‹ Ouvres complètes de J. DelilleChapitre 348 sur 391 · PEINTRE · texte numérisé non relu

PEINTRE

Graces à ces couleurs dont Zeuxis eût fait choix. Mon aimable Antigone existe donc deux fois; Dans un même tableau vit notre double image ! Reçois donc noire double hommage.

Hardi, correct, sage et brillant Danloux, Qui sans rivaux , mais non pas sans jaloux , De tous les goûts as conquis le suffrage. Ainsi l'astre dont les rayons

Dirigent tes crayons, Quand il a percé le nuage, Par ses vives splendeurs plaît à tous les clunats; Du Maure est adoré sur son brûlant rivage,

* Au sujet du portrait en pied de M. et de madame Delille, fidèlement reproduit dans une très belle gravure.

POÉSIES FUGITIVES

Dore les sommels de l'Atlas, Du froid Caucase empourpre les frimas, Pénètre dans la terre, étincelle sur l'onde, Esl l'ame, le foyer et le peintre du monde. A cet arl enchanteur qu'honore ton pinceau , Et qu'enrichit encor ce chef-d'ieuvrc nouveau , Mal à propos je servis de modèle :

Je le sais bien; mais si j'en croi Mes seniimenls pour loi, J'en puis servir à l'amitié fidèle.

A UiN AIMABLE GOUTTEUX.

Cher d'Aiç;rcmonl , d'oîi te vient, à ton âge,

Ce mal effréné , dont la rage Au grand galop suit ton rapide essieu, Et pour qui, l'éloignant de ton doux parentage. Tu te mets en pèlerinage Pour je ne sais quel triste lieu.

Où l'eau du cru sera ton seul breuvage ? Est-ce le dieu du vin , est-ce l'aveugle dieu ? Le buvois-tu mousseux ? la trouvois-lu jolie ? Ou bien est-ce à-la-fois l'une et l'autre folie.' (Car de l'une et de l'autre on te soupçonne un peu);

A ton retour tu nous en dois l'aveu.

En attendant, hélas! la goutte est du voyage; Mais lu la souffres comme un sage.

Et la chantes comme Chaulieu.

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