PARIS. - IMPRIMERIE DE PAIN ET THUNOT
DES VIVERRAS
Le genre des Yiverras, qui suit immédiatement celui des Mustelas, dans toutes les méthodes véritablement naturelles de mammalogie , où le système dentaire seul n’a pas été pris en principale considération , comprend un assez grand nombre d’espèces de Carnassiers, en général de plus grande taille, quoique encore assez médiocre, dont Je corps en totalité est plus allongé, non pas dans le tronc lui-même, mais essentiellement dans la tête, et surtout dans la partie coccygienne ou caudale , qui est toujours fort longue ; dont les membres sont un peu plus élevés , moins distants , les tarses plus étroits , plus longs , moins nus , si ce n’est dans les Paradoxures presque complètement plantigrades, et dont les doigts en général plus courts sont encore au nombre de cinq à chaque extrémité , excepté une ou deux anomalies; mais dont le pouce est souvent assez court pour disparaître entièrement dans une ou deux espèces, et dont les ongles aigus, arqués, sont encore plus semi-rétractiles que dans les Mustelas ; dont le système de coloration fort rarement uniforme, toujours plus clair en dessous qu’en dessus, finit par être annelé et tacheté comme dans la plupart des Felis, qui constituent le genre suivant; dont enfin le système dentaire est presque toujours plus complet, c’est-à-dire qu’outre les trois incisives et les canines comme dans tous les Carnassiers, si ce n’est que la seconde incisive d’en bas est bien bien moins rentrée que dans les Mustelas, les molaires sont presque toujours, si ce n’est dans quelques espèces, au nombre de six en haut comme en bas , savoir : trois avant-molaires , une principale et deux arrièremolaires. Je n’ajouterai pas quelles sont en général plus insectivores, moins carnassières que dans les Mustelas, parce qu’en effet plusieurs espèces de la section des Paradoxures plantigrades ont les dents molaires
G. VlVERM. 1
Définis.
Dans leurs caraclères
extérieurs.
Tirés du Corps , des Membres,
des Doigts.
des Ongles.
du Système de coloration.
du Système dentaire.
CARNASSIERS; VIF ERRAS ( Civetta ).
intérieurs.
Des Mœurs.
Comparés au type le V. Civetta.
Suivant l'ordre des Mangoustes aux Genettes,
et non des Paradoxures aux Mangoustes.
presque aussi tuberculeuses que les Subursus ; au point que sous ce dernier rapport on pourrait très-bien rapprocher ces animaux.
On peut ajouter à ces caractères généraux que les Viverras n’ont guère plus de clavicules que les Mustelas, que l’humérus, presque toujours percé au condyle interne, l’est quelquefois aussi au-dessus de la troehlée; que le canal intestinal est toujours pourvu d’un cæcum fort court au point de jonction de ses deux parties principales, et qu’à sa terminaison il y a constamment des glandes odoriférantes un peu diversiformes et souvent fort considérables.
Quant aux mœurs et aux habitudes des animaux de ce genre, elles sont assez bien intermédiaires à celles des Mustelas et des Felis,ne s’engourdissant pas pendant l’hiver , marchant moins en rampant, montant ou grimpant aux arbres pour prendre les petits oiseaux, et surtout leurs œufs, dont ils sont en général très-friands.
Suivant notre plan , nous allons prendre pour type la Civette proprement dite ( K. Civetta de Linné ) comme étant à la fois la plus commune et la plus complètement connue. Nous lui comparerons ensuite les espèces que nous groupons autour d’elle , dans l’ordre zoologique exposé dans nos généralités sur les Carnassiers, c’est-à-dire en montant des Paradoxures ou Martres des palmiers jusqu’aux Mangoustes que nous mettons à la tète, et en descendant jusqu’aux Genettes placées à la lin comme les plus voisines des Felis.
D’après cela, il est évident que l’ordre suivant lequel notre comparaison sera établi, ou l’ordre sérial, sera déduit principalement de la considération du système de coloration qui d’uniforme devient de plus en plus varié et finit par être tacheté et annelé comme dans les Felis; mais on pourrait aussi avoir égard au nombre des dents, et par suite à la longueur des mâchoires, ce qui entraîne une certaine forme de la tête en général plus ou moins brève, ou plus ou moins allongée; considération assez bien concurrente avec l’état plus ou moins complet du cadre de l’orbite, qui se remarque chez les Felis. Peut-être même marche-t-elle aussi assez parallèlement avec la diminution dans le nom-
bre des doigts, la proportion du pouce, et même le degré de plantigradie.
En adoptant ce point de vue, la série s établirait des Paradoxures en tête , aux Genettes , aux Civettes , et elle se terminerait par les Mangoustes, et celles-ci par les Surikates, qui cependant sont évidemment moins Felis que les Genettes, de l’aveu de tous les méthodistes : aussi avons-nous admis l’ordre des Mangoustes aux Genettes.