Univers, 14 mars
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du baume dans le sang »', confiait Ozanam à Velay. Et lorsque Lacordaire eut terminé sa station, ot gs écrivit dans l'Univers :
Les fruits müriront en silence. Bien des raisons superbes ont été ébranlées, bien des passions frappées comme d’un coup de foudre. Le monde sait maintenant que le christianisme est vivant, il l’a entendu tonner sur sa tête, il a vu que nulle doctrine ne pouvait attirer plus nombreux autour d’elle les flots de la génération présente que la doctrine de Jésus-Christ. Le chemin de nos cathédrales n’est plus inconnu aux hommes de nos jours, l'herbe qui croissait sur le seuil sacré s’est usée sous leurs pas; ils ont appris ce que c'était qu'un prêtre, ce que c'était qu'un pontife ; ils ont appris à discerner la voix et les traits de leur pasteur; ils ont appris à l'aimer : il connaissait ses brebis, maintenant ses brebis le connaissent ?.
Trois ans plus tôt, au moment du choléra, Lacordaire devait se déguiser en laïque pour pénétrer dans l'un des hôpitaux établis aux greniers d’abondance et pour chercher, timidement, s’il n'y aurait pas quelque âme qui appartint au troupeau, et confesser, de ça de là, un ou deux mourants*. Le printemps de 1835 voyait s'inaugurer une tribune du haut de laquelle ce prêtre entrait en contact avec Paris et dans laquelle, quelques années plus tard, il devait fièrement étaler l’habit du Frère Précheur : le jeune Ozanam était l’ouvrier de ces merveilles, non pas qu'il eût songé à faire grand, mais parce qu'il avait, tout simplement, voulu le bien.
Sa joie cependant n'était pas sans mélange ; il sentait qu'«àtoute réactionreligieuse correspond nécessairement une réaction contraire de l’impiété ». Il voyait la propagande rationaliste redoubler d'efforts auprès de la jeunesse ; il gémissait sur Lamennais, il tremblait pour la