‹ Oswald CrolliusMoine, Médecin, PhilosopheChapitre 10 sur 25 · LA ROY ALE CHIMIE · texte numérisé non relu

LA ROY ALE CHIMIE

La Royale Chimie, publiée en 1608, contient les formules médicamenteuses de l’époque. En même temps qu'il indique une série de remèdes, CROLLIUS donne la technique nécessaire à leur préparation.

D'où viennent ces formules ? Elles ont été transmises d'auteur à auteur et CROLLIUS les a acquises

«-parmi la fatigue des voyages, tant en France, Espa-

gne, ltalie, Suisse, Hongrie, Bohème et Pologne, des plus experts et renommés Chymistes, tant par la courtoisie de quelques-uns, que par mes propres deniers » C’est ainsi que l’Antimoine diaphoréique lui a coûté pour le moins deux cent florins ! Ou bien il payaït en nature, échangeant ses propres formules contre d’autres.

Certes il les a toutes expérimentées, remaniées et perfectionnées; mais il ne cache pas que, à l’origine, elles ne sont pas toutes de lui. Du reste il se vante de cet aveu : « C’est un acte de bénignité et de jugement de confesser ceux desquels nous tenons notre science ».

Toutes ces recettes se transmettent secrètement. « Les anciens Philosophes avaient horreur de déclarer et manifester les trésors de la Nature aux rustres », dit CROLLIUS. Aussi hésita-t-il avant de publier ses formules, craignant de voir, comme il l’écrit « les Philosophes Hermétiques s’élever contre moi, disant que je leur fait tort de divulguer et mettre au jour ces secrets de la plus grande partie desquels ils faisaient leur profit ». Mais « l’utilité publique doit avoir plus d’autorité que leur profit particulier ». Enfin pour écarter tout scrupule, il se sert de cette comparaison : « Puisque notre père céleste le Soleil a été si libéral, que de distribuer également sa lumière à tous les mortels, sans avoir égard aux bons, ou mauvais, nous comme ses vrais et légitimes enfants sommes obligés

de l’imiter en sa liberté, et principalement ceux-là d’en-

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tre les autres, auxquels il a donné la parfaite connaissance de la vérité parmi la plus grande obscurité des ténèbres ».

Ainsi CROLLIUS se sent-il obligé de vulgariser sa méthode. Il n’a pas le droit de garder et surtout de laisser tomber dans l’oubli les secrets qu’il tient de Dieu.

Des nombreuses préparations qu’il donne, nous n'avons gardé, pour les présenter, que les plus signi-

ficatives.

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