‹ Ouvres posthumesChapitre 3 sur 95 · DÉDICACE A THÉOPHILE GAUTIER · texte numérisé non relu

DÉDICACE A THÉOPHILE GAUTIER

Première version (i).]

A mon très cher et vénéré maître et ami, Théophile Gautier.

Bien que je le prie de servir de parrain aux Fleurs du Mal, ne crois pas que je sois assez perdu, assez indig'ne du nom de poète, pour m'imag-iner que ces fleurs maladives méritent ton noble patronage. Je sais que, dans les régions éthérées de la véritable poésie, le mal n'est pas, non plus que le BIEN, et que ce misérable dictionnaire de mélancolie et de crime peut lég-itimer les réactions de la morale, comme le blasphémateur confirme la relig'ion. Mais j'ai voulu, autant qu'il était en moi, en espérant mieux peut-être, rendre un hommage pro-

(i) Charles Baudelaire, Œuvres posthumes et correspondances int'dites, précédées d'une étude biographique, par Eugène Crépet (in-8, Paris, Quantin, 1887).

Poulet Malassis, l'imprimeur des Fleurs du Mal, avait conservé une épreuve de cette dédicace dont le projet aurait été rejeté « parce qu'une dédicace ne doit pas être une profession de foi ».

Cf. Charles Baudelaire, Lettres (Paris, Société du Mercure de France, MCMVI), 9 mars 1857.

fond à l'auteur d'Albertus, de la Comédie de la Mort et d'Espana, au poète impeccable, au mag-icienès langue française (i), dont je me déclare, avec autant d'orgueil que d'humilité, le plus dévoué, le plus respectueux et le plus jaloux des disciples.

(i ) Cette fautesyntaxique : es langue française, se retrouve dans la dédicace de la première édition. Dans la seconde Baudelaire corrigea : Au parfait magicien es lettres françaises.

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