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Lumache à Mgr Ozanam, 1er juillet

parla le premier de ce dessein inspiré par les sentiments les plus exquis delà charité chrétienne, et me proposa d'y prendre part, a toujours été à mes yeux le véritable fondateur des conférences de Saint- Vincent de Paul. Les motifs qui en déterminèrent l'essai, s'ils ne lui étaientpas entièrement personnels, résultaient du moins des circonstances dans lesquelles il avait été si proéminent qu'aux yeux de ceux qui se les rappelleront comme moi, l'honneur de cette fondation lui appartiendra toujours, j'en suis convaincu; c'était feu le professeur Frédéric Ozanam1. »

Les contemporains qui ont assisté à la fondation sans y prendre personnellement part sont peut-être plus explicites encore. « C'est d'une inspiration de votre cœur, » écrivait-on à Ozanam en 1840, « qu'est née cette sainte institution, qui est destinée peut-être à étendre sur la France entière comme un vaste réseau de charité2. » Et trois ans après sa mort, quinze des premières recrues croyaient devoir souscrire cette déclaration solennelle : « S'il est vrai que la Société de Saint-Vincent de Paul a été fondée par plusieurs, il n'est pas moins vrai que Frédéric Ozanam a eu une action prépondérante et décisive dans cette création. C'est lui qui a partagé avec un autre étudiant l'honneur d'avoir l'idée première d'une réunion dont les membres uniraient à leur foi la pratique des œuvres de charité. C'est lui qui a usé d'initiative pour amener la réalisation de ce projet. C'est lui qui a décidé la plupart des premiers coopérateurs à faire acte de dévouement envers les pauvres, aucun d'entre eux n'ayant appartenu à des associations antérieures... Entrés dans la Société peu de temps après sa création, il nous est permis de parler de ses origines sans être liés par les sentiments honorables qui peuvent condamner les fondateurs au silence, et en affirmant ce qui précède, nous n'avons

1. Lettre de Devaux du 18 février 1856, publiée dans le journal La Vérité du 22 février 1856.

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