Ibid., t. VII, p
SA PENSÉE SOCIALE 3(i<J
partie de ses besoins, de tout ce qui le rend libre, de tout ce qui peut le rendre grand*.
N'est-ce pas le programme même des Conférences de Saint- Vincent de Paul qui est ici tracé de main de maître ?
« Dieu ne fait pas de pauvres..., c'est la liberté humaine qui fait les pauvres2. » Et Ozanam explique qu'elle fait des pauvres eu tarissant les sources primitives de toute richesse : l'intelligence et la volonté. La charité doit donc s'employer avant touL à instruire et à moraliser, à faire des hommes qui puissent se passer des secours de l'assistance matérielle. Elle étend jusque dans les milieux déshérités le champ des connaissances utiles; Ozanam revieni à maintes reprises sur ce rôle intellectuel de la charité: aussi peut-il être considéré comme l'initiateur, au moins en idée, de ce quia été fait depuis pour l'éducation du peuple : Cercles d'études, Bibliothèques, conférences, Universités populaires. Eveiller l'intelligence c'est bien; fortifier la volonté n'est pas moins nécessaire. Le rôle de la vraie charité c'est, non pas de se rendre indispensable, mais bien plutôt de préparer le pauvre à se passer de son secours, comme aussi de prévenir la misère par une action opportune sur ceux qui ne mendient pas encore mais que guette l'indigence. Ozanam veut qu'on s'occupe avec sollicitude de l'ouvrier qui vit habituellement de son salaire, mais qu'une mauvaise chance peut priver inopinément de son gagne-pain.
« On vous doit cette justice, dit-il aux prêtres, dans « un appel éloquent que publie VÈre nouvelle, que vous « aimez les pauvres de vos paroisses, que vous accueilce lez charitablement l'indigent qui frappe à votre porte et « que vous ne le faites pas attendre s'il vous appelle au « chevet de son lit. Mais le temps est venu de vous occu- « per davantage des autres pauvres qui ne mendient pas, « qui vivent ordinairement de leur travail, et auxquels on « n'assurera jamais de telle sorte le droit au travail ni le