de à un ours tous P°*nts à ce^e Toscane •' c’est ce qm Ie Porte même à changer le nom d'Ursus etruscus , qu’il avait donné à l’Ours fossile du val d’Arno, en celui d 'Ursus cultridens.
ainsique Toutefois, M. Cuvier ne donna ni description ni figure de ces dents, et les expressions mêmes qu’il emploie montrent que c’étaient les paléontologistes toscans qui avaient établi le rapport entre ces dents et par m. Nesti» \'JJrsus Etruscus. On en trouve la preuve dans un écrit de M. le professeur Nesti (Lettera terza del sign. prof essore Philip. Nesti dei cilcune ossa fossili nonperanco descritle al sign. prof . Paolo Savi. Pisa, 1826), qui nous apprend que cette dent, découverte dans le val d’Arno avec d’autres ossements, dont la plus grande partie provenait d’Hippopotames, de Bœufs ou de Cerfs , était parvenue au Muséum de Florence à la fin de et décrite par j 8 1 2. M. Nesti, du reste, après avoir rapporté le passage que nous venons de citer plus haut, donne une description fort exacte de cette dent,
p. 5 , et nous apprend que M. Cuvier, auquel cette dent avait été montrée par lui , lors de son passage à Florence l’année d’avant , avait été comme lui incertain sur l’animal auquel elle pouvait avoir appartenu. Cependant M. Nesti , faisant 1 observation que les seuls fragments d’animaux carnassiers, trouvés jusque alors dans le val cl’Arno, étaient d’Ours, fut conduit à penser que la canine pouvait avoir appartenu à un animal de cette espèce. Cette opinion lui parut confirmée par la découverte faite en 1 82 3 de la partie antérieure d’une tête d’Ours, dans laquelle il trouva que les deux canines supérieures, quoique tronquées, devaient avoir été comprimées. M. Nesti nous apprend même qu’il setait proposé de donner à cette espèce le nom de Trépanodon , qui signifie dent en faux.
Nous apprenons encore du professeur Nesti qu’avant la publication de son intéressante notice, une dent fort analogue, seulement un peu plus grande et proportionnellement un peu plus épaisse , avait été découverte en Angleterre , à Torquay, dans le Devonshire , comme il le savait, d’après un modèle en plâtre que M. Buckland avait bien voulu lui donner lors de son passage à Florence.
Ainsi cette singulière dent avait déjà été trouvée en Allemagne, en Angleterre et en Italie , lorsqu elle le fut également en Auvergne , dans ce riche diluvium volcanique si activement exploité par les observateurs de Clermont.
La première mention que j’ai trouvée est due à MM.Devèze de Chabrial et Bouillet qui , dans leur Essai sur la montagne de Boulade , p. 75, 1 827, se font la question si cette dent, qu’ils figurent, pl. XXVI, fig. 3, 4, 5, appartiendrait à YUrsus cultridens du comté de Dévon et du val d’Arno, ou bien à un animal pisciforrne, ou enfin à un Lion ou à un Tigre , ce qui leur paraît tirer quelque degré de vraisemblance de la découverte faite à Malbattu d’un fragment d’humérus d’un carnassier gigantesque du genre Chat.
Mais 1 opinion arrêtée que ces dents ont en effet appartenu à une ou plusieurs espèces de Felisest positivement due à M. Bravard qui l’a non-
comme (Tuneespèce qu’il nomme Trépanodon
En Angleterre.
Mentionnée pour la première fois par MM. Divèze et Bouillet.
Puis par M. Bravard ,
comme d’un Felis.
Opinion combaltue par MM. Croizet et Jobert.
puis M. Kaup,
qui en fait un genre distinct.
seulement admise dans son mémoire sur deux Felis d’Auvergne, publiés en 1828, mais qui l’a formulée dans la fig. 5 de sa pl. 111, où il a dessiné un fragment de mâchoire supérieure , portant une dent cultriforme en connexion avec la mandibule que nous venons de décrire. C’est son F. megantereon , donnant le nom de F. cultridens à l’animal dont provenaient les plus grandes dents.
Malgré cela, MM. Croizet et Jobert n’ont pas cru devoir admettre cette manière de voir, et dans leur ouvrage sur les ossements fossiles du Puy-de-Dôme, tout en adoptant le F. megantereon de M. Bravard, ils ont continué de regarder, p. 194 , les dents falciformes comme appartenant à YUrsus Elruscus devenu F. cultridens Issiodorensis. Il nous ont même dit, p. 216, en note, que M. Bravard, en plaçant (figure citée) dans le fragment de mâchoire de son F. megantereon , une de ces dents, il en était résulté une monstruosité. Ils ajoutent qu’ayant de très-bonnes raisons de croire que la mâchoire supérieure qui ligure dans une de ses planches n’existe pas telle qu’il l’a dessinée; ils se proposent, dans leur second volume, de se livrer à l’examen critique de cette partie du travail de M. Bravard. Mais c’est ce qu’ils n’ont pas fait : ce second volume n’ayant malheureusement pas été publié.
Enfin , le dernier paléontologiste qui ait parlé de ces dents, à ma connaissance du moins, est M. Kaup, dans ses ossements fossiles du cabinet de Darmstadt, p. 2 5, pl. I, où il a décrit et figuré la dent falciforme dont M. Çuvier avait dit un mot en passant, comme nous l’avons rapporté plus haut. MaisM. Kaup ne s’est pas borné à cela , persuadé, dit-il, p. 26, que ces dents n’ont appartenu ni à un Ours, ni à un Chat, ni même à un animal qui ait la moindre affinité avec ces deux genres, il propose d’en former un distinct sous le nom de Machairodus. Les raisons qui l’ont persuadé sont que ces dents n’ont ni les cannelures , ni les deux arrêtes saillantes internes qu’on remarque sur les canines des Felis, et qu’aucun animal , connu jusqu’ici , n’a la partie émaillée de ses canines proportionnellement aussi grande comparativement avec la racine , ni le bord concave des canines denticulé et enfin qu’aucun mammifère , le
PALÉONTOLOGIE
Lémur excepté , n’a des canines aussi comprimées , ce qui prouve que M. Kaup n’avait présent à la pensée ni les Moschus, ni même certaines espèces de Cerfs dont les mâles ont aussi la mâchoire supérieure armée de dents falciformes , tranchantes , exsertes , et non usées, parce quelles ne rencontrent aucune autre dent.
Nous devons encore faire mention que le Rev. Mac-Enry, dans sa description de la caverne de Kent , dans le Devonshire , a figuré deux de ces dents falciformes , et en outre une incisive externe supérieure , qui est également denticulée sur ses bords tranchants et qui a appartenu peut-être à la même espèce. Malheureusement nous n’avons pu nous procurer l’ouvrage de M. Mac-Enry, et nous ne possédons de ces dents qu’un calque des canines et qu’un moule en plâtre de l’incisive, qu’il a bien voulu nous donner, lors de son passage à Paris, il y a quelques années.
Ces dents falciformes, trouvées jusqu’ici constamment isolées et dans des localités et des terrains de nature différente ont pour caractère commun d’être en général fort comprimées, arquées dans le même plan et assez fortement appointes, quoiqu’un peu inégalement aux deux extrémités, pour ressembler au croissant lunaire, ainsi que l’ajustement remarqué M. Nesti, un peu mousses au bord convexe, mais tranchantes et quelquefois denticulées finement au bord concave , et sans qu’on puisse apercevoir sur les côtés des cannelures bien évidentes. Différant un peu d’épaisseur proportionnelle, elles diffèrent encore plus en grandeur dans la proportion de deux à trois, mais toujours la partie émaillée égalant au moins et surpassant même souvent la partie radiculaire constamment remplie au sommet.
J ai déjà dit que ces dents n’ont été jamais observées implantées dans leurs alvéoles , malgré l’assertion contraire donnée par M. Cuvier, d’après M. Pentland qui avait écrit à ce dernier qu’on venait de découvrir à Florence une tête d’Ours armée de deux de ces dents. Je savais déjà par M. Mac-Enry que le fait était erroné , mais il m’a été facile de m’en assurer moi-même lors de mon séjour à Florence , grâces à la complaisance
Par M. Mac- Enry.
Décri les.
Variables de grandeur.
mais jamais implantées, quoiqu’en ait dit G. Cuvier.
De celles du musée de Florence.
Et même de celles d'Auvergne.
Cependant
présumée
la forme de la Mandibule.
Excavée sur les côtés,
de M. Nesti qui a mis à ma disposition tout ce qui pouvait faciliter mes recherches sur ce point important (i). Il est donc certain que le musée de Florence ne possède aucune de ces dents falciformes en place ou implantée dans la mâchoire d’une espèce animale quelconque ; car il est impossible de leur comparer le reste des canines qu’offre la tête d’Ours du Val d’Arno, décrite par M. Nesti. En effet, si celles-ci sont comprimées, il est aisé de voir que c’est par écrasement , et encore n’y a-t-il aucune comparaison à faire avec celles du F. cultridens.
Ainsi , dans l’état actuel de la science , nous restons donc avec les faits tels que M Bravard les avait rapportés, c’est-à-dire que le F. megantereon établi sur un fragment des deux mâchoires , était pourvu à la supérieure d’une dent canine falciforme, proportionnelle, exerte ; on pouvait donc, par analogie, admettre que les très-grandes dents de cette sorte avaient appartenu à un animal de plus grande taille, mais du même genre Felis.
Pour soutenir cette manière de voir , je ne m appuyerai par sur le fait indiqué par la figure donnée par M. Bravard , d’une dent falciforme en place, puisqu’il paraît certain que cette dent , trouvée isolée, a été rap portée à une mâchoire à laquelle elle n’appartenait pas; on peut cependant admettre que la disposition de l’alvéole a dû permettre ce rapprochement, mais on peut, ce me semble, déduire la nécessité du fait de la disposition seule de la mandibule telle quelle a été décrite et figurée par M. l’abbé Croizet lui -même. En effet , l’énorme dépression , et même l’excavation de la mandibule entre la canine et la molaire antérieure ,
(1) A ce sujet qu’il me soit permis de dire quelques mots sur la manière dont les scienzati étrangers et nationaux ont été accueillis à Florence lors du dernier congrès scientifique italien dans cette ville. Annoncer que son A. 1. le Grand-Duc a rempli , avec autant de dignité que de convenance, le rôle difficile de protecteur éclairé des sciences, sans faste et sans prétention , en leur ouvrant, avec une véritable libéralité , son palais, c’est ne rien apprendre à ceux qui connaissent un peu les princes de la maison d’Autriche ; mais je dois ajouter que jamais mission pareille n’avait été mieux confiée qu’au marquis Ridolfi, président du congrès, ainsi qu a M. le comte Antenori, directeur du Musée, et dont la complaisance à mon égard a été véritablement extrême.
PALÉONTOLOGIE
ainsi que son élargissement à la symphyse et à l’apophyse géni forment
une disposition qui indique que , comme dans les autres Felis , mais bien et a pu déler'
, rainer fe
plus que chez aucune des espèces connues, la dent canine supérieure soulèvement descendait verticalement de chaque côté de la mandibule, se logeant dans la dépression latérale quelle présente, et, grâces à son étendue verticale, ne dépassait que médiocrement la lèvre supérieure en pressant latéralement l’inférieure , comme on peut le remarquer dans notre Chat domestique. Dès lors, on voit comment les incisives et la canine de la canine et inferieure avec elles , ont suivi le relèvement du bord alvéolaire , et des lnc,slve"' comment celle-ci , croisant profondément la supérieure en se plaçant comme de coutume en avant, ne devait pas la toucher dans son bord ni dans sa face interne , ce qui explique pourquoi ces dents falciformes n offrent aucune trace d’usure par frottement ; observation que l’on peut également faire pour l’inférieure. Quant au fait de l’absence , le long de ces dents , des cannelures presque caractéristiques du genre Felis , nous ferons l’observation quelles manquent également aux canines inférieures du F. megantereon, dont la forme carénée et tranchante en arrière rappelle un peu ce que sont les supérieures.
Ainsi donc, en se bornant même à considérer la mâchoire inférieure conclusion, snr laquelle repose essentiellement le F. megantereon , on voit que l’on devait lui rapporter les dents falciformes proportionnelles ; mais alors ne devait-on pas considérer celles qui sont beaucoup trop grandes pour cela comme ayant appartenu à une autre espèce qui n’en différerait que par la taille, mais toujours du genre Felis, ainsi que l’a fait M. Bravard, et non à un Ours, comme l’ont accepté MM. Croizet et Jobert , d’après
M. Cuvier, et, véritablement, sans aucune induction un peu rationnelle.
Mais poursuivons l’examen des autres os qui ont été attribués au F. me gantereon.
Examen des autres Os.
Comme , à côté de la mandibule sur laquelle ils ont fondé leur F. me gantereon , ont été trouvés un humérus, un radius et un cubitus, ayant Humérus, tous les caractères de ceux des Felis, MM. Croizet et Jobert les ont at-
Radius.
cubitus. tribués à la même espèce, au même individu , ce que l’on peut accepter avec quelque vraisemblance. En effet, leurs proportions, leurs formes assez grêles et élevées rappellent assez bien une grande espèce de Lynx. Conclusion. MM. Croizet et Jobert , en fondant leur calcul sur la proportion de la ligne dentaire et des parties des membres qu’ils connaissaient , ont trouvé que le F . megantereon devait être un tiers plus élevé que le Cougouar; qu’il devait égaler le Tigre en hauteur, et que sa forme élancée le rapprochait beaucoup du Guépard ; suppositions qui ne reposent évidemment que sur des bases assez peu fondées (i).
(I) Depuis que cet article est ainsi rédigé, M. Bravard m’a annoncé qu’il avait enfin trouvé une tête de son F. megantereon , année encore de sa dent falciforme. Il a fait plus, car il a eu la généreuse complaisance de m’envoyer deux bons dessins au trait de celte pièce , avec la permission d’en orner mon ouvrage : ce que j’ai fait. Ainsi il ne peut y avoir de doute sur le rapprochement qu’il avait fait il y a près de quinze ans , et qu’on lui a bien à tort contesté.
