‹ Padoue [et] VéroneChapitre 47 sur 60 · LA SCULPTURE A VÉRONE DEPUIS LE XV= SIÈCLE. — LE CAMPO SANTO · texte numérisé non relu

LA SCULPTURE A VÉRONE DEPUIS LE XV= SIÈCLE. — LE CAMPO SANTO

Parmi les édifices plus modernes, il serait injuste d'oublier le cimetière auquel conduit au delà du pont Aleardi, une magnifique allée de cyprès.

Au bout de cet alignement solennel et sombre, un porche d'une majestueuse simplicité, que domine le mot : RcsiiiTiCt iii'is et orné de sculptures par Poli, introduit dans un grand portique rectangulaire comprenant environ deux cents colonnes doriques. Le milieu de chaque face est marqué par un avant-corps qui coupe la monotonie de ces longues files. Celui qui est à l'opposé de la porte d'entrée porte l'inscription : Piis sacriDii, les deux autres : higcnio Claris et Bcneficis in patriam. Le cimetière est l'œuvre de l'architecte Francisco Bonzani, mort en 1869, et en garde le tombeau. Le luxe des cimetières italiens dépasse de beaucoup ce qui se voit chez nous. Même dans les villes de second ordre, la statuaire y abonrle. .Si tout n'est pas de l'art dans cet amoncellement de

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sculpture ; on y trouve cependant bien des œuvres dignes d'estime et la plupart ne dépareraient pas en somme nos expositions.

On )• remarque à côté de ce faste trop commun aux monuments comme aux éloges funèbres, des œuvres d"un caractère intime, familial, vraiment contemporain, qu'on rencontrerait difficilement dans d'autres pays et qui montrent le goût persistant des Italiens pour faire leur part aux manifestations artistiques dans la vie privée de la famille.

Oui sait si , dans quelques générations, ce qui nous paraît tomber dans la puérilité par la reproduction trt)p exacte du détail de la mode ne sera pas considéré comme un trait original attestant la souplesse de main de l'ouvrier et ayant la valeur d'un document d'une authenticité indiscutable. Peut-être ce qui nous parait maniéré sera-t-il appelé ingénieux ; ce qui nous parait théâtral, jugé simplement pittoresque.

Depuis que les critiques sévères euxmêmes s'habituent à la sculpture polychrome, pourvu qu'elle soit discrète, pourquoi ne serait-on pas bienveillant pour le monument où. sur la perspective en marbre gris d'une nef gothique vue da biais, défile un

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cortège en marbre blanc de jeunes filles, tl'un relief de plus en plus accentué à mesure qu'elles se rapprochent de deux autres jeunes filles qui, complètement isolées du fond, jettent des fleurs sur la tombe de leur amie 'tombeau de Caroline Dolce Niceti' ? Pourquoi, lorsqu'il s'agit pour une famille d'honorer le souvenir de ceux qu'elle a perdus, voudrait-on réserver le marbre et le bronze pour les seules célébrités, célébrités souvent si passagères? On n'a pas lieu d'être choqué devant le tombeau élevé à Maria Smania par son époux et ses enfants malgré l'importance du groupe où l'on voit une femme jeune encore, mais amaigrie par la maladie et déjà touchée par la mort, appuyer ses deux jeunes filles sur sa poitrine, tandis qu'un homme debout, dans la force de l'âge, la tête inclinée sur sa main, contient sa douleur. Ce groupe est l'œuvre de Ugo Zannoni qui a élevé non loin de là un tombeau fort riche aussi aux peintres Giuseppe Zannoni et Marcello Ranconi, morts ensemble en pleine jeunesse par suite de la rupture d'une voûte dans l'église de Monteforte d'Alpone, le 28 mai 1905. A côté des œuvres de Zannoni, nous aurions pu en citer des frères Spazzi. de Cristiani, de Barcagla, de Poli, etc. ' Cristiani a été le collaborateur de Torquato délia Torre pour la statue de Paul Véronèse (place .Sainte-Anastasie, 1888) Zannoni est l'auteur de la statue du Dante place de la Seigneurie, 1865). Les frères Spazzi ont sculpté en 1889 à S. Zeno .Alaggiore, le tombeau de Saint-Zenon où la figure principale est accompagnée des statues assises de la Religion, la Foi, l'Espérance et la Charité. C'est une œuvre vraiment remarquable. La date de ces statues, comme plusieurs des monuments des cimetières, montre que la sculpture est activement encore pratiquée à Vérone et on peut regretter que ses sculpteurs contemporains ne se soient pas fait connaître davantage dans les expositions internationales. Cependant leur prédécesseur, Innocenzo Fraccaroli 1805-1882'. avait été fort bien accueilli à notre Exposition de 1855 et avait obtenu elles étaient

I. Ces tombeaux de Vérone n'étant pas en général indiqués dans les livres qui parlent de cette ville, nous en signalerons encore quelques-uns. Dans le tombeau du sénateur Camuzzoni, Sindaco di Verona, par Cristiani. le buste du défunt qui s'était beaucoup occupé du développement de l'enseignement professionnel est accompagné d'un jeune garçon assis sur ime gerbe de blé et d'une petite fille fort bien posée brodant une inscription. L'un des Spazzi, dans le tombeau de M""' Moscardo, a représenté une vieille femme assise, dont la tête agonisante est soutenue par un ange. Il est aussi l'auteur du tombeau de Scandola Grandini représentée dans l'attitude de la prière. Zannoni a sculpté le tombeau de l'avocat Zerzi (1894) et celui de l'industriel Calisto Zerzi et de sa femme (1886). Le tombeau de Tesera Marchesi est un groupe de cinq personnes de grandeur naturelle. L'ingénieur Zanella (1806-1885I est représenté regardant une carte avec une attention intense fort bien e.\primée. Le monument du comte Antonio Poirrpe'i, mélange le bronze, le marbre blanc et !•:■ marbre de couleur.

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