‹ Ouvres complètes de J. DelilleChapitre 147 sur 391 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

Auguste , concpiérant et paciiicaleur,

Par trois fois a conduit son char triomphateur ;

Et, payant à ses dieux, le tribut ae sa gloire,

Par des dons solennels acquitte sa victoire.

Au temple d'Apollon, d'un marbre éblouissant.

Lui-même vient offrir son vœu reconuoissant ;

Lui-même, le front ceint d'immortelles guirlandes,

De cent peuples divers il reçoit les offrandes;

Et, suspendant leurs dons au portique du dieu.

Lui fait de ses faveurs le solennel aveu.

Devant lui s'avançoient les nations somnises ;

A la variété de leurs armes conquises ,

De leurs noms, de leurs mœurs, de leurs habits divers,

Rome a cru dans sou sein rassembler l'univers.

Là , du Nomade erraut dans sa hutte roulante ,

Du brûlant Africain à la robe flottante ,

Du Carien , enfant d'un sol voluptueux.

Du farouche Gélon , du Dahe impétueux ,

Le dieu dans ses tableaux enchaîne encor l'image ;

L'Araxe au loin mugit sous un pont qui l'outrage;

Le Rhin de son orgueil reçoit le châtiment.

Et l'Euphrate soumis coule plus mollement.

Le héros s'applaudit ; de ses yeux il dévore Dans ce don prophétique un bonheur qu'il ignore; Part , et porte à son bras ses glorieux deslins, Et l'honneur de sa race , et le sort des Romains.

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