Je puis encore ajouter que , d’après un beau modèle en plâtre que M. Bravard a envoyé à Paris dans les derniers mois de 1842 , et que j’ai pu examiner, il est vrai , pendant assez peu de temps, cette tête m’a paru avoir une assez grande ressemblance avec celle d’une Panthère , et surtout, suivant M. Gervais, l’un de mes préparateurs, avec celle d’un assez grand Felis à tête de Serval , ou un peu allongée ; qu’il a observée dans la collection du collège des chirurgiens, à Londres, et que l’on croyait provenir d’Afrique. En effet , dans le F. megantereon, la largeur de l’alvéole de la canine a nécessairement déterminé nn peu d’allongement dans la face , quoique la barre soit fort étroite, puisque l’intervalle de la canine à la principale n’est que de 0,011 , la longueur basilaire du crâne étant de 0,182. En outre on a pu observer que la crête occipitale et la cannelure médiane nasale étaient plus prononcées ; et, au contraire , la racine de l’arcade zygomatique moins écartée que dans la Panthère d’Alger. Du reste , le trou sous-orbitaire et les apophyses orbitaires ont paru, comme dans cet animal, l’un à peu près rond, et les autres peu saillantes. Quant au bord palatin , il a été impossible d’en juger par défaut de conservation.
Pour le système dentaire, la canine avait 0,079 dans sa partie extrà-alvéolaire , 0,020 de largeur et 0,011 d’épaisseur à la base.
Il n’existait que deux molaires et l’alvéole de la dernière; mais celle de la première manquait. Des deux dents existantes, l’une, la principale, avait 0,025, et la première arrière -molaire ou carnassière , 0,030 , et par conséquent elles étaient notablement plus fortes que dans aucune Panthère de nos collections.
D’après cela il me semble fort probable que les deux côtés. de têtes, dont j’ai parlé plus haut à l’article du F. antigua, comme provenant du Val d’Arno, ou se sont aussi trouvées des canines falciformes, ont appartenu au F. megantereon ou au F. cullridens d’Auvergne.
PALÉONTOLOGIE
12° F. cultridens.
Bravard, Monographie de deux Felis d Auvergne , p. 1 43, tab. III , fig. io-i3. 1828 (1).
Nous venons de voir que l’établissement de cette espèce ne reposait Établie sur réellement que sur un certain nombre de dents canines falciformes , trouvées isolées en Italie , en Allemagne, en Angleterre et en Auvergne.
Nous avons également cherché à montrer que , s’il était impossible de les regarder comme provenant de la même espèce que les petites appar- des canines tenant au F. megantereon, il était vraisemblable quelles indiquaient l’existence d’une grande espèce de Felis analogue , et certain quelles ne venaient pas de ÏUrsus Etruscus, et qu’ainsi il fallait accepter, au moins provisoirement , le F. cultridens de M. Bravard. S’il était possible de d'une grande juger la taille de 1 animal, dont la gueule était armée de ces dents, d,mensiond après leur longueur, on voit qu’il devait surpasser de moitié le F. megantereon , et qu’il devait même être plus grand que le F. spelœa , dont les canines supérieures ne vont jamais au delà de 0,1 40.
M. Croizet , en effet , représente {Ours, pl. I , fig. 6 ) une de ces dents Figurée par cultriformes, qui a 0,1 65 en ligne droite, d’une extrémité à l’autre; et MM- Croizel celle que M. Kaup a figurée, pl. I, fig. 5, de ses Ossements fossiles du muséum de Darmstadt , devait avoir 0,164, en admettant que la longueur de la partie émaillée fût égale à celle de la racine, et de 0,170, en supposant que celle-ci soit dans la proportion de ce quelle est dans la canine des Felis en général ; ce qui n’est pas rigoureusement nécessaire.
Quoiqu il en soit , M. Kaup ajoute que la canine de son Machairo- caractérisée. dus diffère de celle du F. megantereon , parce quelle est toujours denti-
(1) M. Keferstein, p. 209, donne comme synonyme de cette espèce le F. giganlea de MM. Croizet et Jobert; mais j’ignore où il a pris ce nom; ces messieurs ont toujours rapporte cette dent à leur Ursus cultridens Arvernensis.
En lui rapportant
une Incisive de Torquay,
et peut-être une Dent figurée par M. Kaup,
et décrite
Un fragment de Fémur, par M. Croizet.
culée à son bord concave ; assertion qui me semble encore trop généralisée, car cette particularité n’a d’abord été vue que sur une seule dent par M. Kaup lui-même, et n’existe pas dans celles qui ont été trouvées en Auvergne et en Italie.
C’est cependant cette denticulation qui m’a porté à considérer comme ayant appartenu au F. cultridens, une incisive trouvée par M. Mac-Enrv dans la caverne de Torquay , ainsi que deux canines falciformes. Cette dent , qui est une incisive externe supérieure gauche , dont nous possédons un assez bon modèle en plâtre, est remarquable par sa force et par sa forme. En effet, les bords qui séparent ses deux faces, l’antérieure convexe, la postérieure plane , sont non-seulement fort tranchants, mais encore finement et évidemment denticulés. Je ne connais à l’état vivant aucune dent incisive de Carnassier qu’on puisse lui comparer.
Mais je ne serais pas étonné qu’il fallût en rapprocher une dent décrite et figurée par M. Kaup dans ses Ossements fossiles du muséum de Darmstadt, p. 29, pl. I , fig. 3 a et 3 b, et qu’il réunit à une dent molaire trouvée dans les mêmes sables d’Eppelsheim , pour former le genre qu’il nomme Agnotherium. Cette première dent, regardée par M. Kaup comme une incisive supérieure droite, ayant plus de ressemblance avec sa correspondante chez le Chien , qu’avec celle de tout autre animal , me semble plutôt être une canine inférieure , analogue à sa correspondante dans le F. megantereon. En effet , M. Kaup la décrit comme ayant sa racine fort comprimée, et sa couronne convexe en avant, mais formée dans sa moitié d’arrière par deux faces presque planes, qui se terminent par une arête bien tranchante et un peu dentelée; ce qui, sauf la dentelure , est tout à fait comme dans la canine inférieure de la mandibule du F. megantereon , décrite plus haut.
Quant à des fragments d’os véritables du squelette , je ne trouve d’attribuée à ce F. cultridens qu’une partie assez considérable de fémur, faisant partie de la collection de M. l’abbé Croizet , où elle était inscrite sous le n° 12 1. Malheureusement ce fragment, qui consiste en une moitié inférieure de fémur du côté droit , a ses condyles tronqués, et n’offre
PALÉONTOLOGIE. 143
rien de caractéristique. On peut seulement présumer qu’il provient d’une espèce de Felis moindre que le F. spelœa , de la taille de notre grand Lion , mais qui , moins comprimé , moins caréné au bord externe , rappelle davantage le fémur du Tigre.
Je serais aussi tenté de rapporter à cette espèce une autre pièce de la collection de M. l’abbé Croizet, et que j’ai trouvée inscrite dans son catalogue sous le nom de F. Velonensis. C’est un os métacarpien, remarquable par son épaisseur, sa forme raccourcie, au point qu’au premier abord j’avais été porté à le considérer comme provenant d’un animal du genre Amphicyon, parmi les Subursus. Mais il me semble plutôt avoir les caractères du métacarpien médian d’un grand Felis , de la taille du Tigre au moins , mais bien plus robuste que lui.
M. Bravard (catalogue manuscrit, n° 791) rapporte encore à son F. cultridens un os métacarpien externe gauche, ayant 0,1 16 de long, et venant d’Ardé ( Puy-de-Dôme ).
1 3“ F. Pardinensis.
Croizet et Jobert, Ossements fossiles du Puy-de-Dôme , p. 201 , pl. IV, fig. 5 et 8, et V, fîg. 4 ; pl. VII, fig. 2.
Cest encore aux Paléontologistes de l’Auvergne que nous devons la proposition de cette espèce établie sur un petit nombre de fragments , pour la plus part fort peu caractéristiques, trouvés dans les environs de Pardines , savoir :
Un côté droit de mandibule adulte portant avec la canine, les trois molaires bien entières ( V, 4 )•
Un autre petit fragment du même côté, mais d’un jeune individu , ne contenant que les deux premières molaires ( IV, 5 ).
Un très-petit morceau de mâchoire supérieure montrant l’alvéole de la troisième incisive et celle de la canine remplies par la racine de ces dents ( VII , 2 ).
Enfin , une vertèbre dorsale ( IV, 8 ).
Un Os métacarpien.
F. Velonensis (Croizet).
Un
Métacarpien , par
M. Bravard.
Établie sur quelques fragments d'Os peu caractéristiques,
Suivant MM. Croizet et Jobert, ces fragments, rassemblés arbitrairement , indiqueraient une espèce de Felis de la taille d’un Cougouar , et des Dents (/T Concolor ), et en effet, les trois molaires du premier fragment donnent
qui ne le sont „ ,• ,
pas plus, pour mesure proportionnelle, 0,014 — 0,017 — 0,020, qui approchent assez de ce qu’on trouve dans le Cougouar, mais, à ce qu’il me semble, encore plus dans la Panthère ordinaire ; en sorte que les fragments cités conclusion, n’offrant d’ailleurs rien autre chose de caractéristique, on peut conclure que s’ils sont suffisants pour déterminer quelque rapprochement avec une espèce vivante , ce serait plutôt de la Panthère que du Cougouar, et encore ce ne serait que sous le rapport de la taille.
i4° F. Ogygea.
Kaup, Ossements fossiles du Musée de Darmstadt. IIe cahier, 1 833 et Archives de Karsten, i832.
Établie sur D’après deux fragments consistant, l’un en l’extrémité antérieure d’une es Fragment» manc{i]:)U|e droite portant en place une canine et les deux premières molaires; l’autre en un second os du métacarpe ayant, o,o63 7 de long, par m. Kaup. Suivant M. Kaup, ce bout de mandibule , fort large en hauteur, offrirait une arête très-prononcée qui séparerait le menton en avant des parties latérales : caractère qui me semble avoir quelques rapports avec ce que nous allons décrire dans le F. Palmidens de Sansans ; la canine serait plus courte, plus épaisse, et cependant plus comprimée que dans le Lion et le Chat, et n’aurait pas sa racine recourbée comme celle de ces animaux; caractères qui indiquent beaucoup de ressemblance avec le F. Issiodorensis de MM. Croizet et Jobert, dont le F. Ogygea différerait cependant par plus de force dans la canine, plus d’étendue de rebord et plus de hauteur de l’os mandibulaire. conclusions. Je ne connais le fragment sur lequel repose le F. Ogygea de M. Kaup , que d’après la figure et la description qu’il en donne; mais il me semble, pourtant, que la dissemblance entre ce fragment et les mandibules sur lesquelles est établi le F. Issiodorensis est encore plus grande que ne
PALÉONTOLOGIE. 145
l’indique M. Kaup, et porte aussi bien sur l’os beaucoup plus robuste que sur la canine et les molaires, dont la forme et les proportions sont très-differentes.
i5°. F. ( Cynailurus ) minuta.
Lund, Cavernes du Brésil, Mémoires de l’Académie royale des Sciences de Copenhague, VIII, p. g i , 184.
Jusqu’alors, les paléontologistes n’avaient encore proposé de reconnaître des traces de Guépard dans aucun des ossements fossiles trouvés dans l’ancien monde , où il vit répandu et transporté comme instrument de chasse en Asie, en Afrique et même en Europe. M. Lund pense avoir été plus heureux, et ce qu’il y aurait de plus singulier, c’est que ce serait dans les cavernes du nouveau monde, au Brésil. Malheureusement son assertion ne repose que sur une seule dent molaire, la seconde d’en haut du côté gauche ayant 0,018 d’après la figure, et qui ne diffère en rien de sa correspondante sur un Jaguar de petite taille, et chez lequel, en effet, cette dent a 0,017 à 0,018; tandis que dans le F. Jubata, elle 11’a que 0,014 ® 0,01 5. Ainsi il est à peu près certain que le Guépard de l’ancien monde n’a pas laissé de traces de son existence dans l’Amérique méridionale.
160 F. Antediluviana.
Kaup, Archives de Karsten. V, i832 , et Ossements fossiles du duché de Darmstadt , tab. 1 , fig. 9-12, IIe cahier, p. 2 3, 1 833.
C’est aussi sur un bien petit fragment fossile trouvé dans le dépôt célèbre d’Eppelsheim, que M. Kaup a cru pouvoir établir son F. Antediluviana. En effet, ce n’est que sur un morceau de mandibule, et sur deux molaires très-incomplètes qui y sont à peine implantées. Suivant lui, cependant, elles indiquent un animal d’une taille intermédiaire à celles du F. Issiodorensis et du F. Brevirostris , et par conséquent grand comme un petit Lynx. En effet, l’antérieure de ces dents, qui est une seconde
G. Feus. 19
Etablie
sur une Dent molaire.
Conclusion.
Établie par M. Kaup , sur un fragment de Mandibule.
conclusion molaire, a 0,0 1 2 7. Mais alors, pourquoi n’est-ce pas un Lynx ? c est ce que ne dit pas M. Kaup, mais seulement que cest la plus petite espèce des Felis dont il ait trouvé des traces à Eppelsheim. M. Keferstein nen décrit pas moins, p. 208, le F. Antediluviana, comme de la taille du Cougouar, mais plus élancé.
iy° F. Issiodorensis.
Établie par MM. Croizet et Jobert ,
sur plusieurs fragments
indiquant , suivant ces Messieurs, un grand Lynx.
Examinés.
Les
Mandibules.
L’Humérus.
Croizet et Jobert, Ossements fossiles du Puy-de-Dôme , I, p. 198.
Au contraire de la précédente, cette espèce est établie par MM. 1 abbé Croizet et Jobert sur un assez bon nombre de fragments recueillis dans les terrains meubles des environs d’Issoire, et parmi lesquels ces messieurs rangent quatre portions plus ou moins incomplètes de mandibule . et de plus une vertèbre atlas et une dorsale, un humérus entier et quatre fragments de cette même espèce d’os; un cubitus, un radius, un fémur, trois os métatarsiens et quelques phalanges.
Suivant MM. Croizet et Jobert, cette espèce, qu’ils avaient nommée F. Media , en calculant la hauteur du corps d’après la longueur de l’humérus, devait être de la taille du Lynx du Canada ; mais du reste , comme de coutume , ils ne donnent pas les différences spécifiques.
