‹ Ouvres complètes de J. DelilleChapitre 170 sur 391 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

l'Aurore cependant abandonnoil les mers ; Enée, à ses succès mêlant des soins amers, Des guerriers descendus dans les royaumes sombres Est pressé d'apaiser les héroïques ombres. Mais il veut avant tout, triomphateur pieux , Aux dieux qui l'ont fait vaincre offrir ses justes voeux. Par son ordre, en un lieu qui domine la plaine. S'élève sans rameaux l'énorme tronc d'un chêne : Là du fougueux Mézcnce, immolé par son bras, Il consacre l'image au grand dieu des combats; Il place du guerrier l'armure étincelante, Ses javelots brisés, son aigrette sanglante; A la gauche il suspend son large bouclier; Son glaive, dont l'ivoire enveloppe l'acier. Se rattache à son cou ; sa pesante cuirasse, De douze coups percée , en offre eucor la (race; Enfin ce tronc brillant, ce chêne tout armé, Paroît offrir aux yeux Mézcnce ranimé.

Le héros, qu'environne une nombreuse suite. De ces braves guerriers harangue ainsi l'élite ; « Courage , mes amis I de glorieux succès

900 ,; Hostis amare, quid rncrcj)itas , mortcmque minaris? ISuUum in Ccede ncfas; nec sic ad préelia veni, ISec tecum raeus haec pepigit milii f'œdera Lausus. Unum hoc, per, si qua est victis venia hostibus, oro, Corpus humo patiare tegi. Scio acerba meonnn Circumstare odia; hune, oro, défende furorem. Et me cousortem nati concede scpulcro. »

Haec loquitur, juguloque haud inscius adcipit ensem, Undantique auiniam difluudit in arma cruore.

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