REMARQUES DES LIVRES III ET IV
I,a même énergie distingue les vers où Milton peint les portes de l'enfer s'ouvrant devant leur souverain. Mais rien n'égale les coiileuis dont il a peint son voyage à travers le vide et le cliaos : là tout est de sa création; et, si ces idées sont fantastiques , du moins elles sont neuves , animées , et revêtues de la plus magnifique poésie : on peut dire que le génie de Milton a peuplé le vide et dompté le chaos; sur-tout il a représenté avec une justesse parfaite l'espace mitoyen où le chaos touche à la création, l'ordre au tumulte, et la lumière à l'ombre. En un mot, dans ce chant les défauts sont rares et les beautés sont nombreuses; ainsi que dans le premier, les discours et les descriptions y sont admirables; et jamais l'imagination poétique ne s'est montrée ni plus féconde, ni plus originale.