Nous avons pu examiner la plupart des pièces sur lesquelles repose cette espèce, et nous sommes assez éloigné d’assurer qu’elles ont appartenu , non-seulement à la même espèce animale , mais encore toutes à une espèce de Felis.
Pour les mandibules, il n’y a aucun doute, elles sont bien d’un animal de ce genre, les molaires qui les arment ont bien la forme générique , leurs proportions 0,0 1 1 — 0,014 — 0,016, sont même assez bien comme dans une grande espèce de Lynx; mais il est plus douteux, pour ne pas dire davantage, que l’humérus entier , dont on arguë pour en faire un Lynx plus élevé sur pattes que le nôtre, ait été celui d’un véritable Lynx; en effet, il est notablement plus court que dans cet animal, moins arqué et moins comprimé que dans le Guépard , et il a , au contraire , assez
PALÉONTOLOGIE
bien Ja forme et les proportions de celui d’une petite Panthère , quoiqu’il soit un tant soit peu plus comprimé et plus arqué.
Quant au cubitus représenté PI. VI, fig. i, je n’oserais assurer qu’il Le cubitus, provienne positivement d’un Felis; et je le rapporterais plus volontiers à un Subursus à cause de la convexité de son bord postérieur, de son mode de décroissement peu rapide , de son épaisseur moindre au-dessous de sa cavité articulaire, de sa grande compression et de la profondeur de ses deux gouttières latérales ; et surtout à cause de l’état presque tranchant de son bord postérieur, au contraire de 1 antérieur large et plat, que je ne connais non plus dans aucun Felis.
Nous n’avons pas vu la moitié supérieure de radius représentée PI. III, fig. 4; mais il est bien fort pour un radius de Lynx.
On peut en dire autant du fémur représenté PI. III , fig. 5 , il a Le Fémur, quelque chose de celui du Guépard, encore est-il encore un peu plus fort.
Des os désignés par MM. Croizet et Jobert comme des métatarsiens, Les
° 1 . Métatarsiens,
le fragment représenté PL IV, fig. 3 , me semble un métacarpien de
l’annulaire gauche indiquant un animal de la taille d’un Jaguar, plutôt qu’un métatarsien de Lynx.
L os représenté Pl. VI, fig. 5, est évidemment un os médian du pied droit , un peu plus long, quoique assez semblable à son analogue dans une petite Panthère d’Alger que j’ai sous les yeux; toutefois un peu plus plat en dessus, et assez bien comme dans le Guépard, mais bien moins long proportionnellement que dans cet animal.
Les deux autres os métatarsiens, assez mal rendus dans les fig. 2 et 3, par M. Croizet, se joignent assez bien avec le précédent, quoique un peu plus longs et un peu plus grêles que lui ; ils ont encore quelques rapports avec leurs analogues dans le Guépard et dans le Lynx , mais bien moins minces que dans le premier de ces animaux.
La phalangine, assez bien rendue dans la fig. 1 1 de la PL VII des Re- Les Phalanges. cherches sur les ossements fossiles du Puy-de-Dôme , me paraît ressem-
hier beaucoup à celle du cinquième doigt du pied droit de devant dune petite Panthère.
conclusion. Ainsi, comme il est aisé de le voir, la plupart des os, assez entiers pour signifier quelque chose , attribués au F. Issiodorensis , comme plus élevé sur pattes que le Lynx du Canada, sont assez peu en harmonie avec cette thèse. Quant aux autres, ils sont tout à fait insignifiants ou non caractéristiques.
1 8Ü F. breviro stria.
MM. Croizet et Jobert , Recherches sur les ossements fossiles du Puyde-Dôme , p. 196. PL IV, fig. 1 -2-6-9; V, fig. 2 ; VI, fig. 9; VII, fig. 8. établie C'est encore une de ces espèces que l’on suppose avoir habité les forêts fragment f ancienne Auvergne, et qui n’est établie que sur deux fragments de
mandibule à laquelle sont rapportées, par conjecture plus ou moins heureuse, une partie articulaire d’humérus, une partie supérieure de cubitus, de tibia, et même une vertèbre dorsale.
Examines. D’après la proportion du fragment de mandibule le plus complet , La et qui porte une canine et la dernière molaire seulement , MM. Croizet
Mandibule. 1 1
et Jobert disent que ce Felis était de la taille d’un Lynx d’Europe , et ils le caractérisent par la brièveté de la barre qui sépare la canine de l’al- Les Dents véole de la première molaire, et qui est en effet fort courte. La grandeur et proportion des dents est donnée ainsi: 0,011 — 0,014 — 0,016; ce qui diffère fort peu de ce qui existe dans le F. Issiodorensis.
Les autres Os. Quant aux fragments d’os qui sont assignés à ces mandibules , la vertèbre ne signifie rien, tant elle est fruste. Les deux parties de cubitus sont bien d’un Felis, mais d’une taille seulement un peu plus pe- Conciusion. tite que notre Panthère d’Alger, n’en différant guère que par un peu plus de courbure et de gracilité; du reste sans pouvoir être comparés à leur analogue dans le Lynx ni dans le Guépard.
Quant au tibia que nous possédons aujourd’hui, comme il était évidemment beaucoup trop petit pour les mandibules, M. l’abbé Croizet,
PALÉONTOLOGIE. 149
flans son catalogue manuscrit, l’a reporté au nombre des ossements dont il a fait son F. Perieri.
190 F. Perieri.
M. Croizet, catalogue manuscrit de sa collection, n° 126.
Cette espèce , au contraire des précédentes, qui ont pour base au moins quelques parties des mâchoires et du système dentaire , ne repose que sur des os longs, sur une tête supérieure de radius et sur un radius entier, qui , de la longueur de celui d’une petite Panthère , est bien moins large, et par cela même se rapproche un peu de ce qui existe dans le Lynx ( il est cependant plus grêle et plus court que dans ce dernier ) sur un cubitus bien complet, et qui avait été rapporté à l’espèce précédente ; sur une moitié supérieure de tibia gauche, provenant indubitablement d’un Felis, mais bien plus petit que celui auquel a appartenu le cubitus rapporté au F. brevirostris, plus petit même que dans un Lynx et de la taille du Serval.
20° F. Macroura.
M. Lund, Cavernes du Brésil , Mémoires de l’Académie des sciences de Copenhague, VIII , p. 91, 1 8j i •
M. le prince Maximilien de INewied a signalé, Voyage au Brésil , une espèce de Felis voisine, si même elle est distincte du F. pardalis, dont elle diffère principalement par la longueur de la queue. C’est à cette espèce que M. Lund rapporte une moitié inférieure d’humérus épiphysée, et même sans l’épiphyse, qu’il figure PL XVIII, fig. i-2-3.
Ce fragment d’humérus, percé au condyle interne, provient sans doute d’un Felis, mais ce n’est que par analogie de grandeur que l’on peut dire qu’il a appartenu au F. pardalis ou à l’une de ses variétés, tant il est peu caractéristique.
Quoi qu’il en soit, en supposant le rapprochement exact , ce serait en-
Établie
par M. Croizet sur des Os longs seulement.
Examinés.
Établie par M. Lund
sur
un fragment
d’Humérus.
Examiné.
Conclusion.
core une nouvelle preuve que les animaux fossiles dans les cavernes sont encore habitants des pays où elles existent.
2i° F. Engiholiensis.
Schmerling, Ossements fossiles des cavernes de la province de Liège ,
Cette espèce provient encore des cavernes , mais de celles d’Europe et particulièrement de celle d’Engihoul , en Belgique , aux environs de Liège.
Établi Schmerling l’a établie sur trois fragments; une dent canine assez
sur des Denis. „ , . n n .
fruste et tronquée, longue de 0,037 (pl- l8> “g- ")et sur une extrémité articulaire de mandibule portant une dernière molaire ayant 0,01 5 de longueur (PI. 18, fig. 12), insistant surtout sur l’angle que forment les deux lobes de cette dent et sur une petite éminence du bord postérieur qu’il assure n’exister dans aucune autre espèce, ainsi que sur la forme particulière de la branche montante ; enfin , il lui rapporte ,
Un fragment p qi un fragment d’humérus ( Pl. XVIII, fig. 16 ), dont le diamètre au
d'Humèrus. r ’ ° , „ , , , , .
milieu du corps de 1 os est de 0,01 4, trouvé comme les deux autres dans la caverne d’Engihoul , et que Schmerling regarde comme ayant pu appartenir à l’espèce et peut-être à l’individu dont provient le fragment de mandibule.
Examinée. je ne connais ces trois pièces que d’après les figures citées ; mais je doute quelles soient véritablement suffisantes pour la distinction d’une espèce, aucune ne me paraissant réellement caractéristique, la petite éminence du bord postérieur de la molaire pouvant être individuelle ou même le résultat d’usure.
Conclusion. Je suis donc fort porté à penser que cette espèce doit être réunie au F. Issiodorensis ou au F. Lynx de laquelle , en effet , Schmerling la rapproche lui-même.
2 2°. F. Serval.
Marcel de Serres, Dubreuil et Jean-Jean. Recherches sur les os Humaiiles de la caverne de Lunel-Viel , p. 1 15, 183g.
C’est la sixième espèce de Felis que MM. Marcel de Serres, Dubreuil et De la caverne Jean-Jean ont admise comme ayant laissé de ses traces dans la caverne de Lunel'v,eK de Lunel-Yiel , et contrairement à ce quont fait MM. Croizet, Schmerling, et Kaup , ils y reconnaissent encore une espèce actuellement vivante sur la partie septentrionale du périple de la Méditerranée.
Les fragments sur lesquels cette manière de voir est établie sont EtabIie
sur plusieurs
assez nombreux; ce sont: Fragments.
Plusieurs canines du côté droit.
Un côté gauche, et trois côtés droits de mandibule.
Trois extrémités inférieures d’humérus.
Deux fragments supérieurs de cubitus gauche.
Un quart inférieur de tibia du même côté.
Suivant ces messieurs qui n’avaient malheureusement pour établir comparés, la comparaison que le squelette d’un seul Serval et celui d’un Lynx, dont ils n’indiquent pas le sexe :
Les canines remarquables parleur longueur o,o33 et par leur forme canines, un peu arrondie avec deux sillons en dehors et en dedans, différaient par cela même du Lynx, dont les canines, d’après eux ,ne sont jamais cannelées; ce qui, suivant nous, est une erreur, comme on a pu le voir dans notre odontographie.
Us ne caractérisent les mandibules , dont ils figurent deux armées Mandibules, de toutes leurs dents, que par plus de force, ce qu’ils établissent sur des mesures linéaires , en attribuant à l age la supériorité qu’ils reconnaissent sur le Serval, terme de comparaison.
Sur les trois fragments d’humérus, ils font remarquer surtout la Humérus, longueur du trou du condyle interne.
i5.2 CARNASSIERS; FEUS.
Ils trouvent plus forte que dans le Serval la portion de cubitus qu’ils ont recueillie.
Tibia Enfin, le fragment de tibia figuré (Pl. IX, 1 1 ) est regardé comme
tout à fait semblable à son analogue dans le squelette de Serval qu’ils avaient sous les yeux.
conclusions. je ne connais malheureusement ces ossements fossiles que d’après les figures que MM. Marcel de Serres, Dubreuil et Jean-Jean en ont données; mais je ne vois pas trop pourquoi on ne les rapporterait pas plutôt à un Lynx qu’à un Serval, les proportions étant évidemment un peu fortes pour celui-ci, et des différences indiquées aucune n étant réellement caractéristique.
23° Catus.
Schmerling, Caverne de la province de Liège , p. 88.
Marcel de Serres, Dubreuil et Jean-Jean, Ossements Humatiles de la caverne de Lunel-Viel, p. 1 49-
indiquée Cette espèce, par laquelle nous terminons cette exposition des Felis décrits comme ayant laissé des traces dans le sein de la terre, a été signalée dans plusieurs localités et principalement dans des cavernes en Allemagne, en Angleterre, en Belgique et en France, en Allemagne. En Allemagne, je ne vois pas quon y ait fait grande attention,
en Angleterre. En Angleterre, M. Mac-Enry a figuré un côté de mandibule trouvée
dans la caverne de Kent.
en Belgique, En Belgique, M. Schmerling, qui a rencontré des ossements de Chat ParMiinghiner* en assez grande abondance dans les cavernes des environs de Liège , a encore trouvé à distinguer, d’après un côté dro't de mandibule (XVIII- ï 3) qui, comparée, avec celle d’un Chat sauvage, lui a paru plus grande et même avec quelques particularités différentielles, un /' . Catus magna du F. Catus minuta (i), dont il a obtenu des têtes entières
(1) M. Bronn ( Lelhœa , p. 833) cite aussi un F. minuta, W. de Kalistli.
PALÉONTOLOGIE. 153
et plusieurs autres ossements , sans penser aux variations de taille individuelles ou déterminées par les sexes, et qui, certainement dépassent souvent celles qu’il indique entre ses F. Catus magna et minuta.
Enfin, MM. Marcel de Serres, Dubreuil et Jean- Jean ont encore porté plus d’attention à leur F. Catus férus puisque dans leur ouvrage cité , ils ont consacré plus de quatre grandes pages in-quarto, petit-texte, à énumérer les ossements de Chat qu’ils ont trouvés brisés, épars pêlemêle, dans le limon de la caverne de Lunel-Viel, en donnant des mesures linéaires et en établissant leur comparaison avec un Chat sauvage tué aux environs de Béziers.
Dans cette énumération des espèces de Felis établies à tort ou à raison par les auteurs qui m’ont précédé , j’ai suivi à peu près et autant qu’il était possible l’ordre de grandeur , en la déduisant surtout de celle des dents molaires, parties qui, outre quelles sont peut-être encore le moins variables dans les espèces, sont celles que l’on rencontre plus entières et plus fréquemment dans le sein de la terre; mais dans ce qui me reste à dire sur les ossements fossiles de ce genre d’animaux , je vais suivre l’ordre géologique, ce qui me conduira naturellement aux conclusions générales que je crois pouvoir en tirer.
Des terrains tertiaires.
