‹ Ozanam, livre du centenaireChapitre 70 sur 192 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

2. Sur les inconvénients de toute autre méthode, cf. La?<glois et Seignobos, Introduction aux études historiques, p. 80-83.

3. « Ces notes, disait J.-J. Ampère, sont une vraie merveille. » (La Civilisation au V siècle, éd. 1873, préface, p. 16.) On peut s'en faire une idée par la leçon XX de ce cours, dont la sténographie n'a pas été retrouvée (ibid., II, 337).

4. Du moins à la fin ; au début il avoue qu'il lui arriva de s'égarer ( dans es chaos » de ses notes (Lettres, éd. 1912, p. 392).

sur la parole écrite'. » Il fit exception, suivant l'usage, pour quelques leçons d'ouverture, morceaux d'apparat forcément plus soignés. Vers la fin de sa trop courte carrière, devenu plus sûr de lui, il songeait au contraire à donner chaque année un volume de leçons sténographiées2. Cette pensée fut réalisée après sa mort, pour le cours sur la Civilisation au Ve siècle, par les soins de sa veuve et de ses amis.

De toute façon, ses œuvres les plus importantes sont le fruit, plus ou moins longuement mûri, de son enseignement; elles ont été préparées en chaire et gardent le ton du cours. C'était la méthode qu'avaient alors comme consacrée des maîtres illustres, les Guizot, les Cousin, les Villemain; elle offrait l'avantage de la vie. Elle supposait évidemment et contribuait à conserver au cours un certain caractère. La leçon, faite à la fois pour l'auditeur et pour le lecteur, adressée d'ailleurs à un public nombreux et qui venait plutôt chercher une distraction intelligente et compléter son instruction générale que s'initier aux méthodes techniques et se former au travail personnel, avait besoin de plus d'apprêt que la parole uniquement parlée; elle ne pouvait d'autre part être d'une trame aussi serrée, d'une érudition aussi apparente qu'un chapitre de livre. Il y fallait des repos, des digressions, de l'imprévu, l'art de bien dire, d'une façon neuve et piquante, ces morceaux de bravoure qui éveillent l'attention et provoquent les applaudissements ; en un mot quelques-unes des qualités d'un discours académique3. Le professeur était-il éloquent, on attendait de lui qu'il déployât dans toute son ampleur un don qui passait alors pour le plus précieux de tous.

i. Lettres, II, 3 (à M. Soulacroix).

2. Cf. Lettres, II, 183 (éd. 1912), la lettre où Ozanam expose ses projets à son amiFoisset. Cf. Ibid., 291.

3. Dans une lettre à sa fiancée (Lettres, 1912, I, 397), Ozanam explique comment il s'ingénie à rechercher la variété : « Il ne se passe guère de leçon où je n'aie tour à tour des considérations philosophiques, un tableau historique, quelque citation de poète naïve ou touchante, quelques détails de mœurs qui piquent

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Ozanam le possédait au plus haut degré1. Mais il y a bien des manières d'être éloquent. Parmi les dons de l'orateur, il en est qui disparaissent tout entiers avec lui et sur lesquels la postérité ne peut que s'en rapporter aux contemporains. C'est tout ce qui se rattache à l'action oratoire. Les témoignages ici sont unanimes : Ozanam était mal pourvu des qualités purement physiques. « Sa voix est peu flexible, a dit de 4ui Sarcey2 ; elle est forte, mais très monotone; son bras n'a qu'un geste et qui n'est pas gracieux. » Garo3 parle aussi de sa voix « sourde et concentrée », de sa « physionomie... immobile », de « son geste lourd », de « ses yeux fermés ». « On aurait dit, ajoute-t-il, qu'il craignait de voir en face ce terrible auditoire qui pourtant l'adorait. » C'est qu'en effet ces défauts physiques étaient en grande partie l'effet d'une extrême timidité naturelle. Caro, qui fut l'élève d'Ozanam à Stanislas4, a noté que même dans sa classe, « comme il y avait de la gène dans son maintien, il y avait aussi de l'embarras et presque delà gaucherie dans ses premières paroles... Les premiers moments étaient toujours à l'incertitude et au trouble. » Que dire alors de sa chaire bien autrement intimidante de la Sorbonne ? La lettre5 où il raconte à sa fiancée les impressions de son premier cours est une véritable analyse psycho-physiologique des phénomènes du « trac ». « Un peu pâle et tremblant... je prends place... Mais yeux se lèvent vers l'auditoire; et alors cet amphithéâtre couvert de plus de trois cents personnes.

la curiosité ou qui excitent l'hilarité générale. Déjà l'occasion s'est présentée cinq ou six fois de conter de ces merveilleuses légendes auxquelles la foi se refuse, mais l'imagination se complaît. »

4. « Monsieur Ozanam, on n'est pas plus éloquent que cela! » lui avait dit Cousin le jour de sa soutenance de thèse.

2. Extraits du Journal de Jeunesse de Sarcey; cités par M. Adolphe Brisson dans le Temps du 7 janvier 1903.

3. Cvro, In apologiste chrétien au XIX* siècle : Frédéric Ozanam [Revue contemporaine , du 31 juillet 1856).

4. Ozanam professa la rhétorique à Stanislas en même temps qu'il suppléai: Fauriel. Il abandonna sa classe, conformément aux règlements, quand il derint titulaire.

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