SCÈNE VI
A sa belle,
On iTvient souvent Plus charmant Au régiment.
(««descendant la scène.) Mais comment M. Girodeau va-l-il prendre tout ça? Et mon. père qui a arrangé ce mariage dans sa tête... Heureusement, la bonne vieille est pour nous. (Elle va s'asseoir sur le banc qui est sous le gros arbre et reste pensive, mais souriante.)
GlHODEAll, entrant avec Moulinet.
Hein! j’espère, voisin, que j’ fais bien les choses! Un repas qui me coûtera gros, une table toute servie, que Goblot fera apporter là, sbus le gros arbre... (Apercevant olivette.) Regardez donc. Moulinet, la v’ià!
MOULINET
Eh bien! oui, c’est elle... Voyez comme elle rit en ellemême... c’est des idées couleur de rose...
OLIVETTE, à pari, se levant.
Oui, tout ça s’arrangera avec la grand’mère, et j’aurai un mari... un bon mari... que j’aimerai de tout mou cœur... MOULINET, bas.
Hein! vous l’entendez?
GlHODEAll, de même.
Dieu merci, je ne suis point sourd.
OLIVETTE, à ellc-mêi»c.
.Quant à mon père, qu’est-ce qu’il veut? que je sois madame Girodeau? Eh bien! je serai madame Girodeau, et il sera content.
GIRODEAU, éclatant.
Ma femme! ma petite femme !
Ah ! vous m’avez fait peur !
GIRODEAU
Que douces paroles je viens de saisir au vol!
OLIVETTE.
Mais je n’ai rien dit du tout.
GIRODEAU, voulant être malin.
Eh bien! non; mettons que tu n’as rien dit, bebelle; mettons.que tu me hais, que tu ne m’aimes pas un brin...
OLIVETTE, à part, désignant la cbaumicrc.
Il me semble que j’ai entendu remuer là dedans... J’y suis ! Désiré n’aura pas rencontré la grand’mère, et il sera rentré par le clos. (Elle va pour aller à la porte.)
MOULINET, la retenant par le bras.
Si tu savais, titille, les jolis pendants d’oreilles qu’il t’a achetés, la belle croix à la Jeannette !
OLIVETTE.
Je ne suis pas coquette.
p’tit fils, p’tit mignon.
MOULINET, lui quittant la main.
Oh ! les femmes I si ça savait dire une vérité, ça en ferait une maladie !
GIRODEAU, lui reprenant la main.
Sans compter autre chose encore, en vrai argent, pour tenir les cheveux de ma blondine!.. un bijou tout neuf, à la dernière mode... (a part, lui lâchant le bras.) J’avais précisément *un vieux peigne de ma première femme, j'y ai fait mettre une dent...
LA GRAND’MÈRE, en dehors.
Merci, Jean-Louis, me v’ià à ma porto.
OLIVETTE.
J'entends la voix de la grand’mère. (La grand’mère parait sur le tertre.) Ne descendez pas toute seule, le pied pourrait vous manquer 1