Je ne connais encore, dans les terrains tertiaires inférieurs ou en contact avec la craie, en un mot, dans l’argile plastique, aucun ossement que Ion ait ou qui puisse être regardé comme provenant d’une espèce de Felis.
Il n’en est pas de même dans la formation du gypse de Paris ; je crois devoir rapporter à ce genre un os du membre antérieur, et que je regarde comme un métarcarpien du doigt annulaire du pied antérieur droit.
11 a été question de cette pièce pour la première fois, dans un Mémoire de M. Georges Cuvier, sur les carnassiers de Montmartre, inséré dans les
G. Felis.
en France méridionale , par M. Marcel de Serres, etc.
Observations générales sur l’ordre de grandeur.
Ordre
géologique.
Formation gypseuse de Paris.
Un Os
métacarpien.
Annales du Muséum , t. VI, p. 18, et figuré PL IV, fig. 5-io-i i, et depuis lors, dans les Mémoires réunis en 1812, t. III, p. 8, PL uniq., comme d’un os qu’on peut sans crainte rapporter à la même espece que le cubitus précédent qui , depuis, a été attribué à un Coati.
Dans la seconde édition des Recherches sur les ossements fossiles, t. III, p. 282 , cet os est le sujet d’un article particulier sous le titre de : Métacarpien d’une espece particulière , os qui nest pas sans rapport avec celui de la Civette , mais qui le surpasse dû un tiers , qu’il est bien difficile de rapporter à la tête du para g. II (prétendu Coati) , au cubitus , n° 1 (auquel dans la première édition, M. G. Cuvier le rapportait cependant sans crainte ) ; alors il indique une espèce nouvelle.
Cet os est dans les collections du Muséum, c’est bien un métacarpien, non pas du doigt médian, comme le pensait M. Georges Cuvier, mais de l’annulaire du pied antérieur droit, ce qu’on peut juger par le degré de défaut de symétrie de la contre-poulie à l’extrémité phalangienne de l’os.
En le comparant avec son analogue dans les Subursus et dans les Felis de taille analogue que notre collection possède, on voit évidemment par les proportions de longueur et de grosseur que c’est indubitablement un métacarpien de Felis de la taille d’une Panthère assez petite.
sables marins Je dois aussi faire observer ici que MM. Marcel de Serres, Dubreuil de 1 Hérault. et jean jeaïl} parlent, p. 93 de leur ouvrage sur les ossements fossiles de la caverne de Lunel-Viel, d’un maxillaire de Serval trouvé dans les sables marins tertiaires du département de l’Hérault, terrain fort analogue à celui de la dent molaire de F. Pardus du crag d’Angleterre , et qui pourrait faire soupçonner la position géologique réelle de celle-ci. terrain Le célèbre dépôt de Sansans que les géologues sont assez d’accord de sansans Pour ranger dans la categorie des terrains tertiaires moyens nous a fourni, grâces aux recherches persévérantes de M. Lartet, un assez bon nombre de fragments qu’il est impossible de ne pas rapporter aux Felis.
PALÉONTOLOGIE
F. Quadridentata.
Nous parlerons d’abord d’un crâne presque entier, avec la mâchoire supérieure portant encore quelques dents molaires fort usées, et qui était entièrement saisi par une marne calcaire blanche dont il a fallu le dégager.
Ce beau morceau, ainsi, qu’un second un peu plus petit et bien moins complet , réduit à la partie vertébrale , indique un animal dont la tête était en général courte , assez petite, resserrée dans la partie vertébrale, et très-large, mais encore plus courte dans la partie faciale ou maxillaire.
Le crâne proprement dit, est remarquable par la saillie des condyles occipitaux qui sont comme pédonculés, par l'étroitesse des basilaires qui sont presque cachés par le grand renflement des caisses très-avancées; par l'élévation de la crête sagittale et surtout de l’occipitale qui se porte fortement en arrière, en se rétrécissant un peu comme dans le Tigre.
La partie maxillaire est peut-être encore plus distincte, non-seulement par sa brièveté, mais encore par la grande largeur du palais, commençant postérieurement par un canal in terptérygoïdien se rétrécissant un peu en arrière et limité en avant par un bord palatin droit, à peine échancré dans le milieu et ne dépassant pas le terme des lignes dentaires. L’arcade zygomatique participe à cette grande largeur et à cette brièveté de la face; aussi est-elle comme coudée à angle droit à sa racine , fort arquée en dehors et profondément empreinte dans la moitié de sa largeur d’une sorte d’excavation pour l’insertion du masseter. L’orbite est cependant assez petit, presque rond, limité supérieurement par une apophyse orbito-fron taie considérable et séparé de celui du côté opposé par un espace assez légèrement bombé, avec une gouttière médiane peu prononcée. Les trous incisifs sont à peu près ronds ou mieux ovales peu allongés; les sous-orbitaires sont également à peu près ronds, mais remarquablement grands, plus que dans une Panthère de même taille et
Établi.
Décrit.
dans le Crâne.
dans la partie maxillaire.
Bord palatin.
Orbite.
Trous
sous-orbi¬
taires.
dans
le Système dentaire.
Canine.
Molaires.
Première.
Seconde.
Troisième.
Quatrième
Conclusions.
surtout que dans les Guépards, où ils sont, au contraire, singulièrement petits.
Du système dentaire le morceau tronqué en avant, ne montre qu’une alvéole entièrement remplie par la marne ; alvéole évidemment à son état normal et dont la forme indique que la dent était certainement comprimée, puisque son diamètre transverse est au longitudinal comme 0,008 est à 0,019.
Les dents molaires étaient sans doute au nombre de quatre en haut; mais la première était excessivement petite, sa racine ronde et immédiatement collée contre la canine. La barre était cependant fort courte ; la seconde molaire qui existe cependant en nature , avait sa couronne de 0,0 1 1 , très-comprimée , fort tranchante et comme quadrilobée un peu comme dans le Guépard, mais avec la pointe médiane moins forte, moins prononcée que chez celui-ci ; la troisième ou carnassière était proportionnellement fort grande, puisqu’elle a au moins 0,026 1/2, quoique fort usée en dedans, ce qui empêche de déterminer au juste la forme de son bord; enfin, la quatrième ou tuberculeuse est encore assez développée , puisqu’elle a 0,009 de large en travers ; mais ce qui la rapproche encore de ce que son analogue est dans le Guépard, c’est qu’elle est parfaitement visible en dehors de la ligne dentaire.
Ainsi, dans ce Felis fossile, la forme générale du crâne dans sa partie vertébrale semble avoir plus de ressemblance avec une petite Panthère , la partie faciale avec le Lynx et le système dentaire avec le Guépard. C’était donc encore une belle espèce intermédiaire.
Parmi les fossiles de ce même dépôt de Sansans, nous trouvons encore deux pièces fort intéressantes et toutes deux fragments de mandibule portant une partie des dents molaires.
Je parlerai d’abord de la plus grande et de la plus complète , sous le rapport du système dentaire , parce qu’il se pourrait quelle ait appartenu à la même espèce animale que les deux crânes que nous venons de décrire.
Le fragment de mandibule ne consistant que dans le bord alvéolaire.
PALÉONTOLOGIE
et par conséquent n’offrant rien de significatif, je passe de suite à la description du système dentaire. Ce qui frappe d’abord, comme l’avait très-bien remarqué M. Lartet, c’est qu’au milieu, à peu près, sans doute, de la barre assez étendue qui sépare la canine de la première molaire, se trouve une alvéole petite, ronde, qui indique une première avant-molaire que nous n’avons encore observée dans aucune des espèces de Felis connues jusqu’ici. Après un intervalle encore assez marqué , viennent les trois molaires caractéristiques des Felis; la première m’a semblé avoir un certain rapport de forme avec son analogue chez le F. Lynx , en ce que son second denticule postérieur est une sorte de talon marginal ; elle après de o,on.La suivante, la seconde chez les autres Felis, est remarquable parce quelle est assez épaisse, ce qui lui donne quelque chose de son analogue dans les Canis; elle est cependant assez bien comme dans le Guépard; sa longueur est de o,oi4- Enfin la dernière, malheureusement brisée dans le bord postérieur de la couronne que porte la seconde racine , présente tout à fait la forme et les proportions de son analogue dans le Guépard. Fortement imbriquée latéralement par la précédente, elle devait avoir 0,016, nombres et proportions qui sont assez bien comme dans le Guépard: or, comme le système dentaire du crâne étudié plus haut nous a également offert plus de rapprochement avec celui du F.Jubata qu’avec tout autre, ne peut-on pas en induire comme ayant quelque probabilité que ce fragment de mandibule a appartenu à la même espèce animale que le crâne , et par conséquent, que ce Chat était une grande espèce de Guépard ayant quatre molaires en haut, comme en bas, et passant ainsi encore davantage que celui-ci vers les Canis. C’est pour indiquer la particularité la plus remarquable de cette mandibule que j’ai donné à l’espèce à laquelle je l’attribue le nom de F, Quadridentata.
Dans
la Mandibule.
Système
dentaire.
Molaires.
Première.
Seconde.
Troisième.
Conclusions.
de F. Quadridentata.
F. Palmidens.
F. megantereonl Lartet, catalogue manuscrit.
du dépôt Je proposerai de désigner sous ce nom, au moins provisoirement, par M^Lariet fespèce de Felis à laquelle a appartenu un os fossile que nous devons encore à M. Lartet qui l’a recueilli dans le dépôt de Sansans, et qu’une certaine ressemblance dans la forme du menton l’avait porté à rapprocher du F. megantereon d’Auvergne, véritablement avec assez de raison , et qu’un certain rapport dans la forme des dents m’avait fait comparer à un Phoque.
établi Le fragment sur lequel repose le soupçon de cette espèce ne consiste sur un que dans une extrémité antérieure de mandibule droite montrant les
fragment 1
de Mandibule, alvéoles des incisives, celle de la canine, et après une barre assez lon- Décrit. gue et presque tranchante , les deux premières molaires des Felis ordinaires encore en place. Ce que ce fragment de mandibule offre de plus remarquable en lui-même , c’est que comprimé et même excavé assez profondément sur les côtés, d’une manière déclive, du bord inférieur au bord supérieur tranchant, il se recourbe, se dilate en dehors vers sa terminaison, de manière à former une surface mentonnière verticale, large, fort haute, et sub-canaliculée , un peu comme dans le F. megantereon. Mais une différence principale consiste en ce que le bord supérieur , au lieu de se relever fortement au-dessus du bord alvéolaire postérieur, comme dans ce dernier, reste au même niveau, en sorte que le collet de toutes les dents est sur une même ligne, ses Dents Quant au système dentaire., il offre peut-être encore plus de diffé- 1 " ' rences. D’abord, quelque soin que j’aie mis à cet examen, je n’ai pu trouver que deux alvéoles très-étroites, très-serrées de chaque côté pour les incisives, nombre qui ne se retrouve parmi les Carnassiers que chez les Phoques et la Loutre du Kamschatka. Toutefois , je me hâte d’ajouter qu’au-dessous de ces deux alvéoles, correspondant exactement à l’axe de la première, j’ai pu creuser un trou que l’on pourrait prendre pour une troisième alvéole D’après son alvéole, on peut aussi assurer que la canine était assez petite. La forme et l’étendue de la barre mince et canine tranchante font supposer que la canine supérieure était un peu en cou- Molaires, teau comme dans le F. megantereon ; mais les deux molaires en place
PALEONTOLOGIE.
diffèrent beaucoup de leur analogue dans cet animal; en effet, elles sont d’abord singulièrement minces et comprimées , et de plus elles sont réellement comme palmées , tant les lobes latéraux ont pris de développement de chaque côté du lobe médian ou principal. C’est encore une disposition qui se remarque dans certaines espèces de Phoques, beaucoup plus du moins que dans les Felis ; mais j’aime mieux croire que c’était quelque Felis, mangeur de poissons, comme les Loutres parmi les Martres et les Viverras.
Le rapprochement présumé entre le F. megantereon et le F. palmi- canine isolée dens, m’a porté à rapporter à celui-ci une dent canine provenant des lléir,te' mêmes lieux , et qui arquée et pointue est assez aplatie , subtriquètre, fort tranchante au bord postérieur ; mais sans traces de canelures; elle a 0,09 de largeur à la base sur une longueur présumée de 0,01 3. Toutefois, je dois également rappeler que dans le crâne décrit plus haut, nous avons fait observer que l’alvéole de la canine indiquait par sa forme une canine comprimée, en sorte que l’on pourrait très-bien rapporter la canine dont il est question ici , et par suite le fragment de mandibule à dents palmées à ce crâne, que nous avons associé à la mandibule à quatre molaires.
Nous possédons encore de ce riche dépôt de Sansans :
Deux dents molaires, dont l’une carnassière supérieure du côté droit Dents prise dans un morceau de marne calcaire, après avoir été détachée de la Molairos
ai.,, . , . de Panthère.
mâchoire, et 1 autre carnassière inférieure du même côté également un peu incomplète , m’ont paru entièrement semblables à leurs correspondantes chez une Panthère d’assez forte taille. La première n’a pu être mesurée à cause de ce qui lui manque, et la seconde a donné 0,018.
Nous avons encore un certain nombre d’ossements véritables qui ont ossements du dû appartenir à l’une ou l’autre de ces espèces de Felis que nous venons même dépôtde désigner sous des noms particuliers d’après le système dentaire ; mais il serait peut-être trop hardi de les répartir autour de chacune d’elles.
Nous signalerons parmi eux :
Quatre extrémités supérieures de radius , trois du côté gauche et un
Extrémités supérieures de Radius.
Id. de Cubitus
Id. de Fémur.
Astragale.
Calcanéum.
Os métacarpiens.
Phalanges.
du côté droit, qui rappellent fort bien ce quelles sont dans une Panthère, quoique avec quelques nuances différentielles de plus ou de moins de gracilité, qui peuvent très-bien être sexuelles.
Une partie supérieure de cubitus tronquée à l’olécrâne et qui m’a offert presque rigoureusement la forme et la grandeur de son analogue dans une Panthère de taille assez grande.
Une partie articulaire inférieure de fémur , un tant soit peu moins large que dans l’individu de Panthère avec lequel j 'établis la comparaison.
