‹ P'tit fils p'tit mignon vaudeville en un acteChapitre 33 sur 116 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

MOULINET

Je demande que la grand’mère se prononce.

DÉSIRÉ

C’est juste ; buvons d’abord à sa santé, ca lui éclaircira la voix.

TOUS

A la santé de la doyenne !

MOULINET

Maintenant, nous écoutons.

DÉSIRÉ

Parlez, grand’mère ; vous ne pouvez pas vous taire plus longtemps, vous êtes femme, ça serait invraisemblable... (u

grand'mère se lève comme pour parler, puis retombe sur sa chaise en portant son mouchoir à ses veux.) Allons, voilà l’émotion qui la gagne... elle pleure, elle se trouve mal... (Mouvement général. *— Désiré s'agenouille devant elle.) Grand’mère, grand’mère chérie, revenez à vous : c’est moi qui suis là, moi, votre bien-aimé, votre petit-fils, votre mignon j.. Ab ! voilà que ça se passe ; ça ne sera rien, elle rouvre les yeux, elle me regarde, elle me sourit. (Lui imposant silence.) Pas un mot, la maman, ça vous fatiguerait. Je lis dans vos yeux, je vous devine... Écoutez tous, voilà ce qu’elle veut dire : « Je suis üère à la fois de mon petit-fils et de mon fils, de mon premier né, qui s’est montré en même temps brave et généreux : brave en détruisant mon cruel ennemi ; généreux en acceptant tout mon bien comme récompense de sa belle action, et en s’écriant de sa plus belle, voix : La jeunesse veut la jeunesse. Désiré sera l’époux d’Olivette. »

TOUS

Vive Désiré !

GIRODEAU

Je suis touché au cœur, je suis touché : le petit-fils est digne de la grand’mère.

DÉSIRÉ

Laissez-moi la parole, père, je n’en abuserai pas ; comme fils, je viens de remporter une victoire ; comme zouave, il m’en reste une autre à conquérir.

(Au public.)

Air : Je sais acheter des rubans.

Messieurs, nous formons, c’est curieux,

Grand’mère et moi le siècle ensemble.

Car dix-huit et quatre-vingt-deux.

Ça fait bien cent, à c’ qu’il me semble.

Pour vous plair’ nous ne faisons qu'un.

Puisse la pièce, aussi prospère.

Partageant notre sort commun.

Devenir comm’ nous centenaire !

Oui, rendez notre sort commun,

Messieurs, faites-la centenaire !

p’tit fils, p’tit mignon,

Reprise de l’air de la scène quatrième.

Au pas gymnastiqu’, beau fantassin,

' Qu’il vente ou qu’il tonne,

Rien ne t’étonne.

Au pas gymnastiqu', beau fantassin.

Ta mère est au bout du chemin.

(Avec le chœur.)

Ta mère.

Ta mère

Est au bout du chemin.

(La grand’ mère s’est levée, et Désiré se jette dans ses bras. — Tableau.)

N. B. — La personne chargée de figurer la mère Françoise à la scène dernière doit avoir la même taille et le môme costume que l’actrice qui joue ce rôle.

Page 1