‹ Ouvres posthumesChapitre 24 sur 95 · LES BELGES ET LA LUNE · texte numérisé non relu

LES BELGES ET LA LUNE

On n'a jamais connu de race si baroque Que ces Belges. Devant le joli, le charmant, Ils roulent de gros yeux et grognent sourdement; Tout ce qui réjouit nos cœurs mortels les choque.

Dites un mot plaisant, et leur œil devient gris Et terne comme l'œil d'un poisson qu'on fait frire ; Une histoire touchante : ils éclatent de rire, Pour faire voir qu'ils ont parfaitement compris.

(i) Pièce parue pour la première fois dans le Charles Baudelaire, publié chez René Pincebourde, op. cit.

(2) Ibid.

Gomme l'esprit ils ont en horreur les lumières, Parfois, sous la clarté calme du firmament, J'en ai vu qui, rong-és d'un bizarre tourment,

Dans l'horreur de la fange et du vomissement, Et gorgés jusqu'aux dents de genièvre et de bière. Aboyaient à la lune, assis sur leur derrière !

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