Un astragale incomplet du côté droit indiquant, par l’obliquité de sa poulie et la forme de ses facettes, un animal carnassier du genre Felis de la taille de notre petite Panthère.
Un autre astragale du même côté, complet, offrant aussi tous les caractères d’un astragale de Felis, mais de quelques millimètres plus petit que le précédent, et indiquant un animal un peu plus grand qu’un Lynx, et pouvant aussi avoir appartenu à notre F. palmidens.
Un calcanéum du côté droit, s’ajustant assez bien avec l’astragale incomplet dont il vient d’être parlé, et cependant, évidemment de plus grande taille et indiquant un animal plus grand que notre Panthère ordinaire, mais bien plus petit que notre Lion; différent d’ailleurs de celui de la Panthère par une excavation marquée au bord externe.
Parmi les os métacarpiens, j’ai remarqué deux têtes supérieures, l’une du second doigt, l’autre du quatrième qui m’ont paru devoir être rapportées à un Felis un peu plus fort que notre Panthère commune, et une tête digitale d’un métarcarpien médian un peu plus petit.
Parmi les phalanges, j’en trouve une première d’un second doigt du côté droit, et une seconde du troisième doigt, proportionnellement un peu plus courtes et plus robustes, moins grandes que dans une petite Panthère; et de plus, une autre bien plus courte du doigt, sans doute du pied gauche , et qui rappelle son analogue dans le Jaguar.
Je dois, en outre, signaler des têtes de métacarpien et de première phalange du cinquième doigt d’un Felis de la taille du Lynx, ce qui
PALÉONTOLOGIE. 161
montre que, dans le dépôt de Sansans, il existe des ossements d’au moins quatre espèces :
Une de la taille d’une Panthère.
Une seconde de celle d’une très-grande espèce de Guépard, F. quadridentata.
Une troisième de cette même taille à peu près : F. palmidens, voisine du F. Megantereon.
Une quatrième de la grandeur d’un Lynx ordinaire.
Des sables tertiaires d’ Eppelsheim.
Nous avons énuméré plus haut , d’après les observations de M. Kaup , cinq espèces :
i ° De la taille d’un grand Lion ou d’un grand Tigre , et comparable au F. spelœa des terrains diluviens et peut-être d’allu vion (F. Aphanista).
2° De la grandeur d’un Lion d’après une seule dent carnassière supérieure ( F. prisca ).
3" D’une taille probablement aussi grande, d’après une seule canine ( Machairodus ), F. cultridens.
4° De celle d’un grand Lynx, d’après un fragment de mandibule portant quelques dents, et un os de métacarpe ( F. Ogygea).
5° De la grandeur d’un petit Lynx ou d’un Serval, sans un fragment de mandibule portant deux dents incomplètes ( F. antediluviana).
Du crag en Angleterre.
Une seule espèce , d’après une seule dent molaire carnassière tout à fait semblable à son analogue dans une Panthère, et par conséquent indiquant un individu de la taille de cet animal.
Des Sous-Himalayas.
Nous avons déjà fait mention plus haut, p. 1 1 5, d’un crâne de grand Felis trouvé dans le dépôt tertiaire des monts Sous-Himalayas, et dont MM. Falconer et Cauteley ont fait leur F. cristala. Pour nous, il ne diffère pas du Tigre; mais nous devons y joindre l’indication d’une autre espèce signalée par MM. H. Baker et Durand ( Journ . of the Asiat.
G. Feus. 21
d’Eppelsheim .
Cinq Espèces.
F. Aphanista.
F. prisca.
F. cultridens-
F. Ogygea.
F. antediluviana.
d’Angleterre.
F. Pardus.
de l’Inde.
F. Tigris.
society of Bengal. Vol. V, p. 379, PI. XXV11, fig. 2 et 3, année i836, et qu’ils comparent au Chat sauvage.
Diluvium £)u diluvium volcanique d’ Auvergne.
' Au'ergne Nous avons déjà vu qu’on avait recueilli, dans ce grand dépôt diluvien qui borde la rive gauche de l’Ailier et de ses affluents , un si grand nombre d’ossements attribués au genre Felis, que les paléontologistes qui se sont empressés de les étudier, MM. l’abbé Croizet et Jobert , ont proposé d’y reconnaître les traces de six espèces (1) :
F. antiqua. i° De la taille d’une grande Panthère d’après un petit nombre de pièces peu caractéristiques et qu’ils rapportent au Felis antiqua des cavernes.
F. Pardus. p.° De la grandeur du Jaguar, F. Onça , d’après quelques fragments dont un caractéristique consistant en un côté de mandibule presque entier et garni de toutes ses dents , ce qui montre qu’il doit être encore rapporté au F. antiqua , c’est-à-dire à une grande Panthère.
F. Megante- 3" Peut-être un peu plus petite que la précédente; mais en différant reon' beaucoup par la forme des canines supérieures et celle de la mandibule, indiquant un animal de la taille d’une petite Panthère ( F. Megan tereon ).
i\ Pardinen- £> ])e ]a grandeur du Cougouar, F. concolor. surtout d’après une demi-mandibule armée de ses dents molaires, qui me semble encore être une petite Panthère ( F. Pardincnsis ).
(1) MM. Devèze de Chabriol et Bouillet , dans leur Essai géologique sur la montagne de Bou lade , p. 49, 1827, avaient déjà admis dans le G. Felis :
1" Un Chat très-élevé, n’ayant pas d’analogue pour la taille ;
2° Un Chat de la grandeur du Lion ;
3° Le Lynx (F. Lynx ) ;
4Ô Un Chat de la grandeur du Jaguar (F. Onça) ;
Formant, ajoutent-ils, des espèces évidemment nouvelles, mais sans aucune raison à l’appui de cette présomption , qui leur avait été sans doute suggérée.
Depuis lors M. Bravard annonce dans le catalogue manuscrit de sa collection , qu’il en propose trois nouvelles, qu’il désigne par les noms de F. data , F. leptorhyncha et de F. Juvillaca ; la première d’après quelques os longs, les deux autres d’après des fragments de mandibule.
PALÉONTOLOGIE
5° De la taille d’un Lynx d’après un assez grand nombre de fragments, F. issiodorendont plusieurs sont assez caractéristiques pour montrer que ce n était *'*' sans doute qu’un Lynx véritable (F. Issiodorensis ).
6° Une sixième espèce de la grandeur d’un petit Lynx d’après un f. breassez petit nombre de pièces, dont une seule caractéristique (F. brevi- viro>,t,ts rostris ).
7° Enfin , nous croyons devoir admettre une septième espèce que f. catm. nous rapportons au Chat d’Europe, à en juger du moins d’après un fémur entier, et la moitié d’un autre qui a offert la taille et les proportions de celui d’un F. Catus de petite taille.
Du diluvium du Val-d Arno. d’Italie.
D’après les dents et les ossements que nous avons nous-mêmes observés, soit à Florence et dans le Muséum du grand-duc, soit à Monte- Varchi, dans la collection de l’Académie du Val-d’ Arno, nous avons pu y reconnaître les indices de quatre espèces :
i° D’une première de la taille d’un Lion ou d’un Tigre, d’après un os F.spelœa . métarcarpien du Muséum de Florence, et une dent carnassière inférieure implantée de la collection du Val-d’ Arno, probablement du F. spelœa.
a° D’une seconde de la grandeur d’un Lion de petite taille ou au F. Megan te moins d’une très-grande Panthère, d’après une partie assez considérable de tête et quelques autres fragments ( F . antiquai ) ou mieux F. Megantereon.
3° D’une troisième qui portait à la mâchoire supérieure des canines F.cultridens. cultriformes ( F. cultridens) , et dont on n’a encore trouvé qu’une seule dent parfaitement libre. A ce sujet, je dois dire que dans le Muséum du Val-d’ Arno , formé par l’Académie de ce nom à Monte-Varchi , j’ai observé deux dents canines véritablement d’Ours, désignant une espèce de la taille de celui d’Amérique, et par conséquent provenant évidemment de YUrsus Etruscus , dont une tête presque entière existe dans le Muséum du grand-duc à Florence.
Peut-être faut-il rapporter à cette espèce , ou bien au F. Megantereon D’après
., . un nouveau
d Auvergne, une extrémité antérieure de mandibule gauche que jai fragment.
F. Lynx.
Diluvium des cavernes.
d'Allemagne.
F. spelœa.
F. an tiqua.
F. Catus.
d'Angleterre.
F. spelœa.
observée et dessinée sur toutes ses faces dans la collection paléontologique du Muséum de Florence ; ce morceau, qui est d’un bleu glacé de blanc, offre, en effet, de chaque côté, une excavation ou dépression considérable, séparée par une crête tranchante d’une face mentonnière, large et plate; il porte au delà d’une barre tranchante une canine courte, mais robuste, à coupe triquètre, carénée en arrière , très-portée en avant et en haut, fortement implantée dans le bord alvéolaire occupé dans le reste par les racines de trois fortes incisives.
4° D’une quatrième évidemment beaucoup plus petite , à en juger d’après une tête supérieure de radius et même une phalangine du Muséum de Florence, avec une partie inférieure d’humérus que j ai vue dans la collection de l’Académie du Val-d’Arno. à Monte-Varchi , et que je rapporterai volontiers au F. Lynx.
Du diluvium des cavernes.
a) En Allemagne.
Jusqu’ici les paléontologistes n’ont encore fait mention que de trois espèces : l’une établie sur un assez grand nombre d ossements indiquant un Tigre de très-grande taille, F. spelœa ; l’autre sur plusieurs dents de la grandeur d’une Panthère, et seulement sur quelques dents de F anüqua ; et une troisième, si je ne me trompe, sur quelques fragments de F. Catus.
b) En Angleterre.
Le nombre des fragments fossiles , attribués à des Felis, trouvés dans des cavernes d’Angleterre , à Preston , à Kirkdale , à Kent ( i ), est extrêmement peu considérable, puisqu’il se réduit à une moitié de mâchoire supérieure et quatre ou cinq dents, dont la plupart ont été rapportées a une grande espèce (F. spelœa); et, de plus, une dent falciforme, et
(1) M. Marcel de Serres, dans son ouvrage sur les cavernes, et M. R. Owen, dans son Rap port sur les Mammifères fossiles de la Grande-Bretagne , citent celles de Hutton et de Mendip-Hill comme ayant présenté des os de Tigre ou de grand Felis; fait dont ne parle pas M. Buckland , et qui probablement repose sur un passage de M. de la Bêche (Manuel, p. 237, traduction française), admettant dans la caverne de Bandwell (Mendip-Hill) des amas considérables de débris d’Ursus, de Felis, de Cervus, de Bos, dont personne autre depuis n’a parlé.
PALEONTOLOGIE,
peut-être une incisive au F. cultridens , ainsi qu’une demi-mandibule au F. Catus.
c) En Belgique.
Les cavernes de Belgique, aux environs de Liège, ont, au contraire, offert un assez grand nombre de dents et d’os, que Schmerling a répartis d’une manière plus ou moins arbitraire entre six ou sept espèces de Felis :
i ü La plus grande , surpassant les Lions et les Tigres , tels que nous les connaissons dans nos ménageries , et cela d’après une tête entière et des fragments dé presque toutes les parties du squelette. (F. spelœa ).
2° Une seconde, plus petite, et égalant le Lion, d’après quelques ossements presque entiers, et entre autres un avant-bras, un bassin, etc.
3° Une troisième , de la taille d’une Panthère , d’après un grand morceau de mandibule et deux ou trois dents carnassières, ainsi qu’un petit nombre d’os des extrémités, dont un radius parfaitement conservé. (F. antiqua ).
4° Une quatrième, égalant en grandeur le Lynx actuel, d’après un petit fragment de mâchoire contenant une carnassière ( F . prisca).
5° Une cinquième , qui ne repose également que sur un petit fragment de mandibule portant une carnassière ; de plus, sur une canine isolée et un fragment d’humérus indiquant un animal de la taille d’un petit Lynx (F. Engiholiensis).
6° Une sixième, encore plus petite, établie sur un bien plus grand nombre de fragments; une variété plus grande sur un côté de mandibule (F. Catus magna) , et une autre plus petite sur des têtes entières et des portions de têtes, des mandibules, des os longs ( F . Catus minuta).
d) En France.
Dans la caverne de Lunel-Viel , dans celle de Mialet (Cavernes, p. 1 47) , MM. Marcel de Serres, Dubreuil et Jean-Jean, annoncent des ossements de cinq espèces : F. Pardus, spelœa , prisca , Catus férus et Serval.
i° La première, de la plus grande taille, d’après un côté presque
F. cultridens.
de Belgique.
p?r M.Schmer-
F. spelœa.
F. Léo.
F. antiqua.
F. prisca.
F. Engiholiensis.
F. Catus magna.
minuta.
de France méridionale.
Par M. Marcel de Serres.
F. spelœa.
F. Léo.
F Leopardus.
F. Serval.
F. Calus férus.
de France orientale.
F. Ça lus.
Des Brèches de Nice.
F. spelœa.
entier de mâchoire supérieure , une série assez nombreuse de vertèbres, d’os longs et de métacarpiens, de phalanges, provenant sans doute d’un seul et même individu {F. spelœa).
2° Une seconde espèce, d’après un petit nombre de pièces, dont plusieurs de jeune âge , indiquant un animal de la grandeur et de l’espèce du Lion ordinaire (F. Léo) (i).
3° Une troisième, d’après des fragments assez caractéristiques de mandibules armées de leurs dents, et quelques autres os de la taille et de l’espèce de la Panthère commune {F. Leopardus ) (2).
4° Une quatrième, notablement plus petite que les précédentes, et d’après un assez bon nombre de pièces, et surtout des fragments de mandibule rapportés au Serval (F. Serval ) (3).
5° Une cinquième et dernière, reposant aussi sur plusieurs pièces caractéristiques, des dents et des mandibules reconnues comme ayant appartenu au Chat sauvage (F. Catus férus).
Dans la caverne d’Echenotz , auprès de Vesoul (4) , on a recueilli seulement un côté droit de mandibule de cette même espèce, mais d’assez petite taille , et sans doute femelle.
Des brèches hors des cavernes.
Dans celles de Nice :
Une grande espèce , d’après une première et une seconde avant-molaires supérieures , rapportées au F. spelœa.
