SCÈNE III
x OLIVETTE, seule. .
Allez, allez, vous serez joliment étonnés quand vous apprendrez qu’il revient, qu’il sera ici avant une heure, mon p’tit Désiré. Le piéton de la poste vient de me dire qu’il l’avait rencontré à la mairie de Vernon, où il faisait viser sa feuille de route... Il paraît que ces trois ans de campagne l’ont encore embelli!.. Tiens, j’ai oublié de demander s’il avait des inoüstaches...Queje suisbète! je le verrai bien quand il m’embrassera... (Soupirant.) Pourvu que son cœur n’ait pas changé ! Air : Tyrolienne des Deux Précepteurs.
Quand il partit, je m’en souvien,
Comme une fille il était simple et candide.
Son cœur naïf, ainsi qu’ le mien,
En fait d’ malic’ ne savait rien;
Mais las!
LA -bas.
Pour la jeuness’, c’est bien perfide,
» On d’vient souvent
Trop savaut Au régiment.
Mais non, il sera toujours le même... Est-ce qu’il reviendrait, sans ça?.. Ses yeux sont si tendres, sa voix si douce... tout le portrait de sa grand’mère!.. C’est elle qui sera contente, la bonne vieille, de revoir son Benjamin!.. Allons la chercher aux champs, lui apprendre la grande nouvelle... Appuyée sur mon bras, je suis sûre qu’elle trottera aussi vite que moi au-devant du bien-aimé.