‹ Ouvres complètes de J. DelilleChapitre 389 sur 391 · A L'ABBÉ BARTHELEMY · texte numérisé non relu

A L'ABBÉ BARTHELEMY

A. l'occasion du voyage d'anacharsis.

Si vous ne deviez pas. Monsieur, être dégoûté d'éloges, je vous dirois (jue votre ouvrage m'a paru ef-

frayant d'érudition et de connoissances , comme il m'a paru enchanteur de style et d'exécution. Avant vous , on n'avoit jamais imaginé qu'aucun ouvrage pût dispenser de lire Platon, Xénophon , tous les historiens, et tous les ])hilosophes de la Grèce. Votre ouvrage, le plus beau résultat des plus profondes lectures, tient lieu de tout cela; et un Ultérateur peu fortuné avoit raison de dire que votre livre est une véritable économie. Il étoit impossible de faire de toutes ces idées cl de toutes ces pensées une masse plus brillante et plus solide; et votre ouvrage m'a rappelé ce métal de Corinlhe, composé de tous les métaux, et plus précieux qu'eux tous. C'est le génie qui a fondu tout cela.

Ces Grecs , (|ui savent à peine s'ils ont eu des aïeux illustres, seroient un peu étonnés, si on leur disoit qu'un étranger a passé trente ans de sa vie à faire leur intéressante généalogie, et a découvert les titres de leur gloire nationale.

On ne peut rien ajouter aux charmes de vos descrijv tions. Le plus grand poète de la Grèce, cet homme dont vous avez si dignement parlé, passoit pour le premier de ses historiens; et son nouvel historien auroit, comme Platon, passé pour un de ses plus grands poètes, si une action dramatique, des caractères bien soutenus, des images brillantes, sont de la poésie.

Les villes de la Grèce regardoient comme un titre de gloire d'être nommées dans les poèmes de celui dont elles se dispuloient le berceau. Jugez, Monsieur, si moi , qui occupe daus l'empire des lettres un si petit coin, je dois être fier de trouver mon nom dans votre magnifique ouvrage. Il est intéressant pour toutes les classes de lecteurs; mais il acquiert un nouvca\i degré d'intérêt pour ceux qui ont vu les scènes des grands événements que vous décrivez. Vous avez vu les lieux mêmes aussi bien que les voyageurs les plus attentifs. En revenant d'Athènes, je m'étois flatté un moment d'être consulté par vous; je fus agréablement surpris d'être instruit par vous - même de tout ce que j'avois TU. On dit que l'Académie d'Athènes va être associée à celle de Paris; je rends graces à celui par qui va s'opérer cette confraternité : il sait combien je me tiendrai honoré de la sienne, et l'inviolaljle attachement que je lui ai voué.

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