Une moyenne, d’après une dent molaire supérieure (F. antiqua) (5).
(1) On en cite aussi dans la caverne de Fou vent et dans celle de Contard , commune de Plom bières-lès-Dijon : on parle d’os de Felis de grande dimension.
(2) M. Marcel de Serres parle aussi de fragments de F. Pardus dans la caverne de Meyrac.
(3) M. Marcel de Serres en cite aussi de la caverne de Bize , dans son ouvrage sur les cavernes.
(4) M. Marcel de Serres dit que l’on a trouvé deux espèces de Chats dans cette caverne, c’està-dire d’une grande espèce, outre le F. spelœa.
(5) M. Fréd. Moll, page 33, dit que l’on a trouvé des ossements du F ■ Catus dans la plupart des brèches sur les bords de la Méditerranée ; mais j’ignore où il a puisé les éléments de cette assertion.
PALÉONTOLOGIE
De l cilluvium.
Nous ne connaissons encore, dans cette nature de terrain , que les deux dents canines trouvées , l’une , dans le sol d’alluvion de la Seine , à Paris , l’autre , dans celui de la Somme , à Abbeville , et rapportées l’une et l’autre au F. spelœa.
La première , celle trouvée à Paris en creusant un puits, est cependant bien plus grande et bien plus épaisse que la seconde , dans le rapport de 0,106 à 0,120.
M. Duval, pharmacien de Paris, a bien voulu nous communiquer une moitié inférieure de canine supérieure du côté gauche, trouvée à la barrière de Fontainebleau avec des restes de Blaireau, de Sanglier, et qu’il est impossible de ne pas rapporter à un Lion. Sa racine , la seule partie complète , n’a que 0,06*7, et le grand diamètre, à la terminaison de l’émail, est de o,23 ; absolument comme dans notre plus grand squelette de Lion , bien moins que dans celle de Paris , citée plus haut , qui a o,o32 au même endroit.
Il faut sans doute mettre dans la môme catégorie les os de Tigre recueillis dans le dépôt de Pons , département de la Charente-Inférieure, et dont parle M. Boué dans son Résumé des travaux de géologie pour l’année i833, p. 34- M. Fleuriaude Belle v ue , membre correspondant de l’Institut, m’a, en effet, assuré que ce dépôt contenait une tête entière de Lion.
Je trouve aussi noté par Holleman , dans son excellent Mémoire sur le Rhinocéros fossile , publié en 1 753 ( Mémoires de la société royale de Gœttingue, vol. II, p. 261), que, dans le célèbre dépôt de Herbergen, en Hanovre, on a trouvé une dent canine de Lion.
M. G. Cuvier cite aussi {Ossements fossiles, III, p. 45) des ossements de Tigre dans le dépôt de Politz , un peu au-dessus de Géra, sur l’Ester, et je présume qu’il est question dans ce passage de deux fragments de mandibule avec des canines un peu altérées , dont parle M. de Schlotheim dans son catalogue , et qu’il rapporte au F. spelœa.
U en est sans doute de même des deux autres fragments de mandi-
De I’alldvidm.
De la Seine, à Paris.
De la Somme.
F. spelœa-
Dépôt de Pons.
En Allemagne.
Dépôt
de Herbergen.
de Politz.
F. spelœa.
de Kô«:lri(z.
En Amérique F. Onça.
En général.
Adulte.
Incisives.
Canines
Molaires.
Principales.
Arrière - Molaires
bule trouvés dans le dépôt gypseux de Kôstritz, en Saxe, cités dans le même catalogue.
Je termine enfin , en faisant mention d’une assez grande partie de fémur rapportée du Texas par M. Le Clerc , et qui ne peut évidemment provenir que d’un Jaguar de taille médiocre. Cet os a sans doute été recueilli dans quelque terrain d’alluvion peu ancien , cependant avec des ossements de Megalonyx et de Cheval.
RÉSUMÉ
i 0 Sous le rapport odontographique.
Les Felis forment un groupe distinct et tranché , aussi bien sous le rapport de la forme des trois sortes de dents, que sous celui du nombre d’une de ces sortes, la postérieure.
Les incisive s jj, petites, serrées, transverses, terminales, bien rangées.
Les canines , sub-coniques, plus ou moins comprimées ou cannelées , et même sub-carénées.
Les molaires ^ dont ^ 1 + ^ ; nombre et combinaison qui sont ab¬
solument propres à ce genre, et qui produisent par leur forme :
Le maximum de carnivorité , par le développement poussé à l’extrême de la disposition tranchante des dents opposées ;
Le minimum d’omnivorité, par le plus grand degré d’absence de dents tuberculeuses et de tubercules de la couronne des autres.
La partie avant-molaire la plus petite possible, à moins que d’être tout à fait nulle; ce qui a lieu quelquefois dans les Lynx, par exemple.
Les principales se ressemblant presque complètement aux deux mâchoires.
Les arrière-molaires, au contraire, tout à fait différentes entre elles, et cela aux deux mâchoires ; la dernière supérieure extrêmement petite,
RÉSUMÉ
transverse et inutile , la dernière inférieure a deux lobes tranchants sans talon.
Ce système ne varie jamais , si ce n’est peut-être de nombre , et uni- ses variations, quement pour la seule avant-molaire d’en haut, et cela dans un petit nombre d’espèces; mais jamais pour la forme générale de chacune des dents qui le constituent, et seulement un peu pour la proportion entre elles.
Celles qui varient le plus sont l’avant-molaire , qui peut avoir une deux et même trois racines, et surtout la seconde arrière-molaire d’en haut, et ces variations sont assez fixes pour devenir spécifiques.
Par la disposition de rapports ou d’agencement des dents des deux mâchoires, et surtout des arrière-molaires devenues carnassières, l’usure a lieu par la face interne, pour les supérieures, et par l’externe, pour les inférieures.
Le système dentaire de lait ou de jeune âge est tout aussi particulier système
que Celui d’adulte : dentaire
1 de lait.
Les incisives - sont toujours transverses. incisives.
Les canines, en crochet, ne sont jamais cannelées. Canines.
Les molaires ne sont qu’au nombre de 2 dont J + j + J, c’est-à-dire Molaires, en haut, une avant-molaire fort petite, une principale considérable, carnassière et presque semblable à la première arrière-molaire d’adulte , une arrière-molaire tuberculeuse , mais un peu plus forte que celle d’adulte.
En bas, point d’avant-molaire, une principale et une seule arrièremolaire, l’une et l’autre presque semblables à leur analogue d’adulte, le talon de celle-ci seulement un peu plus prononcé.
Du reste , le mode de remplacement normal.
Quant aux anomalies ou monstruosités, il parait quelles sont fort Anomalies, rares, et nous n’avons jusque aujourd’hui à signaler qu’une paire d’incisives de moins à la mâchoire supérieure, dans un Ocelot; l’absence de la première avant-molaire d’en haut , ou plus rarement sa doublure par la conservation de celle de lait, dans une Panthère de Java; l’existence d’une
G. Feus.
troisième arrière-molaire, petite et ronde, toute semblable à celle des Canis , sur la mandibule , dans un Lynx du Canada.
2° Sous le rapport ostéologique.
Nature Les os des Felis sont en général denses , éburnés et fort blancs.
des Os.
Leurs Leurs articulations sont anguleuses, pénétrantes, serrées, et leurs
articulations apophyses ou crêtes accentuées ; ce qui les rend anguleux.
Leur nombre. Leur nombre est toujours le même , si ce n’est à la queue , où les vertèbres varient de 18-2 5; différence qui ne porte que sur la partie terminale.
a la Tête. La tête , en général , est assez particulière par la forme peu allongée , large , arrondie et renflée du crâne ; par la largeur et la brièveté de la face, ce qui est déterminé par un grand raccourcissement des mâchoires, dont l’inférieure , fort étroite , entre dans la supérieure , et commence par une caisse renflée et bulleuse.
a la colonne La série vertébrale , indiquant à la fois la souplesse et la solidité , l’une ,
vertébrale par l’étroitesse du corps des vertèbres, l’autre, par la saillie des apophyses articulaires , n’offre de propre à ce genre que la saillie des condyles et la dilatation arrondie des ailes de l’atlas ; la longueur des vertèbres lombaires et la forte saillie de leurs apophyses.
sternum. La série sternale offre aussi le même caractère d’étroitesse dans les pièces qui la constituent.
côte?. Les côtes sont dans le même cas et deviennent caractéristiques de ce genre par leur gracilité et leur grande compression d’avant en arrière à leur partie supérieure.
Hyoïde. Mais ce que les Felis offrent peut-être de plus singulier , c’est la dissemblance que l’hyoïde offre dans les grandes espèces ( Lion, Tigre et Panthère), chez lesquelles seules la pièce intermédiaire delà grande corne manque tout à fait, ou comme dans la dernière commence par un rudiment.
RÉSUMÉ
Dans les membres considérés en général, les squelettes des Felis mon- Membres trent un caractère de souplesse qui leur est propre. antérieurs.
Aux antérieurs,
L omoplate est assez bien caractérisée par la presque égalité des deux omoplate, fosses externes et par l’existence d’une apophyse coracoïde rudimentaire.
La clavicule, quoique non articulée avec le manubrium et l’omoplate , clavicule, est toujours bien osseuse et bien dessinée.
L’humérus, généralement assez long, peu arqué, très-comprimé SU- Humérus, périeurement, fort peu large inférieurement, est constamment percé au condyle interne et jamais dans la fosse coronoïde , à l’exception unique jusqu’ici du Pajeros.
Le radius se distingue par son aplatissement et sa largeur sub-égale Radius, aux deux extrémités.
Le cubitus par sa forme droite et décroissant assez rapidement de l’o- cubitus, lécrâne assez comprimé et bicorné à l’apophyse odontoïde fort large.
Le carpe par la grande saillie de l’apophyse inférieure du scaphoïde, scaphoïde.
Le métacarpe par la forme singulière et presque anomale du méta- Métacarpien i du Pouce,
carpien du pouce.
Les secondes phalanges par leur défaut de symétrie qui les rend comme Phaiangines. tordues, et excavées à leur côté externe.
Les troisièmes qui ont donné lieu au proverbe ex ungue leonem, par Phalanges leur forme très-comprimée, très-élevée, presque entièrement cachée dans onguea,es une sorte d étui ou de fourreau basilaire complet et muni inférieurement d’une espèce de talon élargi.
Aux membres postérieurs, on peut assez bien regarder comme carac- Membres téristiques: postérieurs.
L étroitesse, en général, de l’os des hanches et l’étendue de la sym- 0s physe pubienne. des Hanches.
La longueur et la compression, surtout supérieurement, du fémur, et Fémur la hauteur de l’extrémité articulaire tibiale.
La longueur et la forme triquètre prononcée du tibia. Tibia.
l'èronè. La minceur, la compression du péroné dans son corps, et la dilatation de ses deux têtes.
Astragale. Au tarse le prolongement dans un plan un peu oblique de la tête
.a can uni. je l’astragale , la compression et l’étroitesse du calcanéum ; la petitesse et la forme du premier cunéiforme , ainsi que celle du cuboïde fortement échancré à son bord externe.
Métatarsien Au métatarse l’existence rudimentaire de l’os métatarsien du gros orteil ; et l’allongement avec arqûre dans un sens, rectilinéité dans d’autres de celui des quatre seuls doigts existants.
Enfin aux phalanges les mêmes caractères qu’à celles de devant, sauf un peu plus de gracilité.
notule Dans les os sésamoïdes , on peut donner comme assez caractéristique la forme quasi-symétrique de la rotule et le développement assez grand des sous-phalangiens.
os pènicn. Pour l’os pénien, qui paraît manquer complètement dans quelques espèces, on peut donner comme caractères, detre entièrement contenu dans le gland , fort petit et en général triangulaire, la base en arrière et le sommet plus ou moins aigu en avant.
3° Sous le rapport zooclassique.
Genre
naturel
d’ou :
caractérisé par la grandeur et les propcr-
Les Felis constituent peut-être le genre le plus naturel qui existe dans la classe des Mammifères, parce qu’en même temps il renferme un assez bon nombre d’espèces de toute taille.
C’est un genre terme parmi les M. monodelphes onguiculés comme le Cheval et les Cérophores dans la section des ongulés impari ou paridigités.
D’où il est aisé de conclure :
i° Qu’il peut être caractérisé par des particularités tirées de tous les points de l’organisation sans autres différences que dans la taille ei dans les proportions de quelques parties.
RÉSUMÉ. 173
2° Qu’il est extrêmement difficile d’y trouver des indices de dégradation autre que celle de grandeur.
3° D’où résulte une difficulté de même sorte pour donner aux espèces un ordre rationnel et déterminé.
En faisant cependant l’observation que ce qui caractérise essentiellement ce genre, c’est le système dentaire et le système digital , on voit que c’est dans l’un et dans l’autre que doivent se trouver les indices de dégradation. Pour le système digital dans le degré de modification des deux dernières phalanges et pour le système dentaire dans le plus ou le moins de la partie antérieure de la série molaire , la seule qui puisse offrir des modifications manifestes.
Ainsi se trouve appuyée la disposition sériale des espèces à commencer par le F. planiceps, le plus viverroïde par la forme de la tête et de la dent avant-molaire, jusqu au F. Jubata, le plus caninoïde par la nonrétractilité des ongles.
Du reste , aucune espèce de ce genre n’est anomale pour quelque particularité de séjour que ce soit.
4U Sous le rapport de distribution géographique.
On trouve des Felis dans toutes les parties du monde, dans l’ancien comme dans le nouveau continent , à l’exception des îles de la mer du Sud et de la Nouvelle-Hollande, dans les grandes îles comme dans les continents, dans les régions les plus chaudes comme dans les plus froides.
Dans les pays de plaine et même dans les vallées, comme dans les pays les plus montueux; mais surtout dans ceux-ci , à cause des bois qui les recouvrent.
Un ou deux groupes, celui des petits Chats et celui des Lynx surtout, semblent exister dans toutes les parties du monde; mais non pas la même espèce, sans doute parce que ces derniers trouvent une température froide aussi bien dans les montagnes des régions équatoriales que dans les régions polaires.
sans
dégradation
évidente.
