‹ Paganisme des hébreuxChapitre 14 sur 137 · Livre des Juges · texte numérisé non relu

Livre des Juges

Le Livre des Juges a été composé d'après des traditions orales; on y distingue trois parties : le préambule, I-II, 1-5; le corps du livre, II, 6-XVI; Tappendice, XVII-XXI.

Le préambule et l'appendice ont été composés entre l'an 721, date de la prise de Samarie, et l'an 623, date de la promulgation du Code de Josias. L'auteur est un Éphraïmite. Il est impossible d'assigner une date quelconque au corps du livre.

Ruth.

Le livre de Ruth a été composé par un Éphraïmite après la destruction de Samarie, en 721. Le sujet du livre est d'établir que si David appartient par ses pères, en ligne naturelle, à la tribu de Juda, il se rattache aussi légalement à la tribu d'Éphraïm par

Obed, son aïeul, lequel est fils de Ruth et de Booz. C'est ainsi que l'auteur de Ruth insinuait à ses concitoyens éphraïmites qu'il convenait, après la chute de Samarie, de se rallier à la dynastie de Juda.

Samuel (1 et 2 Rois des Bibles catholiques).

Les deux livres de Samuel datent, au plus tard, de la première moitié du vii^ siècle ; ils sont plus anciens que le Livre des Juges. L'auteur de Samuel est un Judéen ou membre de la tribu de Juda.

Les Rois (3 et 4 Rois des Bibles catholiques).

Les deux livres des Rois ont été écrits à Babylone, pendant la captivité, après l'an 560, mais avant la fin de la captivité, en 536, sous le règne d'Evil-Mérodach, fils de Nabuchodonosor.

Le rédacteur des Rois, Juif transporté, s'est placé au point de vue du Code deutéronomique promulgué sous Josias.

Chroxiiques (Paralipomènes des Bibles

catholiques).

Les deux livres des Chroniques ont été rédigés au commencement du iii« siècle par un membre de la caste sacerdotale; le point de vue est celui du Léti- Xiqtie,

Esdras et Néhémie.

Les Mémoires authentiques d'Esdras et de Néhémie comprennent : Esdras, VIT, 27 -IX, 15; Néhémie,

44 CLASSKMENT CH nOXOLOG 1 Q UE

I-VIII, 5; XII, 27-42; XIII, 4-31. Ils ont été rédigés après Tannée 440, c'est-à-dire au dernier tiers du V® siècle.

Les autres parties d'Esdras et de Néhémie sont l'œuvre du rédacteur des Chroniques,

Tobie.

Le livre de Tobie est un conte moral, un petit roman ou nouvelle, selon l'expression contemporaine. Les avis sur l'époque de sa composition sont très partagés; les uns le considèrent comme antérieur à la conquête macédonienne en 330; d'autres le font descendre jusqu'après la destruction de Jérusalem par Titus, en 70 après Jésus-Christ. M. Reuss estime qu'on peut placer la rédaction de Tobie au m® siècle avant notre ère.

Judith.

Le livre de Judith est un roman composé en l'an 134 avant Jésus-Christ, pendant que Jérusalem était assiégée par le roi syrien Antiochus VII, surnommé Sidétès. Jean Hyrcan, fils de Simon, le dernier des Macchabées, était Grand-Prêtre et prince des Juifs; il fut obligé de capituler et de subir de très dures conditions. Le roman de Judith a été écrit dans le but de soutenir le courage et la foi des assiégés en leur assurant que le secours de Jéhovah ne manque jamais à ceux qui observent strictement toutes les prescriptions religieuses. Judith, lehofudith, la Juive, est la

personnification de la nation; Béthulie, Beth-Elotm, c la maison de Dieu », est Jérusalem.

Esther.

Le livre 6^ Esther est un roman inspiré à son auteur par la victoire que remporta Judas le Macchabée sur le général syrien Nicanor en Tannée 161. La fête commémorative instituée par Judas, fête desPourim, est reportée et assimilée, par l'auteur du roman, à une fête persane. Esther est un nom persan identique à Estelle, Stella; il signifie étoile. La vogue du roman d^Esther a été très grande.

Job.

