De plus, ajoute le Juge Pla
« mondon, le caractère de Blais n'est « pas attaqué ; # est admis," au conctraire, qu'il est un homme hon- «nête etrespectable, »
Et par qui cette admission a-t-elle été faite ?
N'’en déplaise à Son Honneur le Juge Marc-Aurèle Plamondon, cidevant avocat dans la cité de Qnébec, aujourd’hui juge à Arthabaska, le certificat d'honnèteté et de respectabiiité qu'il donne à Blais ne era pas la fortune, de celui-ci. Sa conduite a été justerent appréciée par Son Honneur le Juge Routhier, et. les louanges un ‘peu forcées du Juge Plamondon n’en feront j"mais un homme honnête et respectable.
A vouloir blanchir un nègre Le barbier perd son savon !
130. « Mais, dit-on en dernier ressort, Blais était partisan. »
C'est encore le juge Plamondon qui se pose cette objection, qui n'a jamais été faite par d’autres que par lui-même, pour lé plaisir sans doute de montrer äu publie avec quel art et quelle force de logique il sait se réfuter.
Il a parfaitement réussi et rous savons maintenant que ses meilleurs arguments sont tenus en réserve pour se combattre et se convaincre Nniémor c’est une espèce de dis-
ciplinelégale qu'ils administre dans les moments épineux.
Fantaisie comme une autre !
140. «La seconde accusation portée «contre le Défendeur, dit le Juge « Dorion,est d’avoir promis aux élec- “teurs de la concession Ste. Cathe- «rine de leur faire obtenir de l'argent « pour réparer leur chemin.»
Nous avons déjà prouvé, en pa courant toute la preuve relative à cette question, que le tribunal était complètement dans l’er
Je n'ai point promis, ,ent aux électeurs de la concessio.. Ste. Catherine.
Mes savants juges, s'ils veulent se douner le trouble de lire la preuve et ne prèter aux mots que leur signification usuelle, ordinaire, pourront se convaincre combien il est facile de se tromper et de prendre de, vessies pour des lanternes ; pour cela il n’y a qu'à comparer le motivé de leur jugement avec le simple relaté des faits, tels que la preuve nous les présente.
150. Il m'est impossible de terminer cette nomenclature des erreurs de faits du premier groupe sparler de cette étrange applicat Va fait le Juge Dorion des préc. s français.
Le savant Juge s’est inspiré d'une décision rendue par l'assemblée Nationale en France !
Voilà assurément du nouveau.
Rien d'étonnant alors que mon | élection ait été annulée et que j'aie été trouvé personnellement coupable | de manœuvres frauduleuses.
| En France, l'Assemblée Nationale,
agissant sous l’empire des passions politiques,ne connaît qu'une loi,celle de la force du nombre. Hors de là, point de salut pour les députés dont les élections sont contestées. ‘Si l’on n'appartient point au parti de la majorité, d'avance on est marqué pour le supplice.
Mes juges se sont autorisés d'un si noble exemple.
Je suis conservateur ; j'ai comcomparu devant un tribunal composé d'hommes qui, hier encore, étaient les coryphées du parti libéral, N'’étais-je pas une victime désignée
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d'avance ? Je rencontrai un jour, à | Québec, la veille du plaidoyer, un | libéral bien connu quim'assura sans | détour que ma cause était perdue :
« Nous allons certainement gagner, :
dit-il, nous avons deux des juges pour nous !!1»
Je ne voulus point le croire....il avait pourtant raison,
Revenons au précédent francais que le juge Doriou a emprunté d'un numéro du Temps, celui du 2? avril.
L'élection de la première circons- | cription de Dax à été annulée par | l'assemblée nationale parce que des fonds de secours, destinés aux inondés, ne leur ont été distribués que l’avant-veille de l'élection. M. !
‘Cardeneau, le membre élu, étaiten même temps président de la commis: | sion de secours aux inondés. On l’a tenu responsable dans la distribution -des argents, d'un retard de
quelques mois et on a trouvé dans |
cette distribution tardive la cause de la majorité qui Pa porté à lassemblée nationale.
matériellement impossible avec ce
| système de savoir pour qui un élec
teur a voté, C'est le secret du votant et la loi le protége. Elle le protége si bien que même devant une cour de justice l'électeur n’est jamais te.
uu de dire pour qui il a voté.
Encore une fois c'est son secret, En parlant de la prtendue pro-
|inesse que j'aurais faite aux élec-
teurs de la concession Ste, Catherine, dans la paroisse St, François, le juge Dorion ajoute :
« C’est de la corruption en gros et «elle a bien réussi dans le cas actuel, «puisque TOUS LES ELECTEURS « de Ste, Catherine Moins un sEuL, ONT € VOTE pour le défendeur ! »
La concession Ste. Catheri ie fait partie de la paroisse St, François ; les électeurs de cette concession ont voté au poll de St François avec tous les autres électeurs de cette paroisse,
Il n'y avait donc qu'un bureau de votation ; 198 voix ont été données au poil de St, François ; sur ces 198
M. Cardeneau donc, d'aprèsle juge Dorion, a influencé le vote populaire par la distribution intempestive des fonds de secours, argent qui à été donné avant là vo ion. J'ai promis aux électeurs de Ste, Catherine, comme à ceux de tou le comité, de travailler dans leurs intérêts si j’6tais élu.
