‹ Ouvres complètes de J. DelilleChapitre 66 sur 391 · EMPEREUR DE TOUTES LES RUSSIES · texte numérisé non relu

EMPEREUR DE TOUTES LES RUSSIES

Modèle heureux des potentats, Des législateurs et des sages , L'amour de vos sujets, l'orgueil de vos états.

Agréez les nouveaux hommages D'un poêle déjà connu par vos bienfaits , Qui loua rarement , et ne tlatla jamais : D'un pénible travail cet espoir me console.

Tel que l'aimant fidèle au pôle , Qui montre au nautonnier et sa route et le port, Par un instinct secret dirigé vers le nord , A travers l'Océan, dans sa prison flottante Montre pour votre zone une amitié constante : Ainsi, par un attrait impérieux et doux, Des cœurs bien nés la boussole fidèle,

La reconnoissance m'appelle Vers vos climats , et se tourne vers vous.

Autrefois ma muse rustique Vous présenta , de ses modestes mains , Des fruits de son clos poétique, Et quelques fleurs de ses jardins :

Au lieu de ce tribut fragile.

Je vous offre aujourd'hui le l'aurier de Virgile ;

Non ce laurier profane et mensonger Que sur le Pausilype au crédule étranger L'intérêt vend, et que l'erreur achète; Mais le laurier dont ce fameux poète Orna le front du second des Césars, Lorsque , vainqueur des discordes civiles , Il relevoit les temples et les villes , Ressuscitoil les lois et ranimoit les arts.

Du poêle romain téméraire interprète,

J'écoulai trop mon audace indiscrète; Mais peut-être un rayon de son feu créateur

Anima quelquefois son foible imitateur ;

Sous votre zone glaciale

Ainsi l'aurore boréale.

Quand le soleil absent diffère son retour Triomphe de la nuit, et console du jour.

Virgile, ignoré de nos belles.

Quelquefois de nos beaux esprits.

Dans des estampes infidèles Avoit perdu son brillant coloris :

Si de ses peintures vivantes J'ai conservé quelques touches savante*, .

Que votre accueil en soit le prix !

Dans vos loisirs , si j'en dois croire Cette légère déilé Qui, pour vous abjurant son infidélité.

Déjà de vos vertus parle comme l'histoire. Vous cultivez les arts; et, dans le même temps Où vous dictez vos lois sur la terre et sur l'onde, A ces sobs importants qui font le sort du monde Vous dérobez quelques instants, Pour les donner à la langue divine Et de Corneille et de Racine.

Un jour, si mon désir des dieux est avoué, Par-tout se répandra cette langue immortelle; Car le langage où vous êtes loué Doit devenir la langue universelle.

Si dans le Nord un Virgile nouveau Pour vous de l'épopée allume le flambeau , Il n'aura plus à peindre un prince déplorable ;

Roi fugitif d'un peuple misérable.

De malheurs en malheurs jeté par les deslins ; Ni quelques barques vagabondes Au gré d'Éole errantes sur les ondes.

Et demandant un port à des climats lointains;

Mais un grand peuple heureux dans sa patrie, Riche de vos vertus et de son industrie ;

Mais vos sujets et vos vaisseaux , Heureux instituteurs d'un monde encor barbare, Par le commerce le plus rare Et des échanges tout nouveaux.

Portant des mœiu-s et des lois au Tariare, El rapportant ses grains et ses troupeaux.

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