Série
établie sur le système den taire
et le système digital.
Sans
anomalie.
CommeGenre partout ; si ce n'est la Nouvelle- Hollande.
Comme
Espèce.
i.e plus répan- Les espèces qui paraissent être aujourd’hui le plus répandues sont la la Panthère. Panthère, en supposant qu’il n’y ait pas de distinction spécifique à faire dans Je F. P ardus, le Lion , le Chat à oreilles rousses dans l’ancien monde , le Jaguar , le Cougouar et l’Ocelot dans le nouveau.
Le Caracal et le Guépard sont communs à l’Afrique et à l’Asie continentale.
11 parait en être de même des Chats -Lynx des trois espèces, c’est-àdire , des F. maniculata, Bubasles et Chaus.
Le moins ,
le Tigre. Le Tigre n’existe qu’en Asie et même dans la haute Asie, le Jaguarondi. Le Jaguarondi dans l’Amérique méridionale.
F,n Asie. La partie du monde qui renferme encore aujourd’hui le plus d’espèces
de Felis est bien certainement l’Asie, puisqu’on y trouve le Tigre, le Lion, la Panthère, le Serval, le Caracal, le Guépard, le Chat d’Égypte, le Bubastes et le Chaus, et de plus, le Chat de Java , celui de l’Himalaya , En Amérique, de Sumatra, avec les F. rubiginosa, moormensis, planiceps, longicaudata.
L’Amérique et surtout l’Amérique méridionale en possède un peu moins, savoir: le Jaguar, le Couguar, le Jaguarondi, l’Ocelot et trois ou quatre espèces voisines, le Margay, le Pajeros, le Colo-Colo, le Guigna, etc., tandis que la septentrionale au delà du golfe du Mexique, ne nourrit que le Cougouar, l’Ocelot et une ou deux espèces de Lynx.
En Afrique. Vient ensuite l’Afrique, dans laquelle on trouve le Lion, la Panthère, le Serval, le Caracal, le Guépard, le Chat d’Égypte, le Bubastes, le Chaus et le Cafre.
En Europe. Enfin, en Europe aujourd’hui, on ne connaît que le Chat ordinaire et peut-être deux ou trois espèces de Lynx , encore peut-on douter de leur distinction.
Ce qui montre qu’en définitive , les espèces de ce genre sont plus Conclusions. méridionales que boréales, sauf pour les Lynx (i).
(1) Nous en donnons le tableau à la page 196.
RÉSUME
5° Sous le rapport des traces que les especes deFelis ont laissées dans les œuvres des hommes ou à la surface de la terre.
Sous le premier rapport , nous avons vu que les anciens poètes ou philosophes paraissent n’avoir connu que le Lion , la Panthère et le Chat sauvage, et surtout les deux premiers dont ils ont tiré les comparaisons les plus brillantes et que les artistes grecs ont seuls représentés.
Mais en Égypte , les peintures des hypogées ont montré outre le Lion et la Panthère, le Guépard et le Chat d’Égypte, c’est-à-dire toujours les espèces du haut Nil.
Le signalement du Tigre et sa représentation sont venus beaucoup plus tard et seulement chez les Romains, quoique peut-être par des artistes grecs.
A l’état matériel, les momies d’Égypte nous ont montré les trois espèces ou races qui existent encore aujourd’hui dans la haute et la basse Égypte, les F. Maniculata , Bubastes et Chaus.
A l’état fossile, le nombre des espèces dont nous avons pu constater l’existence est beaucoup plus considérable, quoique nous soyons assez loin d’accepter toutes celles que les paléontologistes ont proposées, la plupart du temps sans pouvoir les caractériser convenablement, ce qui était, en effet, plus difficile que dans aucun autre genre.
Dans l’état actuel de nos connaissances, nous croyons pouvoir distinguer les espèces suivantes :
i° F. spelœa.
A une très-grande taille joignant des caractères du Tigre , quelques particularités du Lion, et formant aussi sans doute une espèce propre à nos climats.
Le F. Tigris cristata ne semble différer du Tigre actuellement vivant que par une taille un peu moindre.
Chez les Poètes anciens.
les Peintres.
En Nature :
les Hypogées.
Fossiles.
Espèces.
F. spelœn
2° F. Léo.
F. Léo. Plus petite que le F. spelœa , mais reposant sur des preuves bien moins certaines. Je crois qu’on doit lui rapporter et peut-être à la précédente , les F. Aphanista, F. prisca, de M. Kaup.
3° F. antiqua.
F. an tiqua. Évidemment de taille moindre, quoique supérieure à celle de notre
Panthère, et à laquelle nous rapportons jusqu a contradiction bien établie, les espèces suivantes :
i ) F. Leopardus.
2) F. Arvemensis.
3 ) F. Pardinensis.
4 )F. Ogygea.
4° F. Onça.
F. Onça. Établie par M. Lund.
D’après un fragment de métacarpe, en y rapportant le prétendu Guépard F. ( Cynailurus ) minuta , du même M. Lund.
5° F. cultridens.
F. cultridens. Établie sur la considération de la taille de dents canines, dont la forme, du reste, rappelle complètement l’espèce suivante.
6° F. Megantereon.
F. Megante- D’après une tête entière et des morceaux de mâchoire supérieure et reon' inférieure qui , même sans les os qu’on en rapproche sans doute avec raison, ne laissent aucun doute sur sa distinction tranchée.
RÉSUMÉ
7° F. palmidens.
D’après un fragment de mandibule qui a beaucoup d’analogie avec son analogue dans l’espèce précédente.
8° F. quadridentata.
Établie sur un fragment de mandibule montrant un caractère qui n’est connu dans aucune espèce récente ou fossile, et d’après deux crânes presque entiers.
9° F. macrura.
Espèce d’Oceloïde proposée par M. Lund , d’après un fragment des plus insignifiants.
io° F. Lynx ou Lyncoïdes.
A laquelle espèce je crois devoir rapporter, au moins provisoirement : i" F. antediluviana (Kaup).
2° F. Issiodorensis ( Croizet et Jobert ).
3° F. brevirostris ( ibid. ).
4° F. Engiholiensis ( Scbmerl. ).
5° F. Serval (Marc, de Serres).
En effet , sauf quelques légères différences dans les dimensions des dents des mandibules sur lesquelles sont établies ces espèces, tous ces fragments indiquent une assez grande espèce de Lynx.
il0 F. Subhimalayana.
D’après une tête qui me semble avoir beaucoup de rapports avec
G- Fklis. <23
F. palmidens.
F. quadridenlata.
F. macrura.
F. Lynx.
F. Subhimalayana.
l’espèce récente nommée Himalayana ou Viverrina ( i ) dans ces derniers temps.
i2° F. Catus.
F. Catus.
Dont deux forment autant de Divisions nouvelles.
Sur
des Fragments recueillis :
en Europe.
en Amérique.
Dans
les Terrains :
a) tertiaires.
du gypse de Paris, d'eau douce de Sansans.
dans les Sous- Hymalayas.
a) Férus (Marcel de Serres).
b ) Maguus ( Schmerl. ).
c) Minutus ( Schmerl.).
Parmi ces espèces, la plupart appartiennent aux divisions actuellement connues de ce genre; mais il en est qui en constituent deux nouvelles, l’une qui offre { molaires, c’est-à-dire une avant-molaire en bas comme en haut et qui doit être sans doute à la tête du genre; l’autre remarquable par la longueur et la forme de la canine supérieure, et qui sans doute formait une division parmi les Lynx ; ce que paraît confirmer la proportion des os des membres.
Les fragments sur lesquels reposent ces espèces ont été recueillis , un grand nombre en Europe, et surtout dans l’Europe centrale, sur les confins de l’Allemagne, en Belgique, en Angleterre, en France, surtout dans la France méridionale, et en Italie, dans sa partie septentrionale.
En moins grand nombre dans l’Inde.
Et en très-petit nombre en Amérique.
Dans des conditions géologiques très-différentes, depuis les terrains tertiaires moyens jusque dans les diluvium et peut-être même dans l’alluvinm.
Dans le gypse des environs de Paris, F. Pardoïdes.
Dans un terrain d’eau douce à Sansans et en assez grande quantité , F. palmidens, F. quadridentata, F. Pardus.
Dans un terrain assez analogue des Sous-Himalayas, formant une sorte de molasse, F. (Tigris) cristnta et F. Subhimalayama.
(1) Ne serait-ce pas le Serval des Portugais de l'Inde , le Maraputé du père Vincent Marie , que Buffon, XIII , p. 233, a rapproché, probablement à tort , du Chat-pard des Académiciens, qui alors serait exclusivement africain ?
RÉSUMÉ. 179
Dans un terrain de même époque , mais à l’état de sable ou de grès sableux à Eppelsheim, versant à la rive droite du Rhin, F. (Léo) Aphanisles et prisca.
Dans le terrain de crag en Angleterre, et dans les calcaires tertiaires marins du Languedoc, F. Pardus.
Une assez grande quantité de ces ossements ont été recueillis dans des diluvium plus ou moins anciens.
Libres à la surface de la terre.
En Italie, dans le Val-d’Arno, F élis spelœa, Pardus, cultridens, Megantereon. Lynx.
En Allemagne, en très-petite quantité, à Kôstritz , à Politz , {F. spelœa).
Et même en Belgique {F. spelœa ), d’après Scbmerling, p. 93.
Mais surtout en Auvergne , dans un diluvium volcanique où se sont présentées à peu près les mêmes espèces que dans le Val-d’Arno ; ce que nous avons déjà observé pour les Ours.
*’ Dans les cavernes.
En Allemagne en assez grand nombre, dans la caverne de Gaylenreuth , F. spelœa, et fort rarement pour le F. Pardus antiqua.
En Angleterre, extrêmement rarement dans les cavernes de Kirkdale, d’Oreston et de Kent , F. spelœa , cultridens , Catus.
En Belgique, encore assez abondamment dans les cavernes des environs de Liège, et entre autres dans celles de Goffontaine et de Ghokier, F. spelœa , Léo, Pardus , Catus.
En France , également en assez grand nombre, mais seulement dans la France méridionale, cavernes de Lunel-Viel et de Mialet, etc., F. spelœa, Léo , Leopardus, Lynx , Catus ( 1 ) ; et orientale, caverne d’Echenotz, F. Catus (2).
(1) M. Tournai, Considérations générales sur les cavernes à ossements (Ann. de chimie, février 1833), n’en donnait que quatre, F. Tigris, Léo, Leopardus et Lynx.
(2) M. Marcel de Serres ( Cavernes , p. 146) dit qu’on y a trouvé des restes d’une grande espèce de Felis, outre ceux de F. spelœa ( mais j'ignore d’après quelle autorité) ; et il cite dans la caverne de Mialet , département du Gard , des restes des cinq mêmes espèces, le F. prisca sans doute pour le F. Léo.
les sables d’ Eppelsheim .
le crag en Angleterre.
b) Dans le Diluvium ancien ,
en Italie.
en Allemagne, en Belgique, en Auvergne.
c) Dans les cavernes en Allemagne.
en Angleterre.
en Belgique.
en France méridionale.
orientale.
occidentale.
dans
le Brésil.
d) dans l'Alluvium , en France.
en Amérique ,
presque toujours épars.
plus souvent adultes,
rarement
roulés,
diversement
associés,
très-rarement dans des terrains marins;
Dans celle de Meyrucis, F. Pardus.
Dans la caverne de Contard, à un quart de lieue de Plombières-lès- Dijon, F. spelœa.
D’après M. Marcel de Serres, dans celle de Bize, F. Serval.
Du dépôt de Pons (Charente-Inférieure). On cite une tête entière de F. spelœa.
Dans le Brésil, en fort petit nombre, F. Onça.
Enfin dans l’alluvium.
En France, dans le bassin de la Seine, à vingt pieds de profondeur avec des dents de cheval, et dans celui de la Somme, F. spelœa.
En Amérique, dans le Texas, F. Onça.
Ces ossements , partout en assez petit nombre, et jamais comparable à ce que nous avons vu pour les Ours, étaient fort rarement rapprochés comme provenant d’un même individu, si ce n’est peut-être dans la caverne de Liège et surtout dans celle de Lunel-Viel , où les os recueillis semblaient provenir d’un seul individu de F. spelœa.
Quoiqu’en général d’individus adultes et des deux sexes, on en a quelquefois trouvé qui provenaient évidemment de jeunes individus, du moins dans la France méridionale.
Ils ne sont presque jamais roulés et sont dans le plus grand nombre de cas fracturés, du moins les os longs , et quelquefois écrasés.
Leur association est extrêmement variée entre eux et sous le rapport des espèces animales avec les fragments desquels ils se trouvent (i).
Dans deux cas seulement on en cite dans des dépôts marins, en Angleterre, et, en outre, aux environs de Montpellier (2).
(1) Voici en effet ce qu’on lit , page 40, des Recherches sur les ossements humatiles de la caverne de Lunel- Viel , par MM. Marcel de Serres, Dubreuil et Jean-Jean. Les Cerfs, les Bœufs, les Rongeurs du genre Lapin, des Rats y sont en quantité considérable, confondus et mêlés avec de grands Carnassiers du G. Felis, et autres espèces assez rapprochées de nos Panthères
(2) Il faut , ce me semble , citer ce qui est en note, p. 36 du même ouvrage , que peu à peu les animaux des cavernes se rencontrent dans les sables des terrains marins supérieurs, même drs Carnassiers, tels que les Ours, les grandes et les petites espèces du G. Chat , les Panthères et les
RÉSUMÉ
Dans le très-grand nombre, ils sont dans des terrains d’eau douce so- plus souvent lide ou meuble, et par conséquent avec des coquilles d’eau douce ou eau doUl'e' terrestre. Ces terrains étant évidemment des dépôts peu étendus et locaux.
Les restes de F. spelœa ont été trouvés dans les sables d’Eppelsheim, F «ptiaa. dans le diluvium des cavernes en Allemagne, en Belgique, en France et dans les brèches de Nice.
Ceux du Lion dans les sables d’Eppelsheim, dans les cavernes des en- F. Le». virons de Liège, dans celle de Lunel-Viel, dans le diluvium, avec des animaux inconnus ( Dinothérium ) dans le premier cas.
