I. Da principe fédéraiif, pp. 109 et iio
Un mois s'est à peine écoulé depuis la révolution de 1848, et Proudhon se remet à l'œuvre. Il publie du 22 au 26 mars la Solution du problème social 1, véritable manifeste de la démocratie anarchiste contre la démocratie sans épithète. Ce qu'il reproche à cette démocratie classique, c'est de chercher dans le pouvoir un instrument d'émancipation, c'est d'étendre à l'infini l'idée de l'État. On n'a fait que des sottises depuis le 24 février. Dans la vraie république, tout citoyen, en faisant ce qu'il veut et rien que ce qu'il veut, participe directement à la législation et au g-ouvernement comme il participe à la production et à la circulation de la richesse. Là tout citoyen est roi, car il a la plénitude du pouvoir, il règ-ne et gouverne. La république est une anarchie positive. Ce n'est ni la liberté soumise à l'ordre, comme dans la monarchie constitutionnelle, ni la liberté emprisonnée dans l'ordre, comme l'entend le gouvernement provisoire : c'est la liberté délivrée de toutes ses entraves: la superstition, le préjugé, le sophisme, l'agiotage, l'autorité.
Qui suis-je? Tel est, dans les Conjessions d'un révolutionnaire^ letitre duchapitreXI. Proudhon y explique qu'il n'a point demandé la lumière aux écoles socialistes du jour ni aux hommesde parti ni aux journalistes ni aux sociétés secrètes. Il a mieux fait; il est entré sur la scène en niant ce qu'il trouvait dans la société de plus ancien, de plus respectable, de plus universel, de moins controversé: la propriété. « La négation de la propriété, pource suit-il, emportant celle de l'autorité, je déduisis immé- « diatement de ma définition ce corollaire non moins « paradoxal : la véritable forme du gouvernement, c'est « ['anarchie. »