‹ Padoue & VéroneChapitre 6 sur 73 · I.K MOYRN A(i · texte numérisé non relu

I.K MOYRN A(i

et les perfidies revit volontiers à nos yeux dans les restes de ces vieilles tours et de ces vieilles murailles, dans ces longues rues aux arceaux favorables aux embuscades, dans ces nombreux canaux qui sillonnent la ville, prêts à faire disparaître la victime de quelque guet-apens. C'est à Padoue que Victor Huyo a placé son drame ù'Aiigr/o. Si on

rien d"excessif.

néglige la partie romanesque, le personnage d'Angelo

La réalité de l'histoire

nous offre un Kccelino

de Romano auprès

duquel, comme le dit

Théophile Gautier.

Ang?lo serait un ange

de douceur.

Cet Kccelino mérita entre tous , dans un temps où la concurrence sur ce point ne manquait pas, d'être appelé le « Féroce ».

Il représente, dans un type de choix, cet amour forcené du pouvoir qui, s'appuyant sur îa ruse comme sur la force, s'habitue à ton-, les crimfs el raflîiu' sur la cruauté pour aut;-

meuter la terri'ur el Mh-lh •j.^.'ih

mieux jouir du plaisir

de la vengeance. Ces hommes d'une inii-H séduire. Padoue l'apprit à ses dépens, Kccelim par elle des députés qui lui demaïKlèrent de ' nom des (iibelins et comme vicaire impérial, se contentant de lui faire jurer qu'il respecterait les privilèges de la cité. *Juel spectacle ce dut être lorsque ce terrible guerrier arriva, tout couvert de fer, à la tète des troupes allemandes, devant les murs de la' ville et qu'on le vit tout à coup s'arrêter, se courber sur son cheval, rejeter son casque en arrièn" et baiser avant d'entrer la porte de la ville dont il allait être le maître.

Lgencc subtile savent aussi ) parvint à se faire envoyer - gouverner la ville au

I' i'ADOlE

•«iyiie di'-i:isif i-t impri-vu dp prise df pos-Hf-i-ion. bai^^er de proie où l'émo* liiin di* l'amltiti'iii Natî-.laiie vu. dirait-on, ju-qu'à rai:endri--emeni, si ce scmimt'iit p'Hiviiit trouver placi- fn un pareil homme".

I.;i |M)rle t'ramhie. il n'avait plu-^de ménagement- à garder et -es serments ne lui iie-aient (juére. Bientôt le- prisons existante- ne suffirent plus ù contenir ses ennemis déclaré- ou se- ennemi- |>o-sibles. I^ haute tour qui sert aujourd'hui à l'nli-ervatoire e-l une de- deux qui dominaient le

eh.iteau qu'il si-tait hâté de faire élever, ci sou- lesquell<-s il fit construire avee un -nin partieutier les prisons destinées à terroriser ses adversaires • m ronnait le nom <le l'anhitecte qui se i-haryea de le- construire : il s'appelait Kt^iiiio l'erfeciiunnant les indications de son maître il finît parles rendre, runime le ilit un chroniqueur du lemp-, VerilaMemenl infernales. Par un juste retour des cho-e- «i'i<:i-l)as. il devait bientôt faire l'épreuve par lui-même ■■ <le "e li.-u ténébreuN. empesté, si-mblahleau Tarlare où en proie ,1 la taim. à la -oit. aux in-ectes impur-, haletant après l'air qui lui

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était refusé, il a péri misérablement dans Tenfer que lui-même avait creusé ' ».

Cependant une croisade est prêchée au nom du pape Alexandre IV contre Eccelino " ce fils de perdition, cet homme de sang, le plus inhumain

des enfants des hommes, qui, profitant du désordre du siècle .s'est emparé d'un pouvoir tyrannique et qui a brisé tous k-s liens de la société

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nnc, s'est transfurmêc en rue de 1 Euissionne,

minati-n actuelle, dépourvue de tout sen-, d

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humaine et toutes les lois de la liberté é van géli que n. .Malgré ces anathèmes, cet homme à qui l'on ne peut refuser une énergie et une habileté supérieures, lutta avec succès pendant quatre ans jusqu'en 1259 et nous le retrouverons à Vérone ; mais dès 1256 Padoue en était délivrée

On a rappelé plus haut la fête annuelle qui se célébra tous les ans depuis 1275 à l'anniversaire de cet avènement. Plus de cinquante ans après le départ d'Kccelino, le souvenir de cette terrible époque était encore vivant. Le poote Albert .Mussato, qui eut d'autre part un rôle politique important et s'y montra un vrai patriote, composait en 1314 sa tragédie latine d'KiC'/'inns et était couronné solennellement le 25 décembre

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