Ouvrages de tapissier et de décorateur
Les industries qui appartiennent aux classes li et 45 naissent de besoins identiques , suggèrent les mêmes réflexions et s’enlacent si constamment dans leurs produits qu’il est difficile de les séparer, et la plupart des considérations contenues dans le rapport qui précède s’appliquent également à celui-ci.
Depuis longtemps, en France, la pensée qui protège les arts, les sciences et les lettres , conserve avec sollicitude les restes précieux de nos antiquités nationales, et les débris des arts somptuaires sont recueillis religieusement dans les archives de l’État, les palais historiques, les musées de Paris et de province. En Angleterre, s’est révélé un vif amour pour les arts nationaux et étrangers du moyen âge ; il a donné naissance à des collections déjà célèbres. En Allemagne et dans les autres contrées du Nord, cette curiosité rétrospective s’est développée avec moins de puissance; mais nous voyons actuellement l’esprit public et les gouvernants s’en préoccuper sérieusement. Dans une voie parallèle, on s’est adonné avec une recherche active à l’étude des procédés industriels
et des arts de construction da moyen âge; les manuscrits ont été compulsés, les œuvres étudiées, analysées, et de nombreuses publications scientifiques et artistiques en ont été le résultat.
Pour la première fois, l’Exposition de 1867 nous montre dans un seul cadre, réunis aux produits modernes, ces éléments de l’art, de la science et de l’industrie, provenant de sources si nombreuses et si variées d’époque et de nationalité. Ces éléments, joints aux ressources dont il a été question dans les considérations du rapport sur la classe 14, offrent à chaque peuple, dans l'avenir, des forces égales et des avantages réciproques pour assurer leur marche dans la voie du progrès. Il doit en résulter une fusion presque accomplie dans le domaine de la science et de l’industrie, et un éclectisme déjà sensible dans les classes qui représentent les industries d’art.
Nous avons dit dans quelle mesure nous voudrions voir s’établir cette communauté des progrès de la civilisation , combien elle est féconde, salutaire pour la science, l’industrie et le bien-être des peuples ; mais aussi, quel genre de résistance il faut y apporter pour conserver la physionomie des types nationaux et cette originalité qui fait aujourd’hui encore la gloire de peuples disparus sous la couche des siècles, et dont l’existence n’est connue que par les ruines de leurs monuments et les débris de leurs arts. Nous nous bornerons donc à marquer, par l’indication des œuvres les plus saillantes, la situation actuelle des arts décoratifs de chaque nation à l’Exposition de 1867.