Du Tigre dans un terrain tertiaire des monts Himalayas avec des osse- F. ngris. ments d’animaux inconnus {Sivatherium) , plus souvent connus, et en général propres au pays.
Du Jaguar dans les cavernes du Brésil et dans un diluvium du Texas, F. Onm. avec des ossements d’animaux de différents genres, d’espèces récentes ou regardées comme perdues, mais propres à l’Amérique exclusivement.
De la Panthère antique dans le terrain tertiaire des environs de Paris, F. Pardm. dans le diluvium d’Auvergne, dans celui du Val-d’Arno, dans le diluvium des cavernes d’Allemagne à Gaylenreuth , de France à Lunel-Viel , dans celui des brèches osseuses à Nice.
Du F. cultridens dans les sables tertiaires d’Eppelslieim , dans le dilu- F. cuiimen *. vium découvert du Val-d'Arno , en Auvergne , dans celui des cavernes en Allemagne et en Angleterre.
Du Felis Megantereon dans le diluvium volcanique en Auvergne et f. Meganau Val-d’Arno, avec , dans la première localité surtout, des ossements de ienon' plus de cent espèces de mammifères, du moins d’après les paléontologistes zélés de ce pays.
Du F. palmidens dans un calcaire tertiaire moyen d’eau douce à San- F.paimiden
Hyenes ; et que, p. 93, il est dit qu’un maxillaire de Serval a été découvert dans les sables rins tertiaires.
F. quadridentala.
F. Farda lié.
F. Lyncoidc».
F. Subhimalayana.
F. Catus.
Tous hors de place et sous le versant de monts peu distants.
Résumé
géologique.
sans, versant des Pyrénées, avec un nombre véritablement remarquable d’animaux ruminants à bois et à cornes.
Ceux du F. qucidridentata dans le même terrain de la même localité, et par conséquent avec les mêmes espèces animales.
Ceux de l’Ocelot ou d’une espèce voisine dans les cavernes du Brésil.
Ceux d’une espèce Lyncoïde , dans les sables tertiaires d’Eppelsheim , dans le diluvium libre en Amérique, en Auvergne, dans celui des cavernes en Belgique et dans le midi de la France, en Auvergne et dans le Languedoc.
Du F. Subhimalayana dans un terrain tertiaire sur les pentes des monts Sous-Himalayas.
Du Chat d’Europe dans le diluvium du Val-d’Arno, dans celui des cavernes en Allemagne, en Angleterre, en Belgique et en France, à l’est et au midi, en Auvergne, en Languedoc, et enlin dans le nord de l’Italie.
Je dois enfin terminer par cette observation, que pas un peut-être de ces ossements n’est en place et que les dépôts de nature très-différente dans lesquels ils se trouvent, sont toujours sous le versant de montagnes ou de pays élevés peu distants.
En Allemagne, des Carpathes et des montagnes du Palatinat, du Hartz.
En Angleterre, des Ambleton-Hills.
En Belgique, des Ardennes.
A Paris, de la Bourgogne.
En Auvergne, du Puy-de-Dôme.
En Languedoc, des Cévennes.
En Gascogne, des Pyrénées.
En Italie, des Alpes et des Apennins.
Ainsi, depuis le temps fort éloigné sans doute où se produisaient parla dégradation des formations précédentes les terrains tertiaires moyens, jusqu’à celui où notre sol a été recouvert de l’énorme couche de diluvium qui s’observe sur une grande partie de l’Europe , il a constamment existé dans les vastes forêts qui la couvraient alors , un assez bon nom-
RESUME
bre d’espèces de Felisde taille extrêmement différente depuis celle d’un petit Cheval jusqu’à celle de notre Chat; espèces qui étaient pour les populations si abondantes alors de Ruminants et de Pachydermes , comme nous le verrons dans une autre partie de cet ouvrage, ce que sont aujourd’hui les Felis d’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique, pour les herbivores de ces parties du monde. Avec la diminution et la disparition de ceux-ci, déterminées sans doute parcelles des forêts et par les inondations partielles et générales, ont dû successivement diminuer et disparaître les espèces carnassières créées pour l’harmonie des êtres; mais il me semble que leur disparition a précédé celle des autres espèces moins éminemment disposées pour ne manger que de la chair.
La plupart de ces espèces étaient plus ou moins analogues à celles qui existent aujourd’hui dans les deux grandes parties de l’ancien continent, mais il s’en trouvait aussi qui paraissent ne plus exister actuellement à la surface de la terre , et qui remplissent des lacunes de la série.
L’une, entre autres, de ces formes, pourvue de longues canines cultriformes exsertes à la mâchoire supérieure , ce qui a déterminé une disposition en rapport de la mâchoire inférieure et de ses dents de devant, paraît avoir été propre à l’Europe tempérée. Du moins , jusqu’ici , nous ne connaissons à l’état vivant aucune espèce de Felis, petite ou grande , qui offre quelque chose d’analogue au F. cultridcns.
D’après cela , il est évident qu’il ne faut certainement pas regarder avec conclu M. G. Cuvier (Ossem. foss., IV, p. 495), comme incontestable, que les Tigres ou Lions, petits et grands, vivaient en même temps que les Ours et se retiraient dans les mêmes cavernes , où l’on trouve leurs os pêlemêle avec les leurs et avec ceux des Hyènes; parce que, sans être tout à fait une plaisanterie géologique , comme M. Schmerling qualifie cette assertion , c’est au moins un contre-sens zoologique , les animaux de ces trois genres n’étant pas de nature à frayer le moins du monde ensemble, et vivant au contraire et constamment chacun de la manière la plus solitaire et même pour les individus de leur espèce. Mais ce
n’est pas une raison d’en conclure avec M. Schmerling , pour l’explication du fait hors de doute à peu près pour tout le monde aujourd’hui , que les ossements des cavernes y ont été en très-grande partie entraînés par des inondations puissantes, que celles-ci ont dû venir d’assez loin pour amener avec elles aussi bien les ossements d’espèces animales de contrées éloignées que celles du pays où l’amas s’est arrêté. En effet, si certaines espèces de Felis semblent ne pas différer des espèces actuellement vivantes en Afrique et en Asie, d’autres en diffèrent évidemment et viennent même remplacer quelques-uns des chaînons déjà détruits de la création première.
Le grand intérêt que m’avait inspiré la découverte d’une sorte de collection d’objets d’histoire naturelle dans les fouilles du Mons-Seleucus , dont j’ai eu occasion de parler à la page 99 de ce mémoire, m’ayant porté à faire quelques démarches pour savoir ce qu’étaient devenues les pièces recueillies, j’ai malheureusement acquis la certitude que , n’ayant pas été déposées dans une de nos grandes collections nationales, elles sont aujourd’hui complètement perdues, du moins pour la science. Un de mes anciens élèves, actuellement professeur à la Faculté des sciences de Grenoble, M. le docteur Charvet, ayant à ma demande fait faire des recherches à Gap même, il lui a été répondu que les objets découverts dans les fouilles furent envoyés à Paris, et portés à la Malmaison, maison de campagne du chef du gouvernement d’alors, en France. D’autre part , m’étant adressé à l’un de mes honorables confrères à l’Académie des sciences , M. Héricart de Thury, ingénieur des mines à Gap lors de la découverte du Mons-Seleucus, et pouvant par conséquent plus qu’un autre me donner des renseignements positifs; voici la réponse qu’il a eu la bonté de me faire :
« Tous les objets trouvés dans les fouilles avaient été recueillis avec » le plus grand soin par M. le baron de Ladoucetle , alors préfet des
EXPLICATION DES PLANCHES
» Hautes- Alpes, pour le musée de Gap. Que sont-ils devenus? quant à » moi, toutes mes recherches ont été vaines. Il ne me reste rien du » Mons-Seleucus , que le volume imprimé à Gap, en 1804, en partie >» après mon départ, par ordre du préfet, qui m’en envoya un exem- » plaire , sur lequel j’écrivis dans le temps la note suivante au sujet des » objets d’histoire naturelle :
» J avais en effet recueilli quelques cristaux de quartz et des mor- » ceaux de galène ( plomb sulfuré) avec différentes coquilles marines et » une carapace de Tortue; mais je ne puis répondre des dents d’ÉIé- » phant. Je ne les ai point vues, et elles auront été trouvées après » mon départ. Du reste , je me rappelle parfaitement les belles dents » du G. Felis, les grands bois de Cerf et les coquilles, etc., etc. »
Ainsi, quoique nous n’ayons pu voir nous-même et comparer ces objets si curieux , le fait est indubitable et confirmé , s’il en était besoin , par cette note de M. Héricart de Thury.
EXPLICATION DES PLANCHES
Squelettes. I à IV.
De profil rigoureux ; dans l'acte de marcher. Les premières vertèbres dorsales , avec l'insertion des côtes, dessinées à part.
PI. I — Du Lion {Felis Léo, mas).
Réduit au quart de la grandeur naturelle, d'après le squelette d'un Lion de Barbarie, donné à la Ménagerie par M. le comte d'Erlon , et monté sous mes yeux pour cet ouvrage.
Le squelette de cet animal a été assez souvent représenté , et entre autres par Daubenton ( IX pl. 8). MM. Pander et d'Alton {Raubthiere , pl. 1), d’après un squelette de notre collection.
A part également , sur la pl. I, la 5. vertèbre coccygienne , avec son os en V, en place.
Pl. II. — Du Jaguar {F. Onça).
Réduit au tiers. Monté sous mes yeux pour cet ouvrage et provenant d'un indvidu mâle , du Brésil , qui a vécu à notre Ménagerie.
Daubenton est le seul qui ait figuré le squelette du Jaguar sous le nom de Panlhére.
A part la 5e coccygienne d’une Panthère femelle, d'Algérie.
Pl-t I — Du Lynx (F. Lynx).
Réduit aux deux cinquièmes, d'après un squelette de l'ancienne collection , remonté à neuf sous mes yeux , et qui est peut-être celui qu'a représenté Daubenton (IX, pl. 23). Il proviendrait alors d’un individu femelle,
Pl. IV. — Du Guépard {F. Jubata ).
Réduit au cinquième, d'après le squelette refait sous mes yeux, d'un mâle jeune, mais adulte, qui a vécu anciennement à la Ménagerie. On le suppose de l'Inde G. Felis. 24
CRANES. PI. V à X.
PI. V. — Du Lion ( F . Léo , mas.).
Réduit de moitié , d'après l'individu de la planche I , sous plusieurs faces , pour montrer les caractères de l’espèce. Les os de l’oreille sont doublés.
PI. VI- — De Lions de différentes races, tous à moitié de la grandeur réelle.
— 1 . F. Léo Senegalensis , d'après un individu mâle qui a vécu à la Ménagerie , et reçu de madame
veuve Bourcard , de Nantes, préparé en 18*1 .
2. F. Léo Capensis. D'après un mâle du cap de Bonne-Espérance. Envoyé à notre Ménagerie, par MM. le capitaine Geoffroy et Dussumier. Préparé en 1833.
3. F. Léo JVubicus. D’après un mâle envoyé de Nubie , par le docteur Clot-Bcy , et mort à la Mé- . * gerie , en 1811.
i. F. Léo Indicus. D'après une femelle de l’Inde (côte Malabar) , donnée à la Ménagerie par M. Dussumier, et préparée en 1811.
— De Cougouar {F. concolor), de Patagonie , par M. Aie. d'Orbigny.
PI. VII. — De Tigre (F. Tigris).
Un crâne de sexe inconnu de Tigre de Sumatra , remarquable par la largeur de ses arcades zygomatiques, et envoyé à notre collection en 1821 , par feu M. Alfr. Duvauccl. Il est représenté sous les mêmes faces que celui du Lion de la pl. VI. A part deux échancrures palatines.
PI. VIII. — De Jaguar (F. Onpa).
1° D’après une femelle du Pérou , préparée en 1835 et donnée vivante à notre Ménagerie , par M. le contre-amiral d'Urville. De profil en dessus et en dessous.
2“ De profil. D'après un crâne incomplet, remarquable par son chanfrein bombé et provenant d’un individu qui a vécu en 1812, à la Malmaison.
- De Panthère (F- Pardus).
1° F. Pardus Sumalranus , de Sumatra , parM. Alfr. Duvaucel. 1820.
De profil, avec Iecondyle maxillaire et l'échancrure palatine à part.
2° F. Pardus barbarus. Tiré d'un individu femelle d’Algérie, mort à la Ménagerie en 1835.
De profil et en dessous , avec le trou dentaire e l'échancrure palatine à part. Les os de l'oreille sont aussi à part et doubles de la grandeur naturelle.
Pl . IX. — Toutes les figures de grandeur naturelle.
De Serval (.F. Serval ).
D’une femelle du Sénégal. Préparé en 1337.
Le profit, avec une vue de son condyle maxillaire et de son échancrure palatine.
— Du Chat ganté (F. maniculata ).
D’un individu sauvage, préparé au Sennaar en 183i, par M. P. E. Botta, voyageur du Muséum. Le profil en dessous, avec le trou dentaire à part.
— De Chat sauvage ( F . Catus ).
De profil, en dessous et en dessus, d’après le crâne d’un individu d'Alsace, donné par M. Straus.
Les os de l'oreille doubles de la grandeur naturelle , d’après ceux d'un Chai domestique.
— De Chat a face longue (.F. planiceps).
De profil et en dessus, d’après un crâne envoyé de l’Inde (Cochinchine ?) , par M. Diard , en 1826, sous le nom de Petit Serval.
Pl. X. — Les figures sont de grandeur naturelle.
De Lynx le F. montana . Lecomte.
De profil et en dessous , d’après un crâne de Géorgie, envoyé à notre collection en 1828, par M. Lecomte, comme provenant de son F. montana.
F. Caracal F. Caracal).
L’écbancrure palatine seulement , d’après un mâle de Barbarie.
— De F. longic audata.
Profil du crâne du squelette dont il est question sous ce nom dans le présent fascicule (p. *7 ) , préparé nouvellement d'après un corps desséché envoyé de l’Inde (Cochinchine?), en 1820, par M. Diard.
Le Guépard (F. Jubala ).
Profil, dessus et dessous , avec les os de l'oreille à part et doubles de la grandeur naturelle.
EXPLICATION DES PLANCHES