Le livre de Job est une thèse de philosophie discutée BOUS une mise en scène dramatique, comme l'a fait plus tard Platon dans ses Dialogms, Cicéron dans son De finibm et ses traités de philosophie, etc. La thèse philosophique de l'auteur de Job est celle-ci : Comment concilier l'existence de la Providence divine avec l'existence du mal sur la terre? Bien entendu, dans cet admirable poème, tout est fictif : aventures et personnages; les personnages ne sont que la thèse et les arguments pour et contre habillés en hommes. Joby en hébreu lyôb, veut dire celui qui subit l'inimitié; cela est significatif. Job n'est que le sujet de la thèse personnifié K

1. On peut comparer, par analogie, au poème de Job^ Tétude de Goethe sur l'esprit humain, Fau^^, mise également sous yne forme dramatique et merveilleuse.

46 CLASSEÎfENT CHRONOLOGIQUE

L'homme de génie qui a composé le livre de Job est un Éphraïmite qui, après la destruction de Samarie en 731, par Saryoukin, roi d'Assyrie, s'était réfugié en Arabie. Le livre \le Job appartient donc à la fin du vni® siècle.

Psaumes.

Le Psautier ou livre des Psaumes dérive d'un mot grec. En grec, on désigne sous le nom de psaltérion un instrument à cordes, sorte de lyre ou de harpe. Le verbe psallô signifie pincer les cordes du psaltérion ; et le substantif psalmos est le chant musical qu'accompagne le son du psaltérion. De psaltérion est venu le mot fr8LnçsLÏs psautier ; et de psalmos, le moi psaume» Le Psautier ou recueil de Psaumes est donc analogue à nos recueils de chants modernes qui sont intitulés La Lyre, La Harpe, etc.

Les psaumes, divisés en cinq livres, peuvent être ramenés à trois ou quatre groupes : le plus ancien date de la captivité de Babylone ; le plus récent, de la persécution d'Antiochus Épiphane et du soulèvement des Macchabées. La captivité de Babylone commence en 606; Antiochus Épiphane est mort en 164. Mattathias s'était soulevé en 167; l'un de ses descendants, Aristobule, prit le titre de roi en 106. C'est entre ces deux extrêmes : 606-164, que se place la composition successive des psaumes. L'attribution de nombreux psaumes à David, à Salomon, etc., n'a aucune valeur historique.

Proverbes.

Une grande partie des proverbes a dû provenir de la tradition ; mais le recueil qui en a été fait, ainsi que l'esprit général dont il est imprégné, Morale de V intérêt bien entendu^ attestent que l'auteur ou les auteurs appartenaient aux derniers siècles du Judaïsme, après Alexandre le Grand*.

Ecclésiaste.

h'Ecclésiaste, mot grec qui signifie le prédicateur, est une des plus récentes productions de la littérature hébraïque antérieure au Christianisme. Il a été écrit sous le règne de Ptolémée V Épiphane, le dernier roi d'Egypte qui fut souverain de la Palestine (années 205- 181). L'auteur de VEcclésiaste a donc précédé d'une génération environ, le soulèvement des Macchabées en 167.

Cantique des Cantiques.

Le Cantique des Cantiques est, d'après M. Reuss, un recueil de petits poèmes lyriques. Ce n'est pas l'amour mystique que célèbrent ces petits poèmes, c'est l'amour physique ; bref, ce recueil appartient à la poésie anacréontique. Quant à l'âge du Cantique des Cantiques^ rien d'aussi incertain; les uns le font remonter au x^ siècle; d'autres l'abaissent jusqu'au m® siècle. M. Reuss penche pour le x« siècle.

Sagesse ou Sapience.

On donne le nom de livres sapientiaux aux cinq livres suivants : Les Proverbes, VEcclésiaste, le Cantique des Cantiques, la Sagesse ou Sapience et V Ecclésiastique. La Sagesse ou Sapience fait donc partie de ce groupe formé par TÉglise.

La Sagesse ou Sapience est l'œuvre d'un Juif alexandrin; la composition du livre remonte plus haut que Tan 150; elle ne peut guère s'abaisser au-dessous de l'an 50, quelques années avant Philon.

Ecclésiastique.