Le juge Dorion demeure frappé par l’analogie des deux cas !
«Je ne puis m'empêcher, s'écrie-t «il, de citer nne décision rendue ré «cemment par l’Assemblée Natio- «nale, qui me paraitavoir beaucoup «d’analogie au cas qui nous occupe «et qui est rapportée dans le Temps «du 2 avril»
Le moins que l’on puisse dire, c’est que lesavant juge cite le Temps fort à contre-temps.
Au lieu de se perdre dans les précédents français qu’il se mette au courant des précédents anglais ; sa science n’en souffrira pas et ses justiciables y gagneront beaucoup.
B.— faits inventés.
La dernière élection, tout le monde le sait, s’est faite au scrutin. Il est
voix, il faut en retrancher 4 qui ont été déclarées nulles par le Député Officier Rapporteur, Ii en reste 194 à partager entre M. Langelier et moi ; mon adversaire en à eu 135 et moi 99 ce qui me laisse en minorité de 76 voix.
Eh bien ! c’est dans'un poll ou j'a eu une minorité de 76 voix que les électeurs de St Catherine ont déposé le bulletin secret de leur vote.
Et le juge Dorion déclare que TOUS LES ELECTEURS de Ste.
Catherine moixs UN SEUL ONT VOTE pour moi!
Comment peut-il le savoir ?
Le juge Plamondon est aussi savant et aussi capable que son confrère !
« Dans la paroisse de St. François, « dit-il, il est une concession dénom- «mée de Ste. Catherine. Dans cette «concession se trouvent 15 à 16 élec- « Leurs,»
154 ou 15}, je suppose ! Entre 15 et 16 en effetilne peut y avoir que des fractions... d’électeurs !
«Et les QUINZE ELECTEURS, «continue plus loin le savant magis- «trat, influencés indûment par ces
« promesses, ONT JETÉ dans le plateau «l'influence de leur GUINZE VOTES !»
Dans J2 b2lance de la Justice sur l'un des plateaux l’on peut maintenant voir le juge Dorion y jeter tous les poids de sa science intuitive ; sur le plateau opposé le juge Plamondon entasse les trésors de sa brillante imagination.
Qui va l'emporter ?
L'équilibre est parfait, le fléau se maintient horizontal.
«A l'élection précédente, renché- «rit le juge Plamondon, quatorze «de ces électeurs avaient voté pour « ladversaire du défendeur, »
Pourquoi pas 13, 12 ou 19 ? Pourquoi 14?
Rien aans la preuve n'autorise un chiffre plus que l’autre, puisque lors de l'enquête il n'& amais été question du nombre de voteurs qu'avait eus M. Langelier.
C'est un nouveau fait inventé, le deuxième au compte du juge Plamondon.
Sous cette influence le plateau du juge Plamondon menace de lemporter sur celui du juge Dorion, lorsque celui-ci jette dans son plateau le contrepoids suivant qui ramène l'équilibre et remet le fléau sur uu plan horizontal.
«Le paiement par le Dr. Desjar- « dins d’une voiture pour transporter «le voteur.»
Oriln'a jamais été question lors de l'enquête que le* Dr. Desjardins ait payé une voiture pour transporter n'importe quel électeur.
C'est une invention du juge Dorion, qui sait encore nous donner un nouvel éch: utillon de son esprit inventif en proclamant, malgré la
preuve, que « l’objet pour lequel La- |
«bonté à été loge et nourri était «d’avoir son vote. »
En face de cette cinquième production, le juge Plamondon, ne voulant pas tirer de l'arrière, décrète héroïquement que le père Labonté a de la famille ! !
Cette sixième assertion que rien | dans la preuve ne vient justifier est
la seule, je crois, qui n'ait exercé aucune influence sur le jugement qui me condamne !
Il y a encore l’étonnante méla-
cinq piastres en billet promissoire pour le même montant.
C'est un tour de force à nul autre pareil et qui décidemment fait pencher le "lateau de l'invention du côté du Juge Plamondon.
Nous parlons de faits inventés et nous en attribuons le mérite au tribunal.
. Une simple observation va nous donner la clef de tout le mystère.
Lorsque les deux juges s'accordent à dire par exemple que les électeurs de Ste. Catheriue ont voté pour moi, ils avancent un fait matériellement impossible à connaître; n'ayant pas lu la preuve, ni même le relaté du fait dans le dossier, ils ont dû älors en entendre parler, car quelque profond que soit leur esprit inventif il ne viendra à l’idée de personne qu'un juge, surtout un juge étranger qui nous arrive de Montréal comme les cheveux sur la soupe, puisse, de lui même, par intuition, devine: .que les électeurs de telle paroisse inconaue, de telle concession aussi inconnue, aient voté de telle manivre ou de telle autre. Ce sont là des connaissances qu’on acquiert et il n'y à que deux manières pour un juge de se les approprier :
lo. Légalement, par la preuve qui en est faite devant leur tribunal ;