‹ Ouvres complètes de J. DelilleChapitre 360 sur 391 · A LA CÉLÈBRE MADEMOISELLE · texte numérisé non relu

A LA CÉLÈBRE MADEMOISELLE

Lorsque du haut des voûtes éternelles Le roi des dieux venoit aux demeures mortelles Chercher ou l'homme juste, ou la jeune beauté,

Sa modeste immortalité N'alloit point, dédaignant le rejios des cabanes.

Demander aux palais profanes

La pompeuse hospitalité.

Hôte indulgent, à son banquet céleste, Où jamais ne siégea la douce égalité,

Il préféroit d'un gîte agi'este

L'innocente frugalité.

Là, dans l'incognito de la grandeur suprême. Oubliant pour un jour l'étiquette des cieux , Chez l'homme hospitaher, pauvre et religieux. Le chaume pour lambris, des fleurs pour diadème.

Du miel pour ambrosie et du lait pour nectar,

En allendant que des chaumières Le doux sommeil vint fermer ses paupières, Jupiter dételoil les aigles de son char;

El sans projets, et sans tonnerre, Laissant aller le monde et rouler le Destin,

En simple habitaiH de la terre.

Du pauvre la!)0ureur parlageoit le feslin; Mais au départ (Baucis on offre un grand exemple), Le voyageur sacré, de ce rustique lieu Cliangeoit l'obscur asile en un supei'be temple,

Et pay oit son écot en dieu.

Vous êtes plus puissante encore et plus modeste;

Et mon poétique taudis, Grace à vos traits divins, à voire voix céleste.

Devient pour moi le paradis.

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