CONCLUSION
En 1872, pendant les é’ections générales, un électeur de Québec- Centre se rendit un soir sur la place du marché Jacques-Cartier, à St.
Roch. Il y avait là assemblée publique ; il s'agissait du choix d’un candidat pour l'élection alors prochaine.
Le citoyen de la Haute-Ville voulut
parler, il en fut empèché par la cla- |
meur publique, Il y eut même un
peu de tumulte, le flot populaire |
gronda, et une vague de cette mer
agitée souleva et porta plus loin |
l’orateur et sa futile éloquence.
Le lendemain de ces «chaudes alar-
mes » le citoyen dénoncsait à la Justice |
celui qui, dit-il, « Pavait culbuté en bas des degrés. » :
Un procès eut lieu ; l'accusé fut acquitté le 11 octobre 1372.
Cinq jours après paraissait dans l'Evénement l'écrit le plus virulent qui ait encore été lancé coutre la justice.
C'était la plainte amère d'un hom- |
me, non pas condamne par la justice, mais qui n'avait pu réussir à faire condamner son semblable.
C'était l'explosion de l'orgueil, de la rage, de la haine, un salmigondis de toutes les passions.
Qu'il me soit permis de faire quelques extraits, de citer quelques phra ses ; le juge Dorion pourra, comme
dans Particle du Temps qu'il à fait
valoir, trouver peut-être quelqu'analogie ; il rencontrera, dans tous les cas, des expressions que ne désavoura pas son collègue.
« Dans ce pays, disait l'écrivain du «temps, dans ce pays OÙ CERTAINS « JUGES se considèrent comme Les hum- « bles INSTRUMENTS du pouvoir qui les <a nommés et qui les paie, dans cette « bonne ville où la franc-maconnerie «des ,bureaucrates tient boutique «ouverte, & est avec la justice des « accomodements ingénieux et utiles. »
Plus loin lécrivailleur s'attaque au juge.
«Et voilà, dit-il, comment M. le «juge X. comprend et exerce ses «hautes fonctions de juge. Et cet «homme possède en vertu d'un par «chemin le droit de justice! La li «berté, l'honneur des justiciables «sont livrés en pâture aux besoins «de sa somnolence, aux exigences «de son caprice, dut fantaisies de su «servililé. »
«Oh! la Justice ! quand elle n’est «plus leremède destiné à venir enaide «au: infirmités de la société humaione, quand elle a cessé d’être distri- «bué aux individus comme aux naä- » tions par une man imparliale, «La Justice est le plus mortel des poi- (Sons. »
«Devant la Justice laborieuse, in- «tègre, impartiale et distinguée par «le savoir, comme est celle dont notre « district s honore (en 1872) dans ses «tribunaux civils, je nrincline, je «respecte et jacceple sans murmuret «l'arrêt qui m'est défavorable ; mais «quand sous le tricorne di Juge les «traits sensuels du personnage ne «réflètent que l'indolence et le dégoul «de l'écute, LE DESIR DE PLAIRE «AUX MAÏTRES et la satisfaction «d'un sybarite bien repu, alors je «me révolte et je dis au 1onvtion- «naire publie :
« Au dessus de votre prévarication Qily a l'opinion publique devant la «quelle vous êtes responsable et der- «rière cette opinion publique à y «a «LE PARLEMENT !»
Gette diatribe porte un nom responsable.
Ce citoyen de la Haute-Ville de Québec qui écrivait ainsi, en 1872, à propos d’une insignifiance, les articles les plus violents contre la Jus:
tice, était alors avocat et cel avocal signait l’article que l'on vient de lire du nom de
M. A. PLAMONDON.
si Mons. le juge Plamondon s’of-
fense de ce que j'ai pu lui dire dans ma présente défense, qu'il veuille bien se ruppeler que jamais je mai été aussi loin que l'avocat Plamondon. Et cependant ma cause était autrement importante que n'était la sienne en 1872; ce n'était pas une petite affaire d'assaut et batterie.
D'ailleurs il le sait lui-même puisque le motivé de son jugement cominence ainsi :
« La question soumise est de la plus naute gravité, si l’on consi- «dère limportance des intérôts «d'ordre publie qui se trouvent en
«débat, les dungers auxquels est expo- |
«sée l'intervention de la Justice pour «approuver ou pour annuler les ré- «sultats du.choix libre des électeurs «et aussi les droits et privilèges si considérables du membre éiu. »
Ce sont là de belles paroles..…..en l'air.
Mes droits et privilèges ont été méconnus; le choix libre des électeurs de Montmagny a été brisé; la justice elle-même à été blessée par l'intervention de la Politique.
Je reste debout néanmoins, avec la certitude d'avoir conservé l'estime
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de mes concitoyens. Je puis encore marcher la tèle haute; ma conscience est tranquille. Je sais que: je ne suis point coupable.
J'ai été condamné cependant, mais par un tribunalqui s’est divisé.
Au point de vue du nombre, les opinions différentes des Juzes Routhier et Dorion s'annuient ;: il reste celles du juge Plaumondou. C'est donc l'influence de ce savant Juge qui consacre aujourd'hui ma dis:
grâce. Heureusement qu'il suit Tuimôme qu'il v a dans uce pays cerlains juues qui se considèreal les hurnbles instruments du pouvoir qui les @ nommés et quiles puie » ; heureusement qu'il a proclamé lui-même, il Y à quatre ans à peine, sous la responsubilité de sa signature, que «la Justice est le plas mortel des poisons
| quand elle a cessé d'être distribuie par
une mar dmpoitiale.s
A. CG P, R:Lanpny,
St, Pierre Rivière du Sud, 26 juil let 1850.
Hé