‹ P'tit fils p'tit mignon vaudeville en un acte (volume 2)Chapitre 26 sur 31 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

bitudes ; enfin, n’importe, un père est un colonel donné par la nature... (il fait un pas.) Présent à l’ordre!..

# GIRODEAU

T’es fils de Normand, je ne le nie point... mais ne va pas me répondre ni oui, ni pou... réponds oui ou réponds non...

DÉSIRÉ

Allais, marchais.

GIRODEAU

Tu t’es mis dans l’idée que tu aimais Olivette?

DÉSIRÉ

Oui.

GIRODEAU

Et tu ne veux pas que je l’épouse?..

DÉSIRÉ

Non.

GIRODEAU

Et pourquoi ça?..

DÉSIRÉ

Pourquoi?.. Parce qu’Olivette est ma femme.

GIRODEAU

Ta femme?

DÉSIRÉ

Certainement, puisque je suis son mari. Je l’ai épousée il n’y a pas cinq minutes.

GIRODEAU, abasourdi.

Hein! qu’est-ce que tu dis là. Désiré? serais-tu un paysan perverti?

DÉSIRÉ, étendant la main.

Nous nous sommes fait tous les serments voulus par la loi, par demande et réponse.

GIRODEAU

11 n’y a que ça?.. Bon, bon, alors; on défera ce mariage-là.

DÉSIRÉ

Le divorce est supprimé.

GIRODEAU

Je le rétablis.

DÉSIRÉ

Répondez à votre tour : Me donnez-vous votre consentement?.. oui ou non?..

CIRODEAU.

Non.

DÉSIRÉ

Eh bien, puisque vous voulez du carnage, il y en aura, (a part.) Faisons-lui peur, c’est encore dans les habitudes du régiment.

GIRODEAU

Quoi que tu veux dire?

p’tit fils, p’tit mignon.

DÉSIRÉ

Je veux dire que vous serez cause de la mort de trois personnes. D'abord et d’une, Olivette, qui se mourra d’amour.

girodeau. •

Bah! est-ce qu’on meurt encore de ça? Supprimé, comme le divorce. '

DÉSIRÉ

* Je tiens d’un Parisien, sergent de la troisième compagnie, que ça revient à la mode; c’est très-bien porté par les grandes et les petites dames.

GIRODEAU

Après?

• DÉSIRÉ

Après, la grand’mère, qui en mourra de chagrin.

GIRODEAU

La mère entendra raison.

DÉSIRÉ

Et en fin finale, moi, votre fils, votre fils unique... dans son genre, qui ne veut plus de la vie sans Olivette.

GIRODEAU

Laisse-moi donc tranquille !

DÉSIRÉ, à part.

Le moment est arrivé de le faire trembler... (Tirant un long pistolet de la poche de son large pantalon.) Regardez un peu cette arme qui a appartenu à un général ennemi. Je ne vous apprendrai pas comment j’en suis devenu propriétaire, ça flatterait trop mon amour-propre... Si vous ne revenez pas sur ce que vous avez dit, là dedans, il y a une balle pour moi... Voyez, le chien est au repos, et selon ce que vous direz, j’arme ou je désarme... Parlez, je vous écoute sans prononcer un mot.

GIRODEAU

Comment, gamin, tu oses dire à ton propre père !.. Eh bien , nous allons voir un peu. (se croisant les bras.) Ah ! vous croyez, parce que vous avez un turban blanc avec des mollets jaunes, que vous allez revenir, quand on ne vous attendait pas, révolutionner mes amours 1 .. Non, cent fois non, mille fois non! Olivette m’adore, et aujourd’hui même elle sera ma femme, elle sera votre belle-mère... (Désiré; impassible et sans bouger, arme son pistolet. — ■ Girodeau s’approche de lui, d’une voix plus douce.) Veux-tu laisser ça tranquille! Voyons, sois raisonnable ; je sais que tu l’aimais avant de partir pour l’armée ; mais tu as une drôle de manière de faire entendre raison à l’auteur de tes jours. Après tout, je ne suis pas un tigre, Une bête féroce... (Désiré désarme son pistolet. Girodeau reprend son ton d’autorité.) Ali ! à la bonne heure, au moins, tu te soumets, tu te dis : Je n’ai pas le droit d’abuser de l’autorité de mon père... parce qu’un, père est toujours un pèré, un maître... eh bien, je veux te récompenser : tu seras mon

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