V Ecclésiastique est l'œuvre de Jésus, fils de Sirach. En tête, on lit une préface composée par le petit-fils de Jésus, qui traduisit en grec le texte hébreu *de son grand-père. L'examen critique des données fournies par le petit-fils a fait placer la composition de l'œuvre originale au premier quart du ii^ siècle; il est certain que V Ecclésiastique a précédé le soulèvement des Macchabées, lequel eut lieu en 167.

Prophètes et Anonymes.

On a groupé sous le nom de tel prophète des poésies qui appartiennent à des auteurs restés anonymes. Or ces anonymes ont vécu à des époques distantes de celles où vécurent et écrivirent les prophètes auxquels on a attribué leurs poèmes. Cette confusion est une

source d'erreurs pour quiconque entreprend de reconstruire l'histoire vraie des Israélites. La séparation de ces éléments hétérogènes qu'on a réunis sous un même nom est donc du plus haut intérêt pour la critique et pour l'histoire.

P Le véritable Ésaie ou Isaie, Judéen, années 740- 710, règne d'Ézéchias, comprend les chapitres suivants : I-XII;XVII-XX; XXII-XXIII; XXVIII-XXXIII ; XXXVI-XXXIX; fragments XIV, 24-32; XXI, 11-17.

Les autres chapitres groupés sous le nom d'Ësaïe, appartiennent aux anonymes suivants :

!• Anonyme, année 508, Éphraïmite, sous Jéroboam II, comprend les chapitres XV-XVI;

2° Anonyme, année 570, probablement Israélite resté en Palestine après la dévastation du pays par les Ghaldéens, chapitres XXIV-XXVII ;

3** Anonymes de la fin de Vexil, vers l'an 540.

A. Anonyme, XIII-XIV, 1-23 ; B.. Anonyme, XXI, 1-10; G. Anonyme, XXXIV ;

D. Anonyme, XXXV:

E. Le grand Anonyme de Tannée 536, l'égal d'Ésaïe et de Jérémie, par le génie philosophique et poétique, a écrit, l'année même de la chute de Babylone ou peu

auparavant, chapitres XL-LXVI.

IP Le vrai Jérémie, années 628-586, prêtre judéen, s'est fait connaître sous le règne de Josias. Après la destruction de Jérusalem, il s'enfuit en Egypte. 11 a écrit I-XLIX;LIL

Un Anonyme de la fin de Vexil, année 540 environ, a écrit les chapitres attribués à Jérémie L-LI.

IIP Le vrai Zacharie, ami d'Aggée, a écrit, années 520-518, sous le règne de Darius, fils d'Hystaspe; il avait accompagné Zorobabel avec la première colonie d'émigrants, après Tédit de Gyrus en 536. Zacharie a écrit les chapitres I-VIII.

Les autres chapitres attribués à Zacharie, appartiennent à deux anonymes :

1°' Anonyme^ 2« moitié du viii® siècle, Judéen, sous le règne de Azarias, a écrit les chapitres IX-XI.

2® Anonyme, 1'® moitié du vu® siècle, Judéen, probablement sous le règne de Manassé, a écrit les chapitres XII-XIV.

IV° Enfin le prophète Malachie, copie française du mot hébreu Maléaki. année 440, sous le gouvernement de Néhémie, n'a jamais existé. Voici d'où provient Terreur : Le livre est une déclaration de l'Éternel au peuple d'Israël; cette déclaration, l'Éternel Ta faite par un messager ; or messager en hébreu se dit Maléak; en ajoutant le pronom possessif i qui signifie mon, on a c Maléaki, mon messager. » Au chapitre III, 1, l'Éternel dit : t Je vais envoyer ifa/^aAri, c'est-à-dire mon messager, » Plus loin, il nomme môme ce messager, c'est le prophète Élie (III, 24 des Hébreiuc, ou IV, 5, des Bibles catholiques). C'est ainsi, du reste, que l'ont compris les Septante dans leur traduction grecque.

L'anonyme qui a composé la déclaration de mon

messager (Maléaki), est un écrivain dévoué à la caste sacerdotale.

Prophètes.

1® Joël, Judéen, a écrit «a prophétie à Jérusalem, très probablement sous le règne et pendant la minorité de Joas, vers l'an 870 ; premier tiers du ix® siècle ;

2* Amos, Judéen, a écrit vers l'an 790; il vivait sous le règne d'Ozias ou Azarias, contemporain de Jéroboam II;

3" Osée, Éphraïmite, année 784-760, vivait sous les rois Zacharias, Shallum, Ménahem, Phaceïa, assassins l'un de l'autre;

4* Michée, Judéen, a écrit vers l'an 725; il vivait sous les rois Joatham, Achaz et Ezéchias;

S^' Sophonie ou Séphaniah, écrivait probablement vers Tan 630; Judéen, il vivait sous le règne de Josias;

6^ Nahum, année 625, Éphraïmite, fut déporté en Ghaldée, à l'époque où Nabopolassar, roi de Babylone, et Cyaxare, roi des Mèdes, détruisirent Ninive;

7® Habacuc, Judéen, année 604, a écrit entre les deux prises de Jérusalem par Nabuchodonosor, l'une en 606, l'autre en 588 ;

8® Ezéchiel, Judéen, années 594-572, fut déporté en Babylonie en 606, avec le roi Joakhin II ;

9"* Aggjée, année 520, a écrit sous le règne de Darius, fils d'Hystaspe; Aggée est un des Juifs exilés qui revinrent avec Zorobabel;

W Abdias ou Obadiah a vécu, au y* siècle, à Jéru-

52 CLASSEMENT CHRONOLOGIQUB

salem, sous le gouvernement du Grand-Pontife et de la caste sacerdotale ou gouvernement théocratique.

Lamentations dites de Jérémie.

Le recueil des cinq élégies, attribuées sans preuve à Jérémie, a été composé par un Juif réfugié en Egypte après la destruction de Jérusalem en 588, par Nabuchodonosor. Les Lamentations ont dû être écrites vers Tan 575 : Jérémie était mort en 586.

Baruch.

Le livre de Baruch n'est pas de Baruch, le secrétaire de Jérémie ; il appartient à une époque distante de plus de trois siècles de Jérémie. C'est un ouvrage écrit en grec très probablement par un Juif égyptien, sous un des successeurs de Ptolémée I«'.

Jonas.

Le livre de Jonas est un conte moral, dont le but est de montrer la patience et la miséricorde de Dieu. Ce sermon est enchâssé dans un cadre de miracles absurdes. C'est à tort qu'on regarde comme auteur de ce conte le prophète Jonas qui a réellement existé, mais qui n'a rien laissé. L'auteur est un Juif inconnu qui vivait en pays étranger. D'après M. Reuss on peut placer la composition du conte au iv^ siècle.

DanieL Le livre de DanieL écrit partie en hébreu, partie en

araméen, a été composé pendant la persécution religieuse d'Antiochus IV Épiphane, roi de Syrie ; cette persécution a duré de 167-164, date de la mort d'Antiochus. L'auteur du livre de Daniel est inconnu. Ce livre est une série de pamphlets destinés à soutenir le courage et la foi des Juifs, pendant les cruelles épreuves auxquelles les soumettait le tyran syrien. Ces pamphlets ont dû être composés et répandus successivement dans le public. Le mot Daniel signifie c Dieu est mon juge » .

Macchabées.

Le Premier livre des Macchabées, écrit originairement en hébreu, est un vrai livre d'histoire ; il raconte l'insurrection des Macchabées et la guerre de l'indépendance contre le roi de Syrie. Il a été rédigé par un Juif de Palestine, vers Tan i06, dernières années du II® siècle.

Macchabée, mot qui signifie probablement Marteau. est le surnom donné à Judas, fils de Mattathias. Ce surnom a fini par devenir le nom patronymique de toute la famille de Mattathias. Judas le Macchabée ou Judas le Marteau est analogue à notre Charles Martel ou Charles le Marteau.

Le Second livre des Macchabées, écrit en grec, se sert des événements historiques comme d'un sujet de sermon en rhonneur de l'orthodoxie. Il est l'œuvre d'un Juif d'Egypte qui l'a rédigé d'après une histoire de Jason de Cyrène, à l'avènement d'Hérode le Grand, vers l'année 40.

r -- DU ROI JOAS A LA DESTRUCTION DE JÉRUSALEM,

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