‹ P'tit fils p'tit mignon vaudeville en un acteChapitre 12 sur 116 · SCÈNE T · texte numérisé non relu

SCÈNE T

grand’mère. Écoutez tou9, je vais vous la lire ; vous saurez pourquoi je suis revenu aussi vite, (il tire une lettre de sa poche et lit.) « Cher petit Désiré de mon cœur, j’aurai quatre-vingtdeux ans aux prunes, et je t’écris sans lunettes. »

TOUS

Sans lunettes!

DÉSIRÉ, continuant.

« 11 est vrai que c’est le maître d’école qui écrit pour moi. » (s’interrompant.) Je crois bien, la chère femme, elle ne sait ni lire ni écrire; de son temps, on avait oublié d’inventer la mutuelle. (Reprenant sa lecture.) « Au reçu de la présente, metstoi vite en route pour le pays, quand même on voudrait te * nommer général ou trompette-major... » (s’interrompant.) Pauvre mère I (continuant.) « Ton Olivette t’aime toujours ; elle est lidèle comme un pigeon ramier. »

OLIVETTE.

Il écrit très-bien, le maître d’école.

DÉSIRÉ, continuant à lire.

a Pigeon ramier ; mais il y a un corbeau, dont tu ne te doutes guère, qui voltige autour de ta colombe. » (a part, h luimême.) On lui coupera les ailes, à ce corbeau-là ! (Lisant.) « Arrive au galop, ça n’en vaudra que mieux; songe, petit amour, à ta bonne grand’mère ! Car je suis bien vieille; mais je t’attends, je te vois déjà, je t’embrasse, et il m’ semble que tu vas prolonger mon existence ! »

OLIVETTE, tournant la page.

Y a encore quelque chose.

DÉSIRÉ, achevant de lire»

« J’ai oublié de te parler d’tm grand malheur qui vient de m’arriver... Tu sais bien, ce joli petit serin que j’avais élevé? eh bien! il a été assassiné par le gros chat du viens Mathias, et je ne l’entendrai plus dire ce que je lui avais si bien appris en pensant à toi : « Ftitlils! p’tit mignon! » (parlant.) Et trois jours après la réception de sa lettre,

Air de la Sentinelle .

Dans un château, nous entrons en vainqueurs.

Chassant l’enn’mi malgré les fusillades;

On nous reçoit comm’ des libérateurs ;

Le rich’ seigneur nous dit : Chers camarades.

Quand, grâce à vous, j’en reviens de si loin,

AM disposez de ma fortune entière...

D'argent je n’nvais pas besoin,

J'aperçois un’ cag’ dans un coin,

J’ demande un s’rin pour ma grand’mère (bis).

(Montrant le serin qui est dans la petite cage.) Et V là le remplaçant... Pendant la route, c’était mon compagnon ; je lui faisais son éducation, je lui parlais de tout ce que j’aime... (s’adressant à

p’tit fils,, p’tit mignon.

l’oiseau.) N’est-ce pas, canari, que lu connais déjà grand’mère? que chaque matin lu la réveilleras en becquetant ses beaux cheveux blancs, et que ton joli petit gosier lui répétera souvent le nom qu’elle m’a donné : « P’tit fils ! p’tit mignon? »

OLIVETTE.

Comme elle sera heureuse, la grand’mère !

DÉSIRÉ

Vite, conduis-moi à sa rencontre.

Mais il y a deux chemins.

désiré. •

Eh bien ! guette-la par ici, moi je vais par là ; si tu la voyais avant moi, tu ne lui dirais rien; je veux être le premier à jouir de sa joie, de son étonnement, (a part.) Puis, il faut qu’elle me dise le nom du corbeau ; j’ai à causer avec ce volatile.

OLIVETTE.

Reviens bien vite, chéri.

DÉSIRÉ, aux paysans.

Et vous, conduisez-moi... Allons, en route, mauvaise troupe !

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