LES ETOILES FILENT, ET LES REPUTATIONS AUSSI
Deux hommes sont bien basa cette heure, les sieurs Thiers et Odilon-Barrot.
Le premier a toujours été un singe plein de malice, riant, criant, gesticulant, sautant, ne croyant à rien, écrivant sur tout.
Ne croyant pas à la Révolution, il a écrit la Révolution.
Ne croyant pas à l'Empire, il a écrit l'Empire.
Savez-vous ce qu'il aimait?
Les singes. Il leur a fait bâtir un palais.
Le second était son compère, un homme sérieux, une contrefaçon de tribun ; il avait toute la gravité d'un montreur d'ours, le sieur Barrot; toute sa vie, il l'a passée à montrer un singe. Pendant dix ans, la France a cru à un grand orateur, au sieur Barrot.
Il est vrai qu'il entrait àl'ex-chambre des députés avec une provision de mots plein ses poches.
Dans la poche droite, il mettait : Mon pays, mon patriotisme. Dans la poche gauche, honneur et i;^r^iz.(Safamille touchait cen^ trente mille francs de places.)
La Garde nationale est ivre de joie; elle accueille partout avec enthousiasme les cris de : Vive la République! C'est un fait accompli; il n'y a plus que des républicains en France.
LE ll\ FÉVRIER
Le 24 Février est le plus grand jour de l'humanité ! C'est du 24 Février que les générations futures daterontravènement définitif, irrévocable, du droit de la souveraineté populaire. Après trois mille ans d'esclavage, le droit vient enfin de faire son entrée dans le monde, et la rage des tyrans ne prévaudra pas contre lui. Peuple français, sois fier de toimême, tu es le rédempteur de l'humanité.
Ayez à vos ordres quatre-vingt mille baïonnettes et des caissons par milliers, et des canons mèche allumée, si vous avez contre vous le droit et la volonté du Peuple, vous êtes un gouvernement perdu, et je ne vous donne pas vingt-quatre heures pour décamper. Voilà ce que le 24 Février vient d'enseigner au monde. Désormais toute nation qui demeurera esclave, c'est qu'elle sera pas digne d'être libre : avis aux